{"id":567,"date":"2026-08-04T13:45:41","date_gmt":"2026-08-04T11:45:41","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=567"},"modified":"2026-08-04T13:45:41","modified_gmt":"2026-08-04T11:45:41","slug":"le-salon-du-wurtemberg","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=le-salon-du-wurtemberg","title":{"rendered":"le Salon du Wurtemberg"},"content":{"rendered":"<p>Salon du Wurtemberg (le)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>SALON DU WURTEMBERG (le). Roman de Pascal Quignard (n\u00e9 en 1948), publi\u00e9 \u00e0 Paris chez Gallimard en 1986.<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Le narrateur, Charles Chenogne, se rappelle les ann\u00e9es soixante, son service militaire avec son camarade Florent Seinec\u00e9, mari\u00e9 \u00e0 Isabelle (\u00abIbelle\u00bb), leur petite fille, Delphine, et les week-ends pass\u00e9s chez Mme\u00a0Aubier, professeur de musique (I. \u00abLa Maison de Saint-Germain-en-Laye\u00bb). Souvenirs d\u2019ao\u00fbt\u00a01964: comment, apr\u00e8s avoir rejoint les Seinec\u00e9 en Provence, le narrateur a succomb\u00e9 aux charmes d\u2019Ibelle (II. \u00abLe Cabanon au-dessus de Bormes\u00bb).\u00a01965: les Seinec\u00e9 divorcent. Delphine est confi\u00e9e \u00e0 son p\u00e8re. Charles et Ibelle m\u00ealent leur orageuse passion aux brumes normandes, puis soudain se s\u00e9parent (III. \u00abLa Villa de Saint-Martin-en-Caux\u00bb).\u00a01965-1975: c\u2019est l\u2019\u00e9poque de la solitude, puis de la d\u00e9pression. Le narrateur se retire dans une maison de campagne et se consacre \u00e0 ses activit\u00e9s de musicien (IV. \u00abLa Muette sur les bords de la Loire\u00bb).\u00a01977: sa s\u0153ur meurt en Allemagne, comme leur m\u00e8re, des suites d\u2019un cancer. \u00c0 Paris, il retrouve Seinec\u00e9. Celui-ci s\u2019est remari\u00e9 avec une des anciennes \u00e9l\u00e8ves de Charles. Ils ont deux enfants dont l\u2019un se pr\u00e9nomme, lui aussi, Charles (V. \u00abQuai de Tournelle\u00bb).\u00a01979: mariage de Delphine. Charles voyage en Europe, notamment dans le Wurtemberg. Il rencontre Ibelle, devenue alcoolique, mais toujours d\u00e9sirable. Seinec\u00e9 meurt accidentellement (VI. \u00abLa Route des grandes Alpes\u00bb). Mai\u00a01983: le narrateur a maintenant quarante ans. La veuve de Seinec\u00e9 s\u2019est remari\u00e9e. Delphine a divorc\u00e9. Elle invite Charles dans la maison de Saint-Germain-en-Laye; puis, en\u00a01985, elle r\u00e9unit Ibelle, la seconde \u00e9pouse de Seinec\u00e9, leurs enfants et le narrateur pour d\u2019ultimes retrouvailles (VII. \u00abBergheim\u00bb).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Pr\u00e9sent\u00e9 sous la forme d\u2019une minutieuse autobiographie, le Salon du Wurtemberg laisse une large place \u00e0 la description de la vie affective, du temps int\u00e9rieur, des rapports complexes qui se tissent entre le narrateur et les personnages dont se nourrit son \u00abr\u00eave \u00e9veill\u00e9\u00bb. Sans jamais sombrer dans la complaisance narcissique, tentation du genre qu\u2019il d\u00e9passe avec ironie, Charles Chenogne se situe naturellement au centre d\u2019un microcosme sentimental constitu\u00e9 par son milieu familial, son double h\u00e9ritage culturel allemand et fran\u00e7ais, ses diverses compagnes, enfin, autour desquelles gravitent parfois mari et enfants. Ainsi, d\u00e8s le d\u00e9but du roman, la personne du narrateur, qui \u00e9tait alors un tout jeune homme, appara\u00eet comme ins\u00e9parable de ceux qu\u2019il c\u00f4toie: par-dessus tout, Seinec\u00e9 et Ibelle. \u00c0 partir de cette situation triangulaire, Pascal Quignard va orchestrer une s\u00e9rie de variations sur le th\u00e8me des d\u00e9sordres du c\u0153ur et de l\u2019esprit.<\/p>\n<p>Tout-puissant, omnipr\u00e9sent, le d\u00e9sir est en effet le fil conducteur du livre. Apparemment destructeur, il conduit \u00e0 la rupture des liens sociaux, aux d\u00e9chirements n\u00e9vrotiques ou \u00e0 la projection d\u2019images d\u00e9lirantes. Mais il est aussi ce non-dit, cette n\u00e9buleuse de souvenirs incertains, de comportements ind\u00e9finiment r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, sur la base desquels s\u2019\u00e9difient les mythes fondateurs de la personnalit\u00e9. Dans ce roman musical o\u00f9 l\u2019\u00e9coulement du temps semble rythm\u00e9 par la chronologie spatiale (chaque partie s\u2019organise autour d\u2019un lieu privil\u00e9gi\u00e9 que souligne le sous-titre), il n\u2019est d\u2019autre v\u00e9rit\u00e9 que celle des \u00e9v\u00e9nements intimes. Comment l\u2019appr\u00e9hender ailleurs que dans le langage de la m\u00e9moire qui transforme la r\u00e9alit\u00e9 plus qu\u2019il ne la d\u00e9forme? \u00abJ\u2019avais l\u2019impression de revenir sans cesse, l\u2019impression d\u2019\u00eatre un perp\u00e9tuel revenant\u00a0\u2014 qui hallucinait de sempiternels souvenirs.\u00bb C\u2019est \u00e0 travers cette patiente alchimie, voire en jouant avec les mots, que l\u2019\u00eatre se cherche, t\u00e2tonne et peu \u00e0 peu se construit, non sans h\u00e9sitations. Le salon de Saint-Germain \u00e9tait-il bleu ou rose, de la couleur du couchant, teinte qui s\u2019est grav\u00e9e dans l\u2019univers mental du narrateur? Le biscuit de la chemin\u00e9e repr\u00e9sentait-il un satyre qui poursuit une nymphe ou Psych\u00e9 qui c\u00e8de \u00e0 \u00c9ros? Cette mise en sc\u00e8ne de fantasmes actuels se superposant aux plus lointaines configurations maternelles du salon de musique\u00a0\u2014 le salon du Wurtemberg\u00a0\u2014 r\u00e9sume de fa\u00e7on symbolique la probl\u00e9matique du d\u00e9sir: l\u2019amour est fuite autant que conqu\u00eate; l\u2019\u00e9criture, un \u00e9ternel retour au paysage de l\u2019enfance.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>B.\u00a0VALETTE<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-567","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/567","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=567"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}