{"id":624,"date":"2026-09-17T20:14:09","date_gmt":"2026-09-17T18:14:09","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=624"},"modified":"2026-09-17T20:14:09","modified_gmt":"2026-09-17T18:14:09","slug":"le-petit-prince","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=le-petit-prince","title":{"rendered":"le Petit Prince"},"content":{"rendered":"<p>Petit Prince (le)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>PETIT PRINCE (le). Conte d\u2019Antoine Marie Roger de Saint-Exup\u00e9ry (1900-1944), publi\u00e9 avec des illustrations de l\u2019auteur, dans une traduction anglaise, \u00e0 New York chez Reynal &amp; Hitchcock en\u00a01943, et dans sa version fran\u00e7aise \u00e0 Paris chez Gallimard en 1945. Fabuleux succ\u00e8s de librairie, il a \u00e9t\u00e9 vendu depuis lors \u00e0 plus de\u00a06 millions d\u2019exemplaires.<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Le narrateur \u00e9voque ses premiers dessins, son enfance solitaire, sa d\u00e9cision de devenir pilote (chap.\u00a01), raconte enfin comment, \u00e0 la suite d\u2019une panne, il y a six ans, il dut poser son avion en plein Sahara. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il a rencontr\u00e9 le Petit Prince (2). Celui-ci lui r\u00e9v\u00e8le qu\u2019il vient d\u2019une autre plan\u00e8te (3), lui demande de lui dessiner un mouton et se permet de nombreuses digressions sur l\u2019ast\u00e9ro\u00efde B\u00a0612, sur la mentalit\u00e9 des adultes, leur s\u00e9rieux, les baobabs qui envahissent sa petite plan\u00e8te avec ses merveilleux couchers de soleil et son unique fleur: une rose (4-8). Les voyages interplan\u00e9taires du Petit Prince l\u2019ont amen\u00e9 \u00e0 d\u00e9couvrir une galerie de portraits (9): le roi d\u2019un empire illusoire (10), le vaniteux (11), le buveur (12), le businessman (13), l\u2019allumeur de r\u00e9verb\u00e8res (14), le g\u00e9ographe (15). Sur la terre, il rencontre, en plus grand nombre encore, tous les types pr\u00e9c\u00e9dents (16) auxquels s\u2019ajoutent le serpent qui parle par \u00e9nigmes (17), un d\u00e9sert fleuri de roses, l\u2019\u00e9cho, des montagnes vari\u00e9es (18-20) et surtout, le fennec apprivois\u00e9\u00a0\u2014 \u00eatre unique au monde par l\u2019amour qu\u2019on lui porte (21). Les aiguilleurs (22), le marchand de pilules qui font gagner du temps sont de nouvelles caricatures des pr\u00e9occupations du monde moderne (23). Cependant, au huiti\u00e8me jour de panne dans le d\u00e9sert, le manque d\u2019eau devient inqui\u00e9tant: le Petit Prince r\u00e9v\u00e8le au narrateur la source in\u00e9puisable, tr\u00e9sor que chacun porte en soi (24-25). Mais ce sera bient\u00f4t l\u2019heure de la s\u00e9paration (chap.\u00a026). D\u00e9sireux de retrouver sa rose, l\u2019enfant se fait piquer volontairement par un serpent, qui le renvoie dans son monde.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>La narration \u00e0 la premi\u00e8re personne, accompagn\u00e9e de dessins na\u00effs, a l\u2019apparence d\u2019un conte pour enfants. La simplicit\u00e9 du ton, la candeur des r\u00e9pliques, l\u2019aspect volontairement irr\u00e9el et fantaisiste de l\u2019histoire renforcent cette impression de badinage proche du nonsense anglo-saxon. Mais le Petit Prince n\u2019est pas qu\u2019une comptine destin\u00e9e \u00e0 amuser le lecteur. Les aspects didactiques, voire moralisateurs, sont \u00e9vidents; le symbolisme y est omnipr\u00e9sent: dessin\u00e9, d\u00e9sir\u00e9, le mouton prend vie. Aux baobabs, qui repr\u00e9sentent la force aveugle, s\u2019oppose la fleur, fragile et innocente. Le fennec r\u00e9apprend la v\u00e9ritable amiti\u00e9 au Petit Prince; celui-ci l\u2019enseigne \u00e0 son tour au pilote \u00e9gar\u00e9. Dans l\u2019aridit\u00e9 d\u00e9sertique du retour sur soi-m\u00eame semblent rena\u00eetre les vrais sentiments: ceux que le c\u0153ur seul, loin du langage trompeur de la soci\u00e9t\u00e9, peut appr\u00e9hender.<\/p>\n<p>R\u00e9cit myst\u00e9rieux, le Petit Prince est avant tout une r\u00e9flexion sur la richesse du monde int\u00e9rieur et, paradoxalement, sur les rapports avec autrui r\u00e9v\u00e9l\u00e9s par la d\u00e9tresse et l\u2019apprentissage de la solitude: l\u2019amour, l\u2019amiti\u00e9, l\u2019attachement, la souffrance que peut engendrer la s\u00e9paration sont tour \u00e0 tour d\u00e9couverts, \u00e9tapes \u00e0 la fois cruelles et in\u00e9vitables de la vie affective. Vu \u00e0 travers les yeux de l\u2019enfance, le monde est une \u00e9nigme, bien souvent dramatique. Le Petit Prince ne cesse de poser des questions sur le sens de la vie. Les r\u00e9ponses qu\u2019on lui donne sont cocasses dans leur rationalisme abrupt et ne peuvent que mettre en lumi\u00e8re la stupidit\u00e9 des hommes. Aussi est-ce en r\u00e9gressant au niveau de l\u2019enfant que le narrateur pourra enfin progresser sur le chemin du salut et \u00e9chapper \u00e0 une lente agonie dans un monde priv\u00e9 de valeurs.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9alisme farouche, caract\u00e9ristique de l\u2019humanisme de l\u2019auteur, surmonte finalement toutes les tentations de l\u2019absurde ou du d\u00e9sespoir. Le recours au merveilleux, \u00e0 l\u2019humour (accentu\u00e9 par les illustrations au style parfois \u00abprimitif\u00bb), et surtout \u00e0 la spiritualit\u00e9, permettent de faire face aux contraintes du destin, aux limitations de la mati\u00e8re et jusqu\u2019\u00e0 la peur de la disparition physique. Ainsi, d\u2019\u00e9toile en \u00e9toile, de d\u00e9couverte en d\u00e9couverte, les p\u00e9r\u00e9grinations du personnage \u00e9ponyme sont autant de voyages initiatiques qui rattachent ce r\u00e9cit po\u00e9tique \u00e0 la tradition de la fable philosophique. Dans son \u00e9tranget\u00e9, le Petit Prince sugg\u00e8re une pluralit\u00e9 d\u2019interpr\u00e9tations et exprime, \u00e0 l\u2019aide d\u2019un langage imag\u00e9, voire \u00e9sot\u00e9rique, un ensemble de conviction \u00e9thiques que confirmera Citadelle (1948).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>B.\u00a0VALETTE<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-624","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/624","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=624"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}