{"id":525,"date":"2026-08-03T16:41:00","date_gmt":"2026-08-03T14:41:00","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=525"},"modified":"2026-08-03T16:41:00","modified_gmt":"2026-08-03T14:41:00","slug":"sarrasine-2","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=sarrasine-2","title":{"rendered":"Sarrasine"},"content":{"rendered":"<p>Sarrasine<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>SARRASINE. Nouvelle d\u2019Honor\u00e9 de Balzac (1799-1850), publi\u00e9e en feuilleton dans la Revue de Paris les\u00a021 et\u00a028\u00a0novembre\u00a01830, et en volume dans les Romans et Contes philosophiques chez Gosselin en 1831, avant d\u2019\u00eatre int\u00e9gr\u00e9e aux \u00abSc\u00e8nes de la vie parisienne\u00bb de la Com\u00e9die humaine chez Furne, Dubochet et Hetzel en\u00a01844.<\/p>\n<p>Complexe, \u00e9trange, cette nouvelle aux allures de conte adopte l\u2019un des proc\u00e9d\u00e9s favoris de Balzac: un r\u00e9cit attribu\u00e9 \u00e0 un narrateur et ench\u00e2ss\u00e9 dans un cadre form\u00e9 d\u2019un d\u00e9cor et d\u2019un dialogue.<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Le lendemain d\u2019une r\u00e9ception donn\u00e9e \u00e0 l\u2019h\u00f4tel de Lanty, o\u00f9 ils ont vu un myst\u00e9rieux vieillard, le narrateur raconte \u00e0 la marquise de Rochefide l\u2019histoire de Sarrasine, fils d\u2019un procureur et destin\u00e9 \u00e0 la magistrature, mais qui, dou\u00e9 pour les arts, obtint un prix de Rome en sculpture. En\u00a01758, en Italie, Sarrasine \u00e9prouve une passion pour la cantatrice Zambinella, lui d\u00e9clare son amour, mais constate lors d\u2019une r\u00e9ception \u00e0 l\u2019ambassade de France que celle-ci, habill\u00e9e en homme, est en fait un castrat, \u00abprot\u00e9g\u00e9\u00bb du cardinal Cicognara. Il veut se venger et enl\u00e8ve Zambinella pour le tuer, mais les sbires du cardinal l\u2019assassinent. Auparavant, il avait eu le temps de faire une statue du castrat, que Cicognara fit reproduire en marbre. Le vieillard aper\u00e7u dans le somptueux h\u00f4tel parisien n\u2019est autre que Zambinella, l\u2019oncle de Mme\u00a0de Lanty. Profond\u00e9ment troubl\u00e9e par ce r\u00e9cit, Mme\u00a0de Rochefide se refuse au narrateur qui avait esp\u00e9r\u00e9, en satisfaisant sa curiosit\u00e9, obtenir ses faveurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Si l\u2019intertexte rapproche ce r\u00e9cit de plusieurs \u0153uvres, dont un \u00e9pisode de l\u2019Histoire de ma vie de Casanova, l\u2019ambisexualit\u00e9 et le portrait d\u2019un artiste l\u2019inscrivent dans les grandes pr\u00e9occupations balzaciennes. Par ailleurs, la nouvelle met en \u00e9vidence de profondes analogies entre Balzac et ses doubles, le narrateur et Sarrasine. Tout en pr\u00e9sentant au sein de la Com\u00e9die humaine des caract\u00e8res uniques (seul r\u00e9cit constitu\u00e9 de deux actions s\u00e9par\u00e9es par soixante ans, seul exemple d\u2019une \u00e9gale ampleur entre le texte-cadre et l\u2019histoire proprement dite), la nouvelle, qui doit pour une part sa c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 actuelle \u00e0 l\u2019\u00e9tincelante \u00abmicro-lecture\u00bb que Roland Barthes lui consacra (S\/Z,\u00a01970), met d\u2019abord en sc\u00e8ne la d\u00e9ch\u00e9ance de l\u2019artiste perverti par l\u2019amour. La passion qui se trompe d\u2019objet et qui entra\u00eene la mort du h\u00e9ros, l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 sexuelle, la projection saisissante du pass\u00e9 dans un pr\u00e9sent qui en devient inqui\u00e9tant: Sarrasine confronte le regard lucide d\u2019un narrateur distanci\u00e9 et les v\u00e9n\u00e9neuses s\u00e9ductions du fantasme. Ce r\u00e9cit aurait sa place dans les \u00c9tudes philosophiques, o\u00f9 Balzac traite aussi le th\u00e8me de la cr\u00e9ation contrari\u00e9e par la passion (le Chef-d\u2019\u0153uvre inconnu, voir la Recherche de l\u2019absolu).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>G.\u00a0GENGEMBRE<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-525","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/525","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=525"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}