{"id":572,"date":"2026-08-04T14:03:41","date_gmt":"2026-08-04T12:03:41","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=572"},"modified":"2026-08-04T14:03:41","modified_gmt":"2026-08-04T12:03:41","slug":"poesies-1916-1955","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=poesies-1916-1955","title":{"rendered":"Po\u00e9sies (1916-1955)"},"content":{"rendered":"<p>Po\u00e9sies (1916-1955)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>PO\u00c9SIES (1916-1955). Anthologie po\u00e9tique de Jean Cocteau (1889-1963), publi\u00e9e \u00e0 Paris chez Gallimard en 1956.<\/p>\n<p>L\u2019\u0153uvre po\u00e9tique de Cocteau s\u2019\u00e9tend sur pr\u00e8s de cinquante ans. Plusieurs fois regroup\u00e9e par l\u2019auteur\u00a0\u2014 Po\u00e9sie (1916-1923) en\u00a01925, Po\u00e8mes (1948), Po\u00e9sie critique (1959-1960)\u00a0\u2014, elle a souffert de l\u2019immense succ\u00e8s qu\u2019ont rencontr\u00e9 ses romans et ses films: le talent de Cocteau po\u00e8te est peu connu du grand public. Pourtant l\u2019imaginaire, la fonction cr\u00e9atrice du langage, la qu\u00eate du surnaturel sont au centre de toutes ses productions, litt\u00e9raires, artistiques ou cin\u00e9matographiques. Cl\u00e9 de sa po\u00e9tique, un mot revient toujours, comme un leitmotiv, comme un slogan, ce mot que lui lan\u00e7a Diaghilev: \u00ab\u00c9tonne-moi!\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Vocabulaire (1922). Po\u00e8mes de circonstance dont quelques-uns \u00e9voquent vraisemblablement le s\u00e9jour que Cocteau et Radiguet firent en\u00a01921 sur la C\u00f4te d\u2019Azur. La pr\u00e9ciosit\u00e9 des m\u00e9taphores, une rh\u00e9torique ing\u00e9nieuse y t\u00e9moignent du go\u00fbt du po\u00e8te pour le badinage surr\u00e9aliste.<\/p>\n<p>Plain-chant (1923). Publi\u00e9 la m\u00eame ann\u00e9e que Thomas l\u2019imposteur, ce po\u00e8me, d\u2019o\u00f9 les intentions parodiques ne sont pas exclues, allie une versification encore classique \u00e0 une th\u00e9matique avant-gardiste. All\u00e9gorie de l\u2019inspiration cr\u00e9atrice, Orph\u00e9e y appara\u00eet, nimb\u00e9 d\u2019une gloire d\u00e9j\u00e0 arrach\u00e9e \u00e0 la souffrance.<\/p>\n<p>L\u2019Ange Heurtebise (1926), \u00e9crit deux ans apr\u00e8s la mort de Raymond Radiguet, poursuit l\u2019\u00e9vocation des rapports entre la po\u00e9sie et l\u2019autre monde, \u00e0 travers le couple form\u00e9 du po\u00e8te et de l\u2019Ange, \u00e0 la fois figure tut\u00e9laire, partenaire amoureux, initiateur des \u00abmyst\u00e8res\u00bb de l\u2019au-del\u00e0\u00a0\u2014 mais qui \u00abtombe, fusill\u00e9 par les soldats de Dieu\u00bb.<\/p>\n<p>L\u00e9one (1945). En\u00a0120 strophes, le po\u00e8te explore l\u2019univers \u00e9nigmatique des mythes pa\u00efens ou jud\u00e9o-chr\u00e9tiens dont semble se nourrir son propre inconscient; l\u2019image de L\u00e9one est elle-m\u00eame l\u2019aboutissement d\u2019un \u00e9trange syncr\u00e9tisme. Alti\u00e8re et cruelle, elle impose au po\u00e8me le rythme de sa d\u00e9marche majestueuse.