{"id":557,"date":"2026-08-04T10:32:32","date_gmt":"2026-08-04T08:32:32","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=557"},"modified":"2026-08-04T10:32:32","modified_gmt":"2026-08-04T08:32:32","slug":"le-menteur","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=le-menteur","title":{"rendered":"le Menteur"},"content":{"rendered":"<p>Menteur (le)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>MENTEUR (le). Com\u00e9die en cinq actes et en vers de Pierre Corneille (1606-1684), cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Paris au th\u00e9\u00e2tre du Marais \u00e0 la fin de 1643 ou au d\u00e9but de 1644, et publi\u00e9e \u00e0 Paris chez Sommaville et Courb\u00e9 en 1644.<\/p>\n<p>Dix ans apr\u00e8s la Place Royale, Corneille revient \u00e0 la com\u00e9die pour complaire, dit-il, \u00e0 un public avide de changement. Il suit de pr\u00e8s l\u2019intrigue d\u2019une comedia d\u2019Alarcon, en s\u2019attachant surtout aux mensonges inventifs d\u2019un personnage en verve. Fort d\u2019un vif succ\u00e8s, il donna la Suite du \u00abMenteur\u00bb (saison\u00a01644-1645), sa derni\u00e8re com\u00e9die. Tr\u00e8s romanesque, celle-ci n\u2019a que des liens superficiels avec la pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Ayant abandonn\u00e9 ses \u00e9tudes de droit en province, Dorante vient d\u2019arriver \u00e0 Paris. Il rencontre deux jeunes femmes, Clarice et Lucr\u00e8ce, se forge un glorieux pass\u00e9 militaire et tombe amoureux de Clarice, qu\u2019il croit \u00eatre Lucr\u00e8ce. \u00c0 la suite d\u2019un autre mensonge, Alcippe, amoureux de Clarice, le tient pour son rival; s\u2019ensuivra un duel (Acte\u00a0I). G\u00e9ronte, p\u00e8re de Dorante, veut faire \u00e9pouser Clarice \u00e0 son fils; croyant aimer Lucr\u00e8ce, Dorante invente un mariage provincial secret (Acte\u00a0II). Clarice, sous le nom de Lucr\u00e8ce, fait venir Dorante de nuit au pied d\u2019un balcon; elle l\u2019oblige \u00e0 se d\u00e9voiler et pense qu\u2019il ment encore quand il dit la v\u00e9rit\u00e9 (Actes\u00a0III-IV). Apr\u00e8s avoir compris sa m\u00e9prise, il obtient la main de la v\u00e9ritable Lucr\u00e8ce, qui l\u2019attirait finalement davantage; Alcippe \u00e9pousera Clarice (Acte\u00a0V).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Corneille transpose une com\u00e9die espagnole dans un d\u00e9cor parisien (les Tuileries \u00e0 l\u2019acte\u00a0I, puis la place Royale), cultivant comme dans ses premi\u00e8res com\u00e9dies certains effets r\u00e9alistes. Habile synth\u00e8se, o\u00f9 les amours d\u2019une jeunesse aristocratique, quasiment r\u00e9duites \u00e0 une galanterie conventionnelle, ne sont que support du divertissement. La d\u00e9sinvolture de Dorante, victime d\u2019un quiproquo et finalement attir\u00e9 par les deux jeunes femmes, est significative: contrairement au mod\u00e8le espagnol \u00e0 vis\u00e9e morale, le d\u00e9nouement lui est favorable. Il se joue jusqu\u2019au bout de ceux-l\u00e0 m\u00eames qui l\u2019ont perc\u00e9 \u00e0 jour; seul le p\u00e8re, qui crie au d\u00e9shonneur, aborde vraiment le probl\u00e8me moral qu\u2019il pourrait poser\u00a0\u2014 mais l\u2019accent h\u00e9ro\u00ef-comique d\u00e9samorce d\u2019embl\u00e9e ses lamentations. Si Dorante affabule parfois par n\u00e9cessit\u00e9, c\u2019est aussi pour se faire valoir ou pour la seule joie de tromper et plus encore d\u2019inventer; d\u2019o\u00f9 ses grands discours mystificateurs (ses pr\u00e9tendus faits d\u2019armes, l\u2019extraordinaire aventure d\u2019un mariage forc\u00e9), complaisamment d\u00e9velopp\u00e9s, et son besoin d\u2019un public dont la cr\u00e9dulit\u00e9 vaut applaudissements. Ainsi s\u2019explique le jeu avec Cliton (cr\u00e9\u00e9 par le fameux farceur Jodelet, ce qui devait pimenter encore le duo), valet qui aime donner des le\u00e7ons et que son ma\u00eetre veut former \u00e0 l\u2019art du mensonge. Comme pouss\u00e9 par l\u2019invention de son personnage, Corneille joue, en un savant dosage aux effets calcul\u00e9s, d\u2019habiles apart\u00e9s, de quiproquos et de retournements\u00a0\u2014 le trompeur tromp\u00e9 par les jeunes filles, qui organisent \u00e0 leur tour toute une mise en sc\u00e8ne pour l\u2019abuser\u00a0\u2014 et de quelques touches parodiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ses propres trag\u00e9dies. Comme l\u2019Illusion comique mais sur un autre mode, le Menteur dit la joie de l\u2019illusion et la magie du verbe.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D.\u00a0MONCOND\u2019HUY<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-557","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/557","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=557"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}