Raymond Queneau

1903-1976

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  1. Les nuits de France Culture

    France Culture

    "Je n'aime pas les personnages historiques parce qu'ils n'ont pas laissé les gens tranquilles, mais j'ai un faible pour Jeanne d'Arc."

  2. Qui êtes-vous Raymond Queneau?

Queneau Raymond
(1903-1976)

Biographie de l’auteur à la fin de la liste des œuvres.

Cent Mille Milliards de poèmes
Chêne et Chien

Voir SI TU T’IMAGINES

Chien à la mandoline (le)
Chiendent (le)
Courir les rues
Exercices de style
Fendre les flots
Fleurs bleues (les)
Instant fatal (l’)

Voir SI TU T’IMAGINES

Journal intime

Voir ŒUVRES COMPLÈTES DE SALLY MARA (les)

Loin de Rueil
Œuvres complètes de Sally Mara (les)
On est toujours trop bon avec les femmes

Voir ŒUVRES COMPLÈTES DE SALLY MARA (les)

Petite Cosmogonie portative
Pierrot mon ami
Saint-Glinglin
Si tu t’imagines (1920-1948)
Zazie dans le métro
Ziaux (les)

Voir SI TU T’IMAGINES

 

Biographie

 

1903
21 févr.: naissance, au Havre, de Raymond, fils d’Auguste Queneau, comptable colonial en congé de convalescence, et d’Augustine-Julie, née Mignot. Le couple ouvre un commerce de mercerie qui va rapidement prospérer.

1914
Première communion. Études au lycée du Havre. Le jeune Queneau se passionne pour l’histoire. Il écrit aussi beaucoup: à treize ans, il aurait déjà composé quelque vingt romans! Enfin, il va régulièrement au cinéma (Fantômas, les Vampires, etc.) et il lit assidûment les Pieds Nickelés dans l’Épatant.

1920
Baccalauréat. La famille Queneau s’installe à Épinay-sur-Orge. Raymond s’inscrit à la Sorbonne.

1922
Séjour en Angleterre.

1923-1925
Il passe des certificats de licence (lettres et philosophie). A partir de 1924, il cherche du travail.

1924
Au cours de l’hiver, il rencontre André Breton. Il participe aux activités du groupe surréaliste. Il se lie particulièrement alors avec Marcel Duhamel, Jacques Prévert et Yves Tanguy.

&1924
Collaboration à la Révolution surréaliste.

1925-1927
Queneau fait son service militaire en Allemagne et au Maroc. Il est zouave de deuxième classe. Il suit des cours par correspondance (anglais commercial et techniques de vente).

1928
Retour à Paris. En août, il épouse Janine Kahn.

1929
L’Ulysse de Joyce paraît en traduction française. Queneau rompt avec Breton pour, dit-il, «des raisons personnelles».

1930
Il entreprend une étude sur les «fous littéraires» dont il se servira dans les Enfants du limon. Il prend des cours de boxe. Il est représentant en nappes de papier.

&1930
«Dédé» dans Un cadavre, pamphlet collectif contre Breton.

1931
Il devient employé de banque. Avec Georges Bataille et Michel Leiris, il participe aux travaux du Cercle communiste démocratique que dirige Boris Souvarine.

&1931-1932

Collaboration à la Critique sociale: il y rend compte d’ouvrages d’histoire, de philosophie (Hegel…), de littérature (Nizan…).

1932
Voyage en Grèce où il écrit le Chiendent. Il médite sur la coexistence d’un grec «savant» et d’un grec «populaire». Il est membre du Cercle de la Russie neuve. Parution, en oct., du Voyage au bout de la nuit de Céline.

1933
Janv.: Hitler accède au pouvoir en Allemagne.

&1933

Publication du Chiendent chez Gallimard qui éditera l’essentiel de son œuvre. «Inventé» pour la circonstance, le prix des Deux-Magots lui est décerné par une bande de «copains» (Bataille, Dobo, Ribemont-Dessaignes, Vitrac, etc.) dont ce café est le quartier général.

1934
Queneau commence à suivre des cours de sciences religieuses à l’École pratique des hautes études. Naissance d’un fils: Jean-Marie.

&1934
Gueule de pierre, roman.

1935
Il suit les cours d’Alexandre Kojève sur Hegel.

&1935
Textes divers en revues, qui seront repris dans des recueils ultérieurs.

1936
Débuts de la guerre civile espagnole. Assassinat de García Lorca. Les Queneau s’installent à Neuilly.

&1936
Collaboration à de nombreux journaux et revues. Rubrique quotidienne dans l’Intransigeant: «Connaissez-vous Paris?». Traduction de Vingt Ans de jeunesse de Maurice O’Sullivan.

&1937
Odile, roman.
Chêne et chien, roman en vers.
Traduction d’Impossible ici de Sinclair Lewis.

