{"id":534,"date":"2026-08-04T06:58:08","date_gmt":"2026-08-04T04:58:08","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=534"},"modified":"2026-08-04T06:58:08","modified_gmt":"2026-08-04T04:58:08","slug":"antimemoires","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=antimemoires","title":{"rendered":"Antim\u00e9moires"},"content":{"rendered":"<p>Antim\u00e9moires<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ANTIM\u00c9MOIRES. Texte autobiographique d\u2019Andr\u00e9 Malraux (1901-1976), publi\u00e9 \u00e0 Paris chez Gallimard en 1967.<\/p>\n<p>La narration des Antim\u00e9moires se d\u00e9veloppe selon deux axes: d\u2019une part, celui du voyage en Orient de\u00a01965 dont les escales \u00e9voquent des voyages ant\u00e9rieurs (\u00c9gypte, Aden, Ceylan, Inde, Singapour, Hongkong, Chine; au retour, survol du Japon); d\u2019autre part, l\u2019axe de l\u2019\u0153uvre qui pr\u00eate ses diff\u00e9rents titres aux parties du pr\u00e9sent ouvrage. Mais les titres de ces sections, associ\u00e9es aux \u00e9tapes du voyage et aux souvenirs qu\u2019elles suscitent, forment une chronologie souvent \u00e0 rebours du d\u00e9roulement r\u00e9el de l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Premi\u00e8re section. \u00ab1965, au large de la Cr\u00e8te\u00bb pr\u00e9cise en introduction la finalit\u00e9 propre des Antim\u00e9moires en la comparant \u00e0 celle d\u2019autres autobiographies.<br \/>\nDeuxi\u00e8me section. \u00abLes Noyers de l\u2019Altenburg\u00bb reproduisent en pr\u00e9lude un fragment du roman publi\u00e9 sous ce titre en\u00a01943, \u00e9voquant la famille du narrateur, le suicide du grand-p\u00e8re et, \u00e0 travers le p\u00e8re et un oncle, organisateur des \u00abcolloques de l\u2019Altenburg\u00bb, la figure capitale de Nietzsche. Puis, arriv\u00e9 en \u00c9gypte, le voyageur se rem\u00e9more sa premi\u00e8re vision du Sphinx (1934). En\u00a01965, cette fois, la Grande Pyramide lui rappelle maints autres lieux et objets symboliques, les uns \u00abm\u00e9tamorphos\u00e9s\u00bb en sites touristiques, les autres transf\u00e9r\u00e9s dans des mus\u00e9es tels ceux du Caire ou, \u00e0 Paris, du Trocad\u00e9ro. \u00c0 l\u2019\u00e9tape d\u2019Aden, il associe le souvenir d\u2019une exp\u00e9dition \u00e0 la recherche de la capitale de la reine de Saba, analysant l\u2019exp\u00e9rience du \u00abretour sur la terre\u00bb v\u00e9cue \u00e0 l\u2019issue de ce vol p\u00e9rilleux. Visite du mus\u00e9e d\u2019Aden.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me section. \u00abAntim\u00e9moires\u00bb. L\u2019\u00e9tape indienne (1965) relie le narrateur \u00e0 sa carri\u00e8re et \u00e0 ses filiations politiques: premi\u00e8re entrevue avec de Gaulle, compar\u00e9 \u00e0 Trotski (1945); la fin de la\u00a0IVe R\u00e9publique et un nouveau dialogue avec le g\u00e9n\u00e9ral (1958): celui-ci le charge alors d\u2019une tourn\u00e9e \u00e9lectorale en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane avant le r\u00e9f\u00e9rendum de\u00a01958 et, la m\u00eame ann\u00e9e, d\u2019une mission en Inde. \u00c0 cette occasion, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre impr\u00e9gn\u00e9 de l\u2019\u0153uvre l\u00e9gendaire de Gandhi, il rencontre Nehru dont il trace le portrait de modernisateur de l\u2019Inde. En racontant ses prisons, Nehru ranime chez le narrateur le souvenir de ses propres \u00e9preuves pendant la R\u00e9sistance (1944) et \u00e0 Toulouse lors de la Lib\u00e9ration.