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Apollinaire, l’Enchanteur étoilé
Une vie, une oeuvre, par François Caunac
Apollinaire Guillaume, pseudonyme de Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky
(1880-1918)
Biographie de l’auteur à la fin de la liste des œuvres.
Alcools
Bestiaire (le)
Calligrammes
Enchanteur pourrissant (l’)
Guetteur mélancolique (le)
Hérésiarque et Cie (l’)
Lettres à Lou
Voir POÈMES À LOU
Mamelles de Tirésias (les)
Onze Mille Verges (les)
Poèmes à Lou
Poète assassiné (le)
Biographie
1880
26 août: Angelica de Kostrowitzky, vingt-deux ans, fille d’un capitaine russe de petite noblesse polonaise, met au monde, à Rome, un garçon, qui est baptisé Guglielmus Apollinaris.
2 novembre: Angelica reconnaît son fils devant notaire, ce que ne fait pas le père, Francesco Flugi d’Aspermont, quarante-quatre ans, ex-officier patricien et joueur.
1882
Naissance d’un frère, Alberto (Angelica le reconnaîtra en 1888).
1885
Pressé par sa famille, Flugi d’Aspermont abandonne Angelica qui s’installe à Bologne.
1887
Mars: Angelica s’installe à Monaco, mais elle voyagera beaucoup.
1888
Wilhelm, grâce à la protection occulte de dom Romaric, frère de Francesco, est inscrit comme interne au collège Saint-Charles.
1892
8 mai: Première communion, foi vive, premiers vers.
1896
Rentrée: Collège Stanislas à Cannes.
1897
Février: Demi-pensionnaire au lycée de Nice (classe de rhétorique).
Juillet: Recalé à l’oral du baccalauréat, ne se représente pas.
&1897
Fonde avec un camarade, Toussaint Luca, un journal manuscrit anarcho-symboliste.
1898
Vie de bohème à Monaco. Lectures abondantes.
1899
Janvier: Angelica, ses fils et son amant Jules Weil quittent Monaco pour Aix-les-Bains, puis Lyon.
Avril: Installation à Paris avenue Mac-Mahon.
Juillet: Angelica et Jules tentent leur chance au casino de Spa.
Guillaume «comte russe», laissé avec son frère dans une pension de Stavelot, découvre la Wallonie et flirte avec «Mareye».
Octobre: Les deux garçons déménagent à la cloche de bois.
1900
En quête d’un emploi, Guillaume fait le «nègre» pour plusieurs écrivains, travaille comme commissionnaire…
&1900
Mirely ou le Petit Trou pas cher, s.l.n.d.
Avril-mai: Que faire? collaboration anonyme au feuilleton signé Desnar, le Matin, 16 avril au 24 mai.
1901
Printemps: Cour vaine à Linda, sœur de son ami Molina. Vit de leçons et de piges journalistiques.
22 août: Part pour l’Allemagne dans la voiture de la vicomtesse de Milhau, qui l’a engagé comme précepteur de sa fille.
Automne: Séjourne tantôt à Honnef, tantôt à la villa Neu Glück. Découvre la Rhénanie, s’éprend de la gouvernante Annie Playden; émotions partagées.
&1901
Septembre: Trois poèmes à Linda publiés dans la Grande France.
26 octobre: Reportage «Les Mauvaises Routes en Allemagne» dans Tabarin.
1902
Février: Carnaval à Cologne. Voyage: Hanovre, Berlin, Dresde.
Mars: Prague, Vienne, Munich, où il retrouve Annie et les Milhau.
Avril-mai: Rejoint seul Honnef par étapes. Annie le repousse.
24 août: Quitte Neu Glück.
Septembre: la famille s’installe 23, rue de Naples. L’«oncle» Weil lui trouve une place d’employé de banque. Devient un assidu des «Soirées» de la Plume.
&1902
Mars: L’Hérésiarque dans la Revue blanche.
Automne: A la cloche de bois, pièce de théâtre en un acte (texte disparu).