1938
Accords de Munich.
Queneau entre au Comité de lecture des éditions Gallimard pour le domaine anglais. Avec Henry Miller, il fonde la revue Volontés. Sartre publie la Nausée.

&1938
Les Enfants du limon, roman.
Collaboration à Volontés.
Traduction de L’homme dont le cœur était resté dans les montagnes de William Saroyan.

1939
Déclaration de guerre.
Queneau est mobilisé.

&1939
Un rude hiver, roman.
Collaboration à Volontés et à la N.R.F.

1940
Armistice franco-allemand en juin. Le 20 juill., Queneau est renvoyé dans ses foyers.

&1940
Traduction du Zeppelin du dimanche de William Saroyan.

1941
Queneau devient secrétaire général des éditions Gallimard.

&1941
Les Temps mêlés (Gueule de pierre II), roman.

&1942
Pierrot mon ami, roman.

&1943
Les Ziaux, poèmes.
Introduction à Bouvard et Pécuchet.

&1944
En passant, théâtre.
Foutaises, pensées (hors commerce).
Chroniques hebdomadaires dans Front national.

1945
Capitulation allemande.
Queneau est membre du Centre national des écrivains. Il s’en retire peu après. Il participe à la vie germanopratine de l’immédiat après-guerre avec Boris Vian, Juliette Gréco et al. Parution de Paroles de Jacques Prévert.

6 août: bombe atomique sur Hiroshima.

&1945
Loin de Rueil, roman.
Divers «exercices de style» en revues.
Chroniques dans Front national (sur Lorca, Tardieu, Goethe, Char, Valéry, Aragon, etc.).

&1946
L’Instant fatal, poèmes.
Pictogrammes (hors commerce).
Collaboration aux Lettres françaises e.a.

&1947
Exercices de style.
Bucoliques, poèmes.
Une trouille verte, nouvelles.

On est toujours trop bon avec les femmes, roman publié sous le pseudonyme de SALLY MARA.
Publication d’Introduction à la lecture de Hegel, cours d’Alexandre Kojève, rassemblés et présentés par Queneau. Collaboration aux Temps modernes.
Avec René Clément, scénario et dialogues d’une adaptation cinématographique de Candide. Le film ne sera jamais tourné.

1948
Queneau devient membre de la Société mathématique de France. Il travaille particulièrement sur les nombres premiers.

&1948
Saint-Glinglin, roman, précédé d’une nouvelle version de Gueule de pierre et de Temps mêlés.
Le Cheval troyen, nouvelle.
Monuments, poèmes.
Introduction à la version française de Moustiques de William Faulkner.
Collaboration à Combat, aux Lettres françaises, etc.

1949
Tati, Jour de fête. Yves Robert monte les Exercices de style à la Rose Rouge avec les Frères Jacques.

&1949
Vlaminck ou le Vertige de la matière.
Juan Miró ou le Poète préhistorique.

1950
Ionesco, la Cantatrice chauve: «Je crois que si je n’avais pas lu les Exercices de style de Raymond Queneau, je n’aurais pas osé présenter la Cantatrice chauve, ni rien d’autre à une compagnie théâtrale.» Queneau devient membre du Collège de pataphysique. Voyage aux États-Unis avec Roland Petit et ses Ballets de Paris.

&1950
Petite Cosmogonie portative, poème en 6 chants.
Bâtons, chiffres et lettres, rassemblant divers textes précédemment parus.
Journal intime, roman publié sous le pseudonyme de SALLY MARA.
«Lyrics» de la Croqueuse de diamants, ballet de Roland Petit, argument d’Alfred Adam, musique de Jean-Michel Damase, dansé et chanté par Zizi Jeanmaire.

1951
Queneau est élu à l’académie Goncourt. Il tourne dans un court métrage inédit de Pierre Kast où il donne, en sept minutes, une leçon d’arithmétique dans le style impassible de Buster Keaton.

&1951
Collaboration aux Temps modernes, aux Lettres françaises, à Combat, etc.

1952
Il est élu à l’Académie de l’humour. Avec Boris Vian, Jean Queval et al., il fonde le Club des Savanturiers réservé aux amateurs de science-fiction.

&1952
Si tu t’imagines, poèmes (1920-1951).
Le Dimanche de la vie, roman.

1953
Mort de Staline.
Beckett, En attendant Godot. Vian, l’Arrache-Cœur.

&1953
Traduction de l’Ivrogne dans la brousse d’Amos Tutuola. Avant-propos à l’Arrache-Cœur de Boris Vian.
Articles sur Henry Miller, Jacques Prévert, la science-fiction…

1954
Queneau est nommé directeur de l’«Encyclopédie de la Pléiade» dont il avait médité le projet depuis 1946.

&1954
Scénario et dialogues de Monsieur Ripois et la Némésis, film de René Clément, d’après le roman de Louis Hémon. Dialogues pour la version française de la Strada de Federico Fellini.