<\/p>\n<p>Quatri\u00e8me section. \u00abLa Tentation de l\u2019Occident\u00bb reprend la comparaison, formul\u00e9e dans cet essai de\u00a01926, entre l\u2019id\u00e9e de la mort dans les religions d\u2019Orient et dans la civilisation moderne occidentale. M\u00e9ditation qui oriente la m\u00e9moire du narrateur vers le souvenir d\u2019une bataille de chars o\u00f9 il fr\u00f4la la mort en\u00a01940, avant d\u2019\u00e9prouver, une fois le p\u00e9ril pass\u00e9, le \u00absentiment du retour sur la terre\u00bb. De la solidarit\u00e9 entre combattants, il induit la r\u00e9conciliation possible des valeurs de l\u2019action et de la fraternit\u00e9, corrobor\u00e9e par une sc\u00e8ne tir\u00e9e de l\u2019Espoir. Une conversation sur l\u2019art avec Nehru puis avec l\u2019ambassadeur de France Ostrorog (en\u00a01948) traite de la relation de l\u2019homme et du cosmos, ainsi que de la th\u00e9orie malrucienne de la \u00abm\u00e9tamorphose\u00bb. En\u00a01965, le narrateur se rend en p\u00e8lerinage \u00e0 la maison de Nehru, \u00abm\u00e9tamorphos\u00e9e\u00bb en Maison du Souvenir.<\/p>\n<p>Cinqui\u00e8me section. \u00abLa Voie royale\u00bb. \u00c0 Singapour, le narrateur retrouve le mod\u00e8le r\u00e9el du Clappique de la Condition humaine, \u00e9voque avec lui la l\u00e9gende de l\u2019aventurier Mayrena (mod\u00e8le, pour sa part, du Perken de la Voie royale), tandis qu\u2019avec un grand malade, M\u00e9ry, se d\u00e9ploient sur fond de mort les souvenirs de l\u2019engagement politique du jeune Malraux en Indochine, les images des deux guerres du Vi\u00eat-nam et un portrait de H\u00f4 Chi Minh. Suit une m\u00e9ditation solitaire sur le th\u00e8me de l\u2019aventure et des aventuriers.<\/p>\n<p>Sixi\u00e8me section. \u00abLa Condition humaine\u00bb consacre une premi\u00e8re partie aux \u00e9pop\u00e9es (la Longue Marche), aux monuments (la Cit\u00e9 interdite, les tombeaux Ming), aux lieux sacr\u00e9s de la Chine et inclut des dialogues avec Chen Yi, Chou En-lai et Mao Ts\u00e9-toung ainsi qu\u2019un portrait de celui-ci tel qu\u2019il appara\u00eet au narrateur en\u00a01965. La seconde partie associe le survol du Japon au souvenir d\u2019un dialogue \u00e0 Nara en\u00a01960 avec un personnage surnomm\u00e9 \u00able Bonze\u00bb, et se termine par l\u2019\u00e9vocation du transfert, en\u00a01965, des cendres de Jean Moulin au Panth\u00e9on (avec un extrait de l\u2019oraison fun\u00e8bre prononc\u00e9e \u00e0 cette occasion), qui r\u00e9veille le souvenir de dialogues poignants avec d\u2019anciens d\u00e9port\u00e9s. Le livre s\u2019ach\u00e8ve sur la vision de la grotte de Lascaux, qui rassemble les symboles de la fuite du temps, de la \u00abm\u00e9tamorphose\u00bb et de la contingence de l\u2019homme.