1903
Se lie avec André Salmon, Jean Mollet, André Billy, Alfred Jarry.
Avril: Liaison sans lendemain avec une Yvonne peu farouche.
Novembre: Se rend à Londres. Les parents d’Annie s’opposent au mariage. Elle refuse de fuir avec lui.
&1903
Août: «Le Larron» dans la Plume.
Novembre: Fonde le Festin d’Ésope.
Décembre: «L’Ermite», poème de 1900, dans la Revue blanche.
1904
Licencié dans la faillite de sa banque, Apollinaire devient rédacteur en chef du Guide du rentier.
Mai: Nouveau voyage à Londres. Annie, toujours indécise, finira par émigrer aux États-Unis.
Juillet: La «Comtesse» de Kostrowitzky et Jules Weil s’installent au Vésinet.
Automne: Fait connaissance de Derain, Picasso, Max Jacob.
&1904
Août: N° 9 et dernier du Festin d’Ésope, qui a publié «l’Enchanteur pourrissant».
1905
Toujours au Vésinet.
Août-septembre: Voyage en Belgique et Hollande.
&1905
Avril: Unique numéro de la Revue immoraliste.
Mai: Unique numéro des Lettres modernes.
Décembre: «L’Émigrant de Landor Road», «Salomé», «les Cloches», «Mai», dans le tome IV de Vers et prose, la revue de Paul Fort.
1906
Année assez creuse.
Août: Séjour en Hollande.
Emploi dans une banque.
&1906
Écrit avec André Salmon une pièce bouffonne, le Marchand d’anchois.
1907
15 avril: A vingt-six ans, Apollinaire quitte la maison maternelle du Vésinet et se met dans ses meubles, 9, rue Léonie (rue Henner), à Montmartre.
Louis de Gonzague Frick entraîne Apollinaire vers la néo-symboliste Phalange.
Fréquente le Bateau-Lavoir, les bistrots de la Butte et se lie avec Marie Laurencin. Abandonne la banque. Il vivra désormais de sa plume.
Picasso: Les Demoiselles d’Avignon.
Derain: Baigneuses aux Indépendants.
&1907
Les Exploits d’un jeune don Juan, s.l.n.d., érotique signé G.A.
Les Onze Mille Verges, s.l.n.d., érotique signé G.A.
Octobre: Article sur le Salon d’automne dans Je dis tout.
Novembre: «La Tzigane», «les Colchiques», «Lul de Faltenin» dans la Phalange.
1908
Août: Belgique et Hollande.
Novembre: Banquet chez Picasso en l’honneur du Douanier Rousseau.
&1908
Février: «Onirocritique» dans la Phalange.
25 avril: Conférence sur la Phalange nouvelle.
4 mai: «Le Pyrée» («le Brasier») dans Gil Blas.
1909
S’installe 15, rue Gros, à Auteuil.
Delaunay: Tour Eiffel.
13 juillet: Mariage d’André Salmon.
Début de sa collaboration comme préfacier aux collections libertines «les Maîtres de l’amour» et «le Coffret du Bibliophile» de la Bibliothèque des curieux. Elle durera jusqu’en 1914.
&1909
Mai: Grâce à Paul Léautaud, publie «la Chanson du mal aimé» dans le Mercure de France.
28 novembre: Grâce à D.H. Kahnweiler, publie son premier livre, l’Enchanteur pourrissant (100 ex.), avec 12 bois de Derain.
1910
Janvier: Déménage au 37, rue Gros.
Picasso: Portrait d’Ambroise Vollard; Portrait de D.-H. Kahnweiler.
Braque: Les Usines de Rio Tinto à l’Estaque.
&1910
Prend la chronique artistique de l’Intransigeant. Il y défendra les cubistes.
Compile une anthologie, le Théâtre italien (encyclopédie littéraire illustrée).
Octobre: L’Hérésiarque et Cie, recueil de contes chez Stock, obtient trois voix au Goncourt.
1911
Braque: L’Homme à la guitare, le Portugais.
