{"id":538,"date":"2026-08-04T09:31:11","date_gmt":"2026-08-04T07:31:11","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=538"},"modified":"2026-08-04T09:31:11","modified_gmt":"2026-08-04T07:31:11","slug":"guetteur-melancolique-le","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=guetteur-melancolique-le","title":{"rendered":"Guetteur m\u00e9lancolique (le)"},"content":{"rendered":"<p>Guetteur m\u00e9lancolique (le)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>GUETTEUR M\u00c9LANCOLIQUE (le). Recueil po\u00e9tique de Guillaume Apollinaire, pseudonyme de Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky (1880-1918), publi\u00e9 \u00e0 Paris chez Gallimard en 1952.<\/p>\n<p>Tout comme le recueil intitul\u00e9 Il y a (Paris, Albert Messein,\u00a01925), le Guetteur m\u00e9lancolique est compos\u00e9 de po\u00e8mes soit in\u00e9dits, soit \u00e9parpill\u00e9s dans diverses revues. Dans sa Pr\u00e9face, Andr\u00e9 Salmon en explique ainsi le titre: \u00abLes \u00e9diteurs ont adopt\u00e9 celui qui s\u2019inspire d\u2019un distique du temps de la guerre: le Guetteur m\u00e9lancolique.\u00a0[&#8230;] On estimera qu\u2019un tel choix plairait au Mal-Aim\u00e9, au songeur de Landor Road, \u00e0 celui qui guettait dimanche sur le pont Mirabeau, au fier gar\u00e7on v\u00eatu de bleu,\u00a0[&#8230;] guettant au ciel de ces fus\u00e9es dont les pauvres soldats transformeraient l\u2019armature en belles et mis\u00e9rables bagues, si souvent gage de l\u2019impossible esp\u00e9r\u00e9. Que ne guettait-il pas?\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Les \u00e9diteurs (Bernard Peissonnier et Robert Mallet) ont class\u00e9 les po\u00e8mes en plusieurs groupes. Apr\u00e8s un po\u00e8me de trois vers contenant l\u2019expression qui donne son titre au recueil, vient la premi\u00e8re section, \u00abStavelot\u00bb (1899) qui comprend seize textes, essentiellement \u00e9crits pendant les trois mois d\u2019\u00e9t\u00e9 qu\u2019Apollinaire passa dans les Ardennes belges. La plupart des neuf po\u00e8mes rassembl\u00e9s dans la deuxi\u00e8me partie, \u00abRh\u00e9nanes\u00bb (1901-1902), avaient \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s en revue par l\u2019auteur. Les \u00abPo\u00e8mes \u00e0 Yvonne\u00bb (1903) se composent de cinq pi\u00e8ces extraites du \u00abJournal\u00bb que tenait \u00e0 cette \u00e9poque Apollinaire: elles sont adress\u00e9es \u00e0 une voisine de palier dont les charmes avaient s\u00e9duit le po\u00e8te et leurs accents rappellent parfois ceux des Po\u00e8mes \u00e0 Lou. La derni\u00e8re section, \u00abPo\u00e8mes divers\u00bb (1900-1917) regroupe, sans souci de coh\u00e9sion manifeste, quarante-trois po\u00e8mes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Certes, la m\u00e9lancolie est un trait dominant des po\u00e8mes, qu\u2019il s\u2019agisse de textes personnels\u00a0\u2014 \u00abJe suis un roi qui n\u2019est pas s\u00fbr d\u2019avoir du pain \/ Sans pleurer j\u2019ai vu fuir mes r\u00eaves en d\u00e9route\u00bb (\u201c\u00d4 mon c\u0153ur j\u2019ai connu la triste et belle joie\u201d)\u00a0\u2014 ou de po\u00e8mes dont le lyrisme s\u2019inscrit dans une atmosph\u00e8re et une forme qui rappellent plut\u00f4t le conte ou la ballade (\u201cla Clef\u201d). Cette m\u00e9lancolie, plac\u00e9e sous le signe du tragique\u00a0\u2014 \u00abComme un guetteur m\u00e9lancolique \/ J\u2019observe la nuit et la mort\u00bb (\u201cEt toi mon c\u0153ur pourquoi bas-tu?\u201d)\u00a0\u2014, n\u2019est toutefois ni monotone ni complaisante car le po\u00e8te \u00abguetteur\u00bb, toujours en \u00e9veil, sait la tenir \u00e0 distance et la transcender par les jeux et la magie po\u00e9tiques.<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019expression d\u2019une douleur peut \u00eatre ludique, la tristesse se m\u00ealant \u00e0 l\u2019humour, au sourire\u00a0\u2014 \u00abEt je me deux \/ D\u2019\u00eatre tout seul\u00bb (\u201cIl me revient quelquefois\u201d)\u00a0\u2014, la m\u00e9ditation grave et \u00ablugubre\u00bb \u00e0 la fac\u00e9tie et \u00e0 la fantaisie graphique (voir le po\u00e8me intitul\u00e9 \u201c69\u00a06666&#8230;\u00a06\u00a09&#8230;\u201d). Apollinaire n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 d\u00e9dramatiser et \u00e0 d\u00e9sacraliser la litt\u00e9rature: \u00abMais en fait d\u2019litt\u00e9rature \/ Il n\u2019y en a pas plus qu\u2019au \/ Congo que dans la nature \/ Qu\u2019\u00e0 la cascade de Coco\u00bb (\u201cle Cercle \u00abla foug\u00e8re\u00bb\u201d).<\/p>\n<p>\u00c9crits sur une longue dur\u00e9e, les po\u00e8mes du Guetteur m\u00e9lancolique refl\u00e8tent moins une \u00e9volution que la richesse de la po\u00e9sie d\u2019Apollinaire. Originales et vari\u00e9es, son inspiration et sa facture sont toujours reconnaissables et pourtant toujours diverses.<\/p>\n<p>A.\u00a0SCHWEIGER<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-538","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/538","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=538"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}