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Malraux est ministre d\u2019\u00c9tat charg\u00e9 des Affaires culturelles depuis\u00a01959 lorsqu\u2019en\u00a01965 il entreprend le voyage que lui conseillent ses m\u00e9decins: ses deux fils se sont tu\u00e9s sur la route en\u00a01962 et, l\u2019ann\u00e9e suivante, un attentat de l\u2019OAS dirig\u00e9 contre lui a co\u00fbt\u00e9 la vue \u00e0 une petite fille. Tr\u00e8s \u00e9prouv\u00e9, il s\u2019embarque pour une croisi\u00e8re vers l\u2019Orient, charg\u00e9 par de Gaulle d\u2019\u00eatre son messager aupr\u00e8s des dirigeants asiatiques. De ce voyage na\u00eetront les Antim\u00e9moires. Ce titre provocant auquel le chapitre liminaire fait \u00e9cho sugg\u00e8re d\u2019embl\u00e9e une relation originale avec l\u2019espace et le temps; en r\u00e9alit\u00e9, le r\u00e9cit du voyage m\u00e9diatise un itin\u00e9raire philosophique. Assumant la totalit\u00e9 de sa vie et de son \u0153uvre, Malraux revient \u00e0 ses origines familiales et spirituelles tout en dialoguant avec les aventuriers, les compagnons d\u2019armes et les grands hommes qui ont crois\u00e9 son chemin, voire avec ses propres personnages. Ces d\u00e9marches enchev\u00eatr\u00e9es donnent naissance \u00e0 une \u00abm\u00e9taphysique interrogative\u00bb qu\u2019\u00e9veille l\u2019intuition de la contingence de l\u2019homme au sein d\u2019une nature dont, en revanche, les \u00abarbres s\u00e9culaires\u00bb symbolisent l\u2019imp\u00e9rissable vigueur.<\/p>\n<p>Sous la forme rampante du passage du temps, la mort est en effet omnipr\u00e9sente dans les Antim\u00e9moires, et rendue sensible au voyageur de\u00a01965 par le retour, \u00e0 intervalles plus ou moins r\u00e9guliers, aupr\u00e8s des m\u00eames hommes et dans les m\u00eames lieux; ainsi que par ce constant va-et-vient (introduit par des \u00abJe pense\u00bb, \u00abJe me souviens\u00bb) entre le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent de sa propre histoire dont l\u2019auteur privil\u00e9gie les exp\u00e9riences cr\u00e9pusculaires o\u00f9 r\u00f4de la mort. Affront\u00e9 \u00e0 la violence, \u00e0 la fatalit\u00e9, quelle signification un homme peut-il donner \u00e0 la vie? au monde? Interrogations qu\u2019ordinairement \u00ables M\u00e9moires ne posent pas\u00bb et qui hantent, sans une ombre de dogmatisme, ce livre de sagesse.<\/p>\n<p>D\u00e8s sa jeunesse, un deuil familial, plus tard transpos\u00e9 dans la fiction des Noyers de l\u2019Altenburg, vient frapper le narrateur \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019une \u00e9preuve initiatique; dans l\u2019\u00abinexplicable suicide\u00bb de son grand-p\u00e8re, il aper\u00e7oit, en effet, la marge de libert\u00e9 dont dispose un homme r\u00e9solu \u00e0 ravir l\u2019initiative au destin. Les Antim\u00e9moires, dans leur ensemble, explorent le champ ouvert \u00e0 cette libert\u00e9. La ma\u00eetrise du destin passe-t-elle, se demande le narrateur au soir de sa vie, par la voie de l\u2019aventure? par celle du risque lucidement affront\u00e9? Il \u00e9voque ses p\u00e9rilleuses exp\u00e9ditions d\u2019antan (le survol de l\u2019Hadramaout, un ouragan dans les Aur\u00e8s, dans \u00ables Noyers de l\u2019Altenburg\u00bb), et les aventures des personnages qui ont servi de mod\u00e8les \u00e0 