{"id":536,"date":"2026-08-04T09:26:55","date_gmt":"2026-08-04T07:26:55","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=536"},"modified":"2026-08-04T09:26:55","modified_gmt":"2026-08-04T07:26:55","slug":"jadis-et-naguere","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=jadis-et-naguere","title":{"rendered":"Jadis et Nagu\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p>Jadis et Nagu\u00e8re<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>JADIS ET NAGU\u00c8RE. Recueil po\u00e9tique de Paul Verlaine (1844-1896), publi\u00e9 \u00e0 Paris chez L\u00e9on Vanier en 1884. Toutes les pi\u00e8ces du recueil, \u00e0 l\u2019exception de \u201cSonnet boiteux\u201d, \u201cles Uns et les Autres\u201d, \u201cle Po\u00e8te et la Muse\u201d et \u201cDon Juan pip\u00e9\u201d, avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es dans diverses revues entre\u00a01867 et\u00a01884.<\/p>\n<p>Jadis et Nagu\u00e8re est un recueil h\u00e2tivement constitu\u00e9, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 Verlaine se trouve dans la n\u00e9cessit\u00e9 de vivre de sa plume et o\u00f9 il commence \u00e0 jouir d\u2019une certaine notori\u00e9t\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la parution dans Paris moderne, en\u00a01882, du po\u00e8me \u201cl\u2019Art po\u00e9tique\u201d (\u00e9crit en\u00a01874 et recueilli dans Jadis et Nagu\u00e8re) et \u00e0 la publication en revue, \u00e0 partir de\u00a01883, des \u00e9tudes des Po\u00e8tes maudits (L\u00e9on Vanier,\u00a01884). En outre, le roman de Huysmans, \u00c0 rebours, r\u00e9v\u00e8le au public, en\u00a01884, les \u00abvagues et d\u00e9licieuses confidences\u00bb de l\u2019art de Verlaine, bient\u00f4t consid\u00e9r\u00e9 comme le chef de file du d\u00e9cadisme.<\/p>\n<p>La plupart des po\u00e8mes rassembl\u00e9s dans Jadis et Nagu\u00e8re ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits longtemps avant la publication du volume. Certains ont notamment \u00e9t\u00e9 compos\u00e9s durant le s\u00e9jour effectu\u00e9 par Verlaine en prison entre juillet 1873 et janvier 1875, et le po\u00e8te avait alors song\u00e9 \u00e0 les regrouper en un volume intitul\u00e9 Cellulairement; mais, conscient de leur disparit\u00e9, il en retint finalement quelques-uns pour Sagesse et dispersa les autres dans Jadis et Nagu\u00e8re et Parall\u00e8lement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Le recueil est divis\u00e9 en deux parties intitul\u00e9es \u00abJadis\u00bb et \u00abNagu\u00e8re\u00bb. La premi\u00e8re, bien plus longue que la seconde, comprend un Prologue, suivi de trois sections: \u00abSonnets et autres vers\u00bb, \u00abVers jeunes\u00bb et \u00ab\u00c0 la mani\u00e8re de plusieurs\u00bb. \u00abNagu\u00e8re\u00bb comporte un Prologue et cinq po\u00e8mes,\u201cCrimen amoris\u201d, \u201cla Gr\u00e2ce\u201d, \u201cl\u2019Imp\u00e9nitence finale\u201d, \u201cDon Juan pip\u00e9\u201d et \u201cAmoureuse du diable\u201d, sortes de contes diaboliques qui renouent avec un type de po\u00e9sie narrative et romanesque pratiqu\u00e9e par les romantiques, Musset et Gautier notamment. Des pi\u00e8ces r\u00e9alistes\u00a0\u2014 \u201cle Clown\u201d, \u201cl\u2019Auberge\u201d, \u201cl\u2019Ang\u00e9lus du matin\u201d, etc.\u00a0\u2014 \u00e9crites entre\u00a01867 et\u00a01870 c\u00f4toient une f\u00eate galante dialogu\u00e9e de forme th\u00e9\u00e2trale dat\u00e9e de\u00a01871 (\u201cles Uns et les Autres\u201d). On y trouve \u00e9galement un long po\u00e8me d\u2019inspiration r\u00e9volutionnaire, \u201cles Vaincus\u201d, ainsi que des textes des ann\u00e9es\u00a01867-1869 d\u00e9non\u00e7ant les injustices sociales ou dressant de la guerre des tableaux horribles et accusateurs: \u201cle Soldat laboureur\u201d, \u201cles Loups\u201d, \u201cla Soupe du soir\u201d. Certains po\u00e8mes, tels par exemple \u201cPantoum n\u00e9glig\u00e9\u201d ou \u201cUn pouacre\u201d, adoptent un ton humoristique ou satirique. Quant \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique des contes diaboliques\u00a0\u2014 \u00abchoses cr\u00e9pusculaires\u00bb selon le Prologue de \u00abNagu\u00e8re\u00bb\u00a0\u2014, elle est fort diff\u00e9rente de celle d\u2019autres pi\u00e8ces telles que \u201cKal\u00e9idoscope\u201d, \u201cVendanges\u201d ou \u201cImages d\u2019un sou\u201d, issues pourtant elles aussi de Cellulairement, mais d\u2019une facture bien plus originale et novatrice.