{"id":524,"date":"2026-08-03T16:23:18","date_gmt":"2026-08-03T14:23:18","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=524"},"modified":"2026-08-03T16:23:18","modified_gmt":"2026-08-03T14:23:18","slug":"louis-lambert","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=louis-lambert","title":{"rendered":"Louis Lambert"},"content":{"rendered":"<p>Louis Lambert<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>LOUIS LAMBERT. Roman d\u2019Honor\u00e9 de Balzac (1799-1850), publi\u00e9 \u00e0 Paris chez Gosselin dans les Nouveaux Contes philosophiques sous le titre Notice biographique sur Louis Lambert en octobre 1832, puis remani\u00e9 dans une \u00e9dition s\u00e9par\u00e9e de\u00a01833, et intitul\u00e9 cette fois Histoire intellectuelle de Louis Lambert. Profond\u00e9ment transform\u00e9, il est republi\u00e9 chez Werdet en\u00a01836 dans les \u00c9tudes philosophiques, en m\u00eame temps que dans le Livre mystique o\u00f9 il figure avec S\u00e9raph\u00eeta et les Proscrits. Il re\u00e7oit son titre d\u00e9finitif dans l\u2019\u00e9dition Charpentier en\u00a01842, avant d\u2019entrer au tome\u00a0XVI de la Com\u00e9die humaine (\u00e0 Paris chez Furne, Dubochet et Hetzel en\u00a01846).<\/p>\n<p>\u0152uvre essentielle pour comprendre l\u2019id\u00e9ologie de Balzac, ce roman exprime la trag\u00e9die d\u2019un penseur tu\u00e9 par sa pens\u00e9e, comme le dit F\u00e9lix Davin dans sa Pr\u00e9face aux \u00c9tudes philosophiques de\u00a01834.<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Louis Lambert. Trois moments composent le roman: la vie du h\u00e9ros, ses lettres \u00e0 la femme aim\u00e9e, ses pens\u00e9es. Plac\u00e9 par la sollicitude de Mme\u00a0de Sta\u00ebl chez les oratoriens de Vend\u00f4me o\u00f9 le rencontre Balzac, Louis Lambert, g\u00e9nial r\u00eaveur, amateur pr\u00e9coce de Swedenborg, y fait de m\u00e9diocres \u00e9tudes. Plus tard, il tente d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019existence ang\u00e9lique par la ma\u00eetrise de son \u00eatre int\u00e9rieur sur l\u2019\u00eatre ext\u00e9rieur, en m\u00eame temps qu\u2019il s\u2019essaie \u00e0 r\u00e9soudre le probl\u00e8me de la connaissance et d\u2019expliquer les ph\u00e9nom\u00e8nes physiques par l\u2019action d\u2019une substance \u00e9th\u00e9r\u00e9e, dont la pens\u00e9e et la volont\u00e9 sont des modes au m\u00eame titre que l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, la chaleur ou la lumi\u00e8re. Il fait \u00e0 Blois la rencontre de Pauline de Villenoix. Leur mariage doit \u00eatre c\u00e9l\u00e9br\u00e9 quand Louis Lambert devient fou. Pauline le recueille et le soigne jusqu\u2019\u00e0 sa mort, qui survient au bout de trois ans. Pendant les r\u00e9missions, ils peuvent entreprendre quelques voyages. C\u2019est au cours de l\u2019un d\u2019eux que Louis Lambert apprend l\u2019histoire racont\u00e9e dans Un drame au bord de la mer (voir ci-apr\u00e8s).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Si l\u2019\u00e9vidente dimension autobiographique s\u2019impose (Balzac reprenant le principe du double distanci\u00e9 utilis\u00e9 par Sainte-Beuve dans Vie, Po\u00e9sies et Pens\u00e9es de Joseph Delorme), le roman met en place la th\u00e9matique balzacienne du g\u00e9nie. Chercheur d\u2019absolu, Louis Lambert sombre dans l\u2019ali\u00e9nation mentale (l\u2019extase cataleptique chronique), mais au-del\u00e0 du cas clinique, domine surtout sa pr\u00e9occupation obs\u00e9dante: lier analyse et synth\u00e8se, science et po\u00e9sie, unit\u00e9 et diversit\u00e9. G\u00e9nie maudit comme Manfred et Faust, les grands h\u00e9ros romantiques, il \u00e9prouve une inextinguible soif de connaissance, et se trouve pris entre la philosophie et l\u2019amour.