ses premiers h\u00e9ros romanesques (\u00abla Voie royale\u00bb). Mais en\u00a01965 ces \u00abh\u00e9ros sans cause\u00bb p\u00e2lissent \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des \u00abhommes de l\u2019Histoire\u00bb qui jouent leur vie au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019un \u00abgrand dessein\u00bb. D\u2019o\u00f9 la place pr\u00e9pond\u00e9rante qu\u2019occupent dans les Antim\u00e9moires ces dialogues avec Nehru, de Gaulle, Mao, ces longues s\u00e9quences sur Gandhi, H\u00f4 Chi Minh, Jean Moulin, et les souvenirs d\u2019un Malraux engag\u00e9 en Espagne, dans le maquis ou officier de chars en\u00a01940. Voil\u00e0 des hommes dont la \u00abr\u00e9sistance\u00bb au destin s\u2019exerce \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019Histoire, voire contre elle. Pour autant, ces \u00abhommes de l\u2019antidestin\u00bb n\u2019\u00e9chappent pas \u00e0 l\u2019ultime \u00e9ch\u00e9ance. D\u2019o\u00f9 le retour aux antith\u00e8ses formul\u00e9es jadis dans la Tentation de l\u2019Occident: d\u2019un c\u00f4t\u00e9, la fr\u00e9n\u00e9sie d\u2019agir dont le vertige, apr\u00e8s la \u00abmort de Dieu\u00bb, occulte le tragique de la course occidentale au n\u00e9ant; de l\u2019autre, la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 qui enveloppe la disparition de l\u2019Oriental, rendu au grand Tout apr\u00e8s les \u00e9preuves de la maya dans la roue d\u2019un Temps sans fin (\u00abla Tentation de l\u2019Occident\u00bb; \u00abla Voie royale\u00bb, le dialogue avec M\u00e9ry; \u00abla Condition humaine\u00bb, le dialogue avec le \u00abBonze\u00bb). Ralli\u00e9 \u00e0 la philosophie de l\u2019action depuis l\u2019Espoir, le narrateur, comme Nehru, r\u00eave d\u2019un compromis: \u00abAgir en Europ\u00e9ens et mourir en hindous.\u00bb<\/p>\n<p>Les innombrables allusions \u00e0 la \u00abm\u00e9tamorphose\u00bb introduisent aussi, d\u2019une autre mani\u00e8re, le t\u00e9moignage d\u2019une inqui\u00e9tude eschatologique. C\u2019est lors de l\u2019\u00e9tape \u00e9gyptienne d\u2019un voyage de\u00a01934 que le narrateur re\u00e7ut la r\u00e9v\u00e9lation, raviv\u00e9e en\u00a01965, du ph\u00e9nom\u00e8ne de la m\u00e9tamorphose: si le spectacle du Sphinx, observe-t-il, draine toujours les foules, sa \u00abvoix\u00bb, comme celle des tr\u00e9sors du mus\u00e9e du Caire, s\u2019est \u00e9teinte, taisant \u00e0 jamais le message sacr\u00e9 que, dans une vie ant\u00e9rieure \u00e0 leur existence actuelle de site touristique ou d\u2019\u00abobjets d\u2019art\u00bb, ceux-ci symbolisaient jadis. Cette exp\u00e9rience \u00e9gyptienne est \u00e0 l\u2019origine de la structure arch\u00e9ologique des Antim\u00e9moires: en\u00a01965, le narrateur retrouve la maison de Nehru \u00abm\u00e9tamorphos\u00e9e\u00bb en Maison du Souvenir; la r\u00e9volution de Canton, fig\u00e9e dans un mus\u00e9e ou sur une sc\u00e8ne; la Longue Marche, au mus\u00e9e de Yen-ngan (Yan\u2019an); Mao, \u00abmonolithique\u00bb, d\u00e9j\u00e0 \u00abempereur de bronze\u00bb. De Jean Moulin, il ne reste qu\u2019une urne de cendres au Panth\u00e9on&#8230; Mais le narrateur, strate apr\u00e8s strate, exhume les l\u00e9gendes, restituant leur \u00abvoix\u00bb \u00e0 ceux que guette une \u00e9ternit\u00e9 muette (trois dialogues avec Nehru, autant avec de Gaulle, dix pages consacr\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la Longue Marche). Et, devant ceux de ses interlocuteurs qui sont encore dans le feu de l\u2019action, il s\u2019interroge: en quoi sont-ils d\u00e9j\u00e0 \u00ab\u00e9gaux \u00e0 leur mythe\u00bb (\u00abAntim\u00e9moires\u00bb)?