Premier «Salon cubiste»
Notoriété grandissante d’Apollinaire.
7-12 septembre: Apollinaire, inculpé de recel d’objets volés, est incarcéré à la Santé.
Très déprimé, il redoute d’être expulsé de France.
&1911
15 mars: Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée chez Deplanche, bois de Raoul Dufy (120 ex.).
1er avril: Inaugure une chronique au Mercure de France, «la Vie anecdotique»; il la tiendra jusqu’à sa mort.
1912
Janvier: Non-lieu dans l’affaire de recel.
Février: Les amis d’Apollinaire créent les Soirées de Paris pour l’aider moralement. Il fréquente à nouveau Montmartre, se lie avec Serge Férat, Delaunay, Brâncusi, Archipenko, les futuristes italiens.
Juin: Les infidélités et la jalousie de Guillaume conduisent Marie Laurencin à rompre avec lui.
Mi-octobre: Séjour dans le Jura avec Picabia, Duchamp et Gabrielle Buffet.
&1912
Février: «Le Pont Mirabeau» dans les Soirées de Paris.
Novembre: «Cortège», dans Poème et drame, vol. I; «Vendémiaire» dans les Soirées de Paris.
Décembre: «Zone», dans les Soirées de Paris.
1913
S’installe 202, boulevard Saint-Germain.
Janvier: Accompagne Delaunay à un vernissage à Berlin.
Août: Échec d’une tentative des amis d’Apollinaire et de Marie Laurencin pour les réconcilier.
Séjour à Villequier et à La Baule.
Septembre: Apollinaire prend la direction des Soirées de Paris, rénovées avec l’appui de Serge Férat. Nombreux projets.
24 décembre: Apollinaire enregistre trois poèmes sur disque.
&1913
Janvier: «Les Fenêtres», catalogue de l’exposition Delaunay.
Février: «La Peinture moderne» dans Der Sturm.
17 mars: Les Peintres cubistes, méditations esthétiques, chez Eugène Figuière.
20 avril: Alcools au Mercure de France (567 ex.).
29 juin: L’Antitradition futuriste, manifeste synthèse, tract insolent.
Décembre: «Lundi rue Christine» dans les Soirées de Paris.
1914
Mars: Accusé d’égarer l’opinion par ses prises de position avant-gardistes et désavoué par son journal, Apollinaire démissionne de l’Intransigeant.
Il encourage Giorgio De Chirico.
Juin: Fait connaissance de Gontcharova et Larionov, et préface le catalogue de leur exposition.
Marie Laurencin épouse Otto von Watgen.
31 juillet: la guerre surprend Apollinaire en reportage à Deauville et fait capoter le projet de publication des «Idéogrammes lyriques».
5 août: Apollinaire, sujet russe, signe une demande d’enrôlement qui reste sans suite.
Septembre: Hébergé à Nice par son ami Siegler-Pascal, il fait connaissance de Louise de Coligny-Châtillon et s’enflamme pour elle.
Décembre: Dépité par les refus de «Lou», il s’engage et rejoint le 38e régiment d’infanterie à Nîmes. La coquette cède et va passer une semaine avec lui.
&1914
Mai: Apollinaire se voit confier la rubrique «Arts» de Paris-Journal.
15 juin: Premier idéogramme: «Lettre océan», dans les Soirées de Paris.
La fin de Babylone, Bibliothèque des curieux.
1915
2 janvier: Apollinaire rencontre dans le train de Nice-Nîmes une jeune fille, Madeleine Pagès.
Janvier: Apollinaire présente une demande de naturalisation.
28 mars: A Marseille, Lou met un terme à leur liaison. Un pacte de confidences mutuelles est toutefois scellé.
Pâques: Le deuxième classe canonnier-conducteur de Kostrowitzky monte vers le front de Champagne.
16 avril: Apollinaire écrit à Madeleine Pagès. Une correspondance s’engage.
10 août: Apollinaire demande Madeleine en mariage.