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Le titre du recueil renvoie au contenu des po\u00e8mes, volontiers tourn\u00e9s vers un pass\u00e9 lointain\u00a0\u2014 \u201c\u00c0 la louange de Laure et de P\u00e9trarque\u201d, \u201cla Pucelle\u201d, \u201cla Princesse B\u00e9r\u00e9nice\u201d\u00a0\u2014 ou proche\u00a0\u2014 \u201cDizain mil huit cent trente\u201d, \u201cle Soldat laboureur\u201d (qui d\u00e9peint la vieillesse d\u2019un grognard). Ce pass\u00e9 peut \u00eatre aussi celui de Verlaine, lorsque la po\u00e9sie se fait confession ou \u00e9vocation repentante des souvenirs, notamment dans \u201cCrimen amoris\u201d qui retrace la liaison avec Rimbaud. En outre, le titre de Jadis et Nagu\u00e8re peut aussi faire allusion \u00e0 l\u2019\u00e9talement chronologique de la composition des textes et donc au caract\u00e8re h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne du volume. Verlaine \u00e9crit \u00e0 un critique non identifi\u00e9, le\u00a05\u00a0f\u00e9vrier\u00a01883: \u00abJ\u2019ai tout pr\u00eat sous le titre: Choses de jadis et de nagu\u00e8re, un recueil de tous les vers que je n\u2019ai pu publier depuis\u00a01867 jusqu\u2019en\u00a01874.\u00bb Il est donc malais\u00e9 de porter un regard d\u2019ensemble sur le recueil.<\/p>\n<p>Certaines pi\u00e8ces\u00a0\u2014 \u201cles Loups\u201d ou \u201cles Vaincus\u201d notamment\u00a0\u2014 laissent deviner leur mod\u00e8le, Copp\u00e9e en l\u2019occurrence, et rel\u00e8vent d\u2019une rh\u00e9torique plut\u00f4t conventionnelle. Il en va de m\u00eame pour les contes diaboliques de \u00abNagu\u00e8re\u00bb qui s\u2019inscrivent dans une veine r\u00e9solument romantique, au demeurant tourn\u00e9e ailleurs en d\u00e9rision par le po\u00e8me intitul\u00e9 \u201cDizain mil huit cent trente\u201d.<br \/>\nPlus attachantes sont les pi\u00e8ces o\u00f9 l\u2019on reconna\u00eet la voix proprement verlainienne, dont le fameux \u201cArt po\u00e9tique\u201d d\u00e9gage les principes fondamentaux: \u00abDe la musique avant toute chose, \/ Et pour cela pr\u00e9f\u00e8re l\u2019Impair\u00bb, \u00abIl faut aussi que tu n\u2019ailles point \/ Choisir tes mots sans quelque m\u00e9prise\u00bb, \u00abCar nous voulons la Nuance encor, \/ Pas la Couleur, rien que la nuance!\u00bb, \u00abPrends l\u2019\u00e9loquence et tords-lui son cou!\u00bb Abolie la fronti\u00e8re entre la r\u00e9alit\u00e9 et le songe, l\u2019univers verlainien se d\u00e9ploie alors, avec ses ambigu\u00eft\u00e9s et ses nuances, ses vertiges et sa magie. Prot\u00e9iforme, insaisissable et mouvant, il est comme vu en effet dans un \u201cKal\u00e9idoscope\u201d: \u00abCe sera comme quand on r\u00eave et qu\u2019on s\u2019\u00e9veille! \/ Et que l\u2019on se rendort et que l\u2019on r\u00eave encor.\u00bb L\u2019emploi du futur ici, tout comme ailleurs celui du conditionnel\u00a0\u2014 \u00ab\u00c0 grands plis sombres une ample tapisserie \/ De haute lice, avec emphase descendrait\u00bb (\u201cInt\u00e9rieur\u201d)\u00a0\u2014 ou de l\u2019irr\u00e9el du pass\u00e9\u00a0\u2014 \u00abJ\u2019eusse \u00e9t\u00e9 fatal\u00bb (\u201cDizain mil huit cent trente\u201d)\u00a0\u2014 contribuent \u00e0 estomper toute limite entre le r\u00e9el et la r\u00eaverie: \u00abToute histoire qui se mouille \/ De d\u00e9licieuses larmes, \/\u00a0[&#8230;] Aussit\u00f4t chez moi s\u2019embrouille, \/ Se m\u00eale \u00e0 d\u2019autres encore, \/ Finalement s\u2019\u00e9vapore \/ En capricieuses nues\u00bb (\u201cImages d\u2019un sou\u201d). Impr\u00e9cis et fugace, porteur tout \u00e0 la fois de souffrance et de plaisir, le paysage verlainien est toujours suspendu au bord de sa propre dissolution.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A.\u00a0SCHWEIGER<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-536","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/536","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=536"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}