<\/p>\n<p>Mais de Malraux lui-m\u00eame entend-on, du sein de l\u2019\u0153uvre monumentale, s\u2019\u00e9lever une \u00abvoix\u00bb qui, face \u00e0 la mort, exprimerait sa \u00abv\u00e9rit\u00e9\u00bb? Le narrateur s\u2019interdit confidences et profession de foi (\u00ab1965, au large de la Cr\u00e8te\u00bb). Cependant au fil des pages \u00e9clate son id\u00e9al de fraternit\u00e9 humaine. Les engagements politiques de l\u2019auteur et les \u0153uvres que ceux-ci ont engendr\u00e9es (la Condition humaine, l\u2019Espoir) transmettaient d\u00e9j\u00e0 ce message. Les Antim\u00e9moires viennent l\u2019amplifier. Ce n\u2019est pas un hasard si les souvenirs du pass\u00e9 ressuscitent pour la plupart des exp\u00e9riences de solidarit\u00e9, si le seul extrait tir\u00e9 de l\u2019Espoir est la parabole des Hurdes (\u00abla Tentation de l\u2019Occident\u00bb), si enfin l\u2019ouvrage s\u2019ach\u00e8ve sur le r\u00e9cit de ces prodiges de charit\u00e9 que d\u00e9ploy\u00e8rent entre eux les d\u00e9port\u00e9s des camps nazis. Mais, dans le livre de\u00a01967, la fraternit\u00e9 doit aussi sa supr\u00e9matie \u00e0 ce que, \u00e0 d\u00e9faut de cette communion avec le cosmos dont Malraux ressent, en retrouvant l\u2019Orient, la nostalgie aigu\u00eb, elle demeure la seule d\u00e9marche qui permette de nier le solipsisme du moi.<\/p>\n<p>Cette confession indirecte utilise une vari\u00e9t\u00e9 de discours (m\u00e9ditation, r\u00e9cit \u00e9pique, notes de voyage, fiction, dialogue) qui mettent en jeu tous les proc\u00e9d\u00e9s d\u2019\u00e9criture: \u00e9loquence, lyrisme \u00e0 la Chateaubriand, pittoresque, humour des portraits (Nehru, Churchill, de Gaulle, Mao) o\u00f9 la minutie des descriptions voile \u00e0 peine le message l\u00e9gendaire capt\u00e9 par les m\u00e9taphores. Mais le dialogue occupe ici une place strat\u00e9gique. Sans doute parce qu\u2019il sied \u00e0 une pens\u00e9e qui s\u2019est toujours d\u00e9finie par l\u2019interrogation (\u00abla Condition humaine\u00bb: \u00abPeut-\u00eatre n\u2019ai-je retenu de ma vie que ses dialogues\u00bb). Parce qu\u2019aussi dans les Antim\u00e9moires le mot \u00e0 mot du dialogue, sa sinc\u00e9rit\u00e9 ponctuelle sont concurrenc\u00e9s par une autre v\u00e9rit\u00e9 profil\u00e9e dans l\u2019imaginaire du narrateur. Ainsi s\u2019op\u00e8re \u00e0 chaud la \u00abm\u00e9tamorphose\u00bb d\u2019un h\u00e9ros mortel en \u00abmythe\u00bb vivant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>M.-A.\u00a0DE BEAUMARCHAIS<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-534","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/534","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=534"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}