20 novembre: Promu sous-lieutenant au 96e régiment d’infanterie, il découvre l’horreur des tranchées.
30 décembre-9 janvier 1916: En permission à Oran chez sa fiancée.
&1915
Mai: Apollinaire polycopie Case d’Armons à 25 exemplaires sur papier quadrillé.
Octobre: Les Trois don Juan, Bibliothèque des curieux.
1916
14 mars: Apprend que sa demande de naturalisation est acceptée.
17 mars: Blessé à la tête devant Berry-au-Bac.
20-28 mars: Hôtel-Dieu de Château-Thierry.
29 mars-8 avril: Val-de-Grâce, à Paris.
9 avril: Hôpital italien de Paris.
9 mai: Trépanation, villa Molière, pour abcès intracrânien.
Convalescence à l’Hôpital italien. Croix de guerre. La correspondance avec Madeleine Pagès s’enlise.
Apollinaire est traité en maître par la jeune génération: Reverdy, Soupault, Breton, Tzara, P.-A. Birot, Cocteau.
31 décembre: Banquet Apollinaire offert par ses amis.
&1916
Septembre: Le Poète assassiné, Bibliothèque des curieux.
Octobre: «Voyage» dans le catalogue d’une exposition Derain.
1917
Travaille à Paris-Midi le matin et à la censure l’après-midi.
Rassemble ses préfaces aux œuvres libertines. Mais les Diables amoureux ne paraîtront qu’en 1965.
11 mai: Classé inapte définitif par la commission de réforme.
Lance les termes de «surréalisme» et d’«esprit nouveau».
Juillet: Écrit un scénario de film, la Bréhatine, en collaboration avec André Billu.
Fin août: Séjour à Bénodet, en Bretagne.
26 novembre: Conférence sur «l’Esprit nouveau» au Vieux-Colombier.
&1917
15 mars: «La Victoire» dans le premier numéro de la revue Nord-Sud de Reverdy.
Avril: Préface au catalogue d’une exposition de sculptures nègres.
18 mai: Première de Parade (Cocteau, Satie, Massine, Picasso). Le texte du programme est d’Apollinaire.
24 juin: Représentation des Mamelles de Tirésias.
1918
1er janvier: Congestion pulmonaire; soigné deux mois à la villa Molière, annexe du Val-de-Grâce. Jacqueline Kolb, dite «Ruby», est à son chevet.
Mars-avril: Permission de convalescence.
2 mai: Apollinaire épouse Jacqueline Kolb.
Il est affecté au ministère des Colonies, avec des attributions vagues, et multiplie les piges journalistiques.
12 juillet: Témoin au mariage de Picasso avec Olga Koklova.
Août: Se repose dans le Morbihan, où il achève une opérette, Casanova.
Automne: Surmenage.
9 novembre: Meurt de la grippe espagnole.
&1918
Novembre: Vitam impendere amori au Mercure de France (215 exemplaires).
15 avril: Calligrammes paraît au Mercure de France avec un an de retard (1 040 exemplaires).
Le Flâneur des deux rives, aux Éditions de la Sirène.
24 novembre: Représentation de Couleur du temps, drame en trois actes.
&1920
La Femme assise, N.R.F.
&1925
Il y a, Messein, 1 630 exemplaires.
&1926
Anecdotiques, Stock. Recueil des chroniques du Mercure de France.
&1947
Ombre de mon amour, Pierre Cailler, Genève, 3 220 exemplaires. Repris en 1955 sous le titre, plus justifié, de Poèmes à Lou.
&1952
Le Guetteur mélancolique, Gallimard.
&1956
Œuvres poétiques dans «la Pléiade».
&1960
Chroniques d’art (1902-1918), Gallimard. Recueil des écrits d’art dispersés.
&1965
Œuvres complètes, Balland et Lecat, 4 vol.
&1977
Œuvres en prose, t. I, dans «la Pléiade».
Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. “Dictionnaire des oeuvres littéraires de langue française.” © Bordas, Paris 1994