1955
Conférence à la Sorbonne: «Statique et dynamique du français». Tardieu, Théâtre de chambre.

&1955
Contributions aux Cahiers du Collège de Pataphysique, aux Lettres françaises, aux Lettres nouvelles, etc.

1956
Voyages au Mexique et en U.R.S.S.

&1956
Préfaces pour les deux premiers tomes de l’Histoire des littératures de l’«Encyclopédie de la Pléiade».
Dialogues de la Mort en ce jardin, film de Luis Buñuel.

Dialogues pour la version française de Sourires d’une nuit d’été, film d’Ingmar Bergman.

&1957
Postfaces à Adolphe de Benjamin Constant et aux Contes d’Edgar Poe.

&1958
Le Chien à la mandoline, poèmes.
Sonnets, ultérieurement joints au précédent (réédition de 1965).
Commentaires de poètes grecs (Homère, Pindare, Sapho, Callimaque…).
Le Chant du styrène, commentaire en alexandrins pour le film d’Alain Resnais.

1959
Débuts de la Ve République. André Malraux, ministre des Affaires culturelles.
Truffaut, les Quatre Cents Coups. Nabokov, Lolita. Mort de Boris Vian. Article de Roland Barthes sur Zazie dans le métro.

&1959
Zazie dans le métro, roman.
Préface au troisième tome de l’Histoire des littératures.

1960
Godard, A bout de souffle. A Cerisy, une «décade» est consacrée à Queneau. En résulte la création de l’OULIPO, dont il est membre fondateur. Zazie dans le métro, film tiré par Louis Malle du roman homonyme de Queneau, remporte un vif succès. Jean Quéval, Essai sur Raymond Queneau.

&1960
Dialogues du Couple, film de Jean-Pierre Mocky.

1961
Jean Vilar inscrit au programme du T.N.P. la comédie musicale tirée par Roger Pillaudin de Loin de Rueil.

&1961
Cent Mille Milliards de poèmes.
Texticules.
Préface au catalogue de l’exposition Baj.

1962
Entretiens radiodiffusés avec Georges Charbonnier. Parution du Raymond Queneau de Jacques Bens et du Queneau déchiffré de Claude Simonnet. Brève apparition de Queneau dans le Landru de Claude Chabrol: il joue… Clemenceau!

&1962
Les Œuvres complètes de Sally Mara, rassemblant, outre les deux romans précédemment publiés sous ce pseudonyme, une préface inédite et la quasi-totalité des Foutaises sous le titre nouveau de Sally plus intime.
Entretiens avec Georges Charbonnier.

&1963
Nouvelle édition d’Exercices de style comprenant: une préface indédite de l’auteur; 33 «exercices» parallèles peints, dessinés ou sculptés par Carelman; 99 «exercices» typographiques par Massin; 123 «exercices» imaginés, mais non rédigés par l’auteur.

Bords: mathématiciens, précurseurs, encyclopédistes.
Textes sur Ionesco, Hegel et les Mémoires du baron Mollet.

&1964
L’Analyse matricielle du langage.
Textes sur Dubuffet et Baj.

&1965
Les Fleurs bleues, roman.
Textes sur Mario Prassinos, Marguerite Duras.

&1966
Une histoire modèle, essai.

&1967
Courir les rues, poèmes.
Textes sur Gala Barbisan et Jean Hélion.

&1968
Battre la campagne, poèmes.
Le Vol d’Icare, roman.

1969
Georges Perec, la Disparition. Queneau, dans un article intitulé «Errata», revient sur sa théorie du néo-français.

&1969
Fendre les flots, poèmes.
Préface aux Œuvres complètes de Pierre Mac Orlan.
«Errata».
Bicabaj et Bacasso.

&1971
De quelques langages animaux imaginaires et notamment du langage chien dans Sylvie et Bruno.

1972
Mort de Janine. Queneau est particulièrement affecté par ce deuil. Renée Baligand, les Poèmes de Raymond Queneau: étude phono-stylistique, avec une préface de Queneau.

&1972
Bonjour Monsieur Prassinos.

&1973
Le Voyage en Grèce, rassemblant des textes parus entre 1930 et 1940.
Contributions à la Littérature potentielle, recueil des travaux de l’OULIPO.

1974
Parution de Gros Câlin d’Émile Ajar. Queneau est soupçonné de se dissimuler derrière ce pseudonyme qui cache, en fait, Romain Gary.

&1975
Morale élémentaire.

1976
25 oct.: mort de Raymond Queneau.

&1981
Contes et propos.

&1986
Journal 1939-1940, suivi de Philosophes et voyous.

 

Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. “Dictionnaire des oeuvres littéraires de langue française.” © Bordas, Paris 1994