<\/p>\n<p>Nourri de philosophes, d\u2019occultistes et de physiologistes allant de Ballanche \u00e0 Lavater, Louis Lambert s\u2019inspire avant tout de la pens\u00e9e swedenborgienne. Au th\u00e9osophe su\u00e9dois, il doit de percevoir le monde comme p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 de forces spirituelles. Surtout, il con\u00e7oit la possibilit\u00e9 offerte \u00e0 l\u2019homme de s\u2019\u00e9lever vers la connaissance en une sorte d\u2019assomption. Mais on ne saurait r\u00e9duire le personnage \u00e0 ce seul aspect. Il \u00e9volue en effet d\u2019un spiritualisme \u00e9labor\u00e9 \u00e0 la conception de la pens\u00e9e comme arme. S\u2019il meurt de sa folie, cons\u00e9quence de la d\u00e9sertion du corps par le fluide vital tout entier pass\u00e9 dans l\u2019esprit, il succombe aussi de n\u2019avoir pu articuler sa pens\u00e9e \u00e0 une pratique, pr\u00e9figurant ainsi le drame d\u2019Illusions perdues (o\u00f9 le C\u00e9nacle apprend avec consternation sa mort). L\u2019histoire concr\u00e8te, voyage au bout de la nuit, bloque et st\u00e9rilise le g\u00e9nie. Face \u00e0 un h\u00e9ros d\u2019une telle dimension, Pauline, retrouvant le nom d\u2019une h\u00e9ro\u00efne de la Peau de chagrin comme pour mieux souligner les ressemblances, n\u2019est gu\u00e8re plus qu\u2019une figure de femme aimante.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pr\u00e9sentation<\/p>\n<p>Un drame au bord de la mer, publi\u00e9 fragmentairement dans le Voleur en novembre 1834, et en volume dans les \u00c9tudes philosophiques \u00e0 Paris chez Werdet en\u00a01834, avant d\u2019\u00eatre int\u00e9gr\u00e9, sous le titre la Justice paternelle, au collectif les Myst\u00e8res de province, chez Souverain en\u00a01834, et d\u2019entrer dans la Com\u00e9die humaine (tome\u00a0XV,\u00a01846), est une nouvelle consacr\u00e9e au th\u00e8me de la paternit\u00e9 con\u00e7ue comme id\u00e9e qui tue (voir le P\u00e8re Goriot que Balzac r\u00e9dige au m\u00eame moment).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Un drame au bord de la mer. Au cours d\u2019un s\u00e9jour au Croisic, Joseph Cambremer, fr\u00e8re de Pierre Cambremer, le h\u00e9ros de la nouvelle, raconte \u00e0 Louis Lambert et \u00e0 Pauline de Villenoix l\u2019histoire de l\u2019Homme-au-V\u0153u, que Louis transcrit dans une lettre adress\u00e9e \u00e0 son oncle. Vivant sur un promontoire isol\u00e9, Pierre Cambremer s\u2019y est retir\u00e9 apr\u00e8s avoir fait acte de justice paternelle: Jacques, son fils unique, \u00e9tait un dangereux d\u00e9voy\u00e9; l\u2019ayant fait confesser par le cur\u00e9 de Gu\u00e9rande, il l\u2019a ligot\u00e9 et jet\u00e9 \u00e0 l\u2019eau.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Un p\u00e8re juge et bourreau: le Mateo Falcone de M\u00e9rim\u00e9e est pass\u00e9 par l\u00e0. Mais la signification profonde de la nouvelle la relie aux grandes pr\u00e9occupations balzaciennes. L\u2019exacerbation passionnelle du sentiment paternel, un p\u00e8re symboliquement tu\u00e9 par sa propre paternit\u00e9 et se punissant lui-m\u00eame pour obtenir le pardon de Dieu: autant de th\u00e8mes dramatiques qui entrent dans la probl\u00e9matique philosophique de l\u2019\u00e9crivain. \u00c0 Pierre s\u2019ajoute un autre h\u00e9ros connaissant lui aussi \u00abun drame au bord de la mer\u00bb: Louis Lambert, malade, m\u00e9lancolique, est an\u00e9anti par le r\u00e9cit. Le d\u00e9sordre de la famille Cambremer l\u2019atteint par contagion. Construit sur deux lignes narratives, celle du Breton racontant l\u2019histoire des Cambremer, celle du touriste \u00e9voquant la fin de son s\u00e9jour, le r\u00e9cit fait contraster deux langues et deux genres: une histoire dramatique progressant vers sa catastrophe, une m\u00e9ditation. S\u2019y ajoute une description physique et sociale de la r\u00e9gion du Croisic.<\/p>\n<p>R\u00e9cit situ\u00e9 face \u00e0 l\u2019Oc\u00e9an, tenant de la sc\u00e8ne de la vie priv\u00e9e (une m\u00e8re aimante, un enfant soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019\u00eatre ill\u00e9gitime, un autre l\u00e9gitime), du po\u00e8me mystique brutalement interrompu et du conte philosophique, l\u2019Enfant maudit (la Revue des Deux Mondes, janvier 1831, et la Chronique de Paris, octobre 1836, puis \u00c9tudes philosophiques, Werdet,\u00a01837 et la Com\u00e9die humaine, Furne,\u00a01846), traite d\u2019un personnage po\u00e8te et r\u00eaveur proche de Louis Lambert, \u00c9tienne d\u2019H\u00e9rouville, et, \u00e0 partir des innocentes amours enfantines, le th\u00e8me de l\u2019ang\u00e9lisme d\u00e9velopp\u00e9 dans S\u00e9raph\u00eeta.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>G.\u00a0GENGEMBRE<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-524","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/524","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=524"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}