<\/p>\n<p>La Crucifixion (1946). Une superposition d\u2019images-signes (un arbre, un \u00e9pouvantail, la croix) servent une nouvelle fois de pr\u00e9texte \u00e0 une m\u00e9ditation angoiss\u00e9e sur l\u2019\u00e9criture et\/ou la mort<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Premi\u00e8re source d\u2019\u00e9tonnement: la magie verbale. Proche des surr\u00e9alistes, Cocteau se pla\u00eet \u00e0 restituer aux lieux communs de la langue leur \u00e9clat originel, au prix de certaines distorsions, au m\u00e9pris de la r\u00e9alit\u00e9: \u00abUne petite vague fume \/ Sa premi\u00e8re pipe d\u2019\u00e9cume\u00bb (Vocabulaire). Une telle facilit\u00e9 a pu \u00eatre reproch\u00e9e au jongleur, \u00e0 l\u2019amuseur, voire au mystificateur, prompt \u00e0 jouer avec les mots, m\u00ealant avec impudence hi\u00e9ratisme et \u00e9rotisme, imagerie pieuse et modernisme technologique: \u00abAnge Heurtebise, mon ange gardien \/ Je te garde, je te heurte \/ Je te brise\u00a0[&#8230;]. Avoue \/ Mon ange de c\u00e9ruse, ta beaut\u00e9 \/ Prise en photographie par une \/ Explosion de magn\u00e9sium\u00bb (l\u2019Ange Heurtebise). Ce serait oublier que la po\u00e9sie moderne est avant tout une aventure du langage et que celle-ci renoue avec la grande tradition qui accorde au Verbe un pouvoir sacr\u00e9 sans lequel les portes de l\u2019inconnu demeureraient \u00e0 jamais ferm\u00e9es.<\/p>\n<p>C\u2019est cet inconnu\u00a0\u2014 monde du r\u00eave, du sommeil ou de la mort\u00a0\u2014 que le po\u00e8te, tel Orph\u00e9e, entend explorer, quels que soient les dangers encourus. Si le po\u00e8te est \u00abcelui qui \u00e9crit sans \u00eatre \u00e9crivain\u00bb, l\u2019inspiration, on le voit, \u00e9chappe \u00e0 la conscience lucide. Cette voix sup\u00e9rieure correspond \u00e0 la fois \u00e0 une n\u00e9cessit\u00e9 externe (le monde des divinit\u00e9s) et \u00e0 l\u2019\u00e9panchement des d\u00e9mons int\u00e9rieurs. H\u00e9ros romantique \u00e0 sa mani\u00e8re, le po\u00e8te incarne l\u2019\u00abinnocent\u00bb, \u00e0 la fois victime et porteur de v\u00e9rit\u00e9. Il doit enfanter dans la douleur alors que les bacchantes (la critique) l\u2019accablent de leurs sarcasmes et que sa famille (le public) le ridiculise ou le fuit. L\u00e9one, sphinge hautaine et sanguinaire, rassemble ces images multiples de la victime propitiatoire autour d\u2019inqui\u00e9tantes figures emprunt\u00e9es \u00e0 des cultures vari\u00e9es: Holopherne, Minerve, Antigone, la Vierge: \u00abL\u00e9one se mouvait sur des pieds de voleur. \/ Elle marchait au bord des cils de la ros\u00e9e\u00bb (L\u00e9one). Guid\u00e9 plut\u00f4t que prot\u00e9g\u00e9 par Heurtebise, un des avatars de l\u2019ange Gabriel, Orph\u00e9e est initi\u00e9 par lui aux myst\u00e8res de la cr\u00e9ation po\u00e9tique. Il pourra tour \u00e0 tour s\u2019envoler ou \u00eatre le \u00abvoleur de feu\u00bb qu\u2019annon\u00e7ait Rimbaud: la polys\u00e9mie du mot \u00abvol\u00bb, un des symboles r\u00e9currents dans l\u2019univers de Cocteau, semble l\u2019y autoriser. Il n\u2019en demeure pas moins que le po\u00e8te, comme le Christ, est condamn\u00e9 \u00e0 mort. C\u2019est \u00e0 ce sacrifice qu\u2019il doit la survie de son \u0153uvre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>B.\u00a0VALETTE<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-572","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/572","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=572"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}