{"id":514,"date":"2026-08-03T08:27:53","date_gmt":"2026-08-03T06:27:53","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=514"},"modified":"2026-08-03T08:27:53","modified_gmt":"2026-08-03T06:27:53","slug":"zadig","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=zadig","title":{"rendered":"Zadig"},"content":{"rendered":"<p>Zadig<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ZADIG ou la Destin\u00e9e. \u00abHistoire orientale\u00bb de Fran\u00e7ois Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778), publi\u00e9e sous le titre Memnon, histoire orientale \u00e0 Amsterdam en 1747 et \u00e0 Paris chez Prault et Machuel en\u00a01748.<\/p>\n<p>Zadig s\u2019appela d\u2019abord Memnon, qui ne comportait que quinze chapitres. Selon Longchamp, secr\u00e9taire de Voltaire, ce conte aurait \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 chez la duchesse du Maine, \u00e0 Sceaux o\u00f9 le philosophe s\u2019\u00e9tait r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 la suite d\u2019un incident au jeu de la reine \u00e0 l\u2019automne\u00a01747. Longchamp a sans doute confondu ce s\u00e9jour \u00e0 Sceaux avec celui de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Mais il n\u2019a aucune raison de se tromper lorsqu\u2019il raconte que Voltaire lisait \u00e0 la duchesse des chapitres de ses contes, en particulier de Zadig. Encourag\u00e9 par les applaudissements, Voltaire d\u00e9cide de le publier en limitant l\u2019impression \u00e0 mille exemplaires. Il recourt \u00e0 une ruse \u00e9tonnante, donne la premi\u00e8re moiti\u00e9 de son manuscrit \u00e0 Prault et la seconde \u00e0 Machuel. Chaque libraire doit lui abandonner sa moiti\u00e9 d\u2019ouvrage. Il fait brocher les deux parties ensemble, qui paraissent en septembre 1748. Il r\u00e9vise le texte en\u00a01752 et en\u00a01756. Il garde en portefeuille deux chapitres, \u00abla Danse\u00bb et \u00ables Yeux bleus\u00bb, qui para\u00eetront dans l\u2019\u00e9dition de Kehl (1784).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Jeune, aimable, riche, \u00abn\u00e9 avec un beau naturel fortifi\u00e9 par l\u2019\u00e9ducation\u00bb, le Babylonien Zadig \u00abcrut qu\u2019il pouvait \u00eatre heureux\u00bb. S\u00e9mire l\u2019abandonne quand il est menac\u00e9 de devenir borgne, Azora qu\u2019il \u00e9pouse est infid\u00e8le. Il se voue \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la nature, se fait accuser d\u2019avoir vol\u00e9 le cheval du roi, la chienne de la reine, r\u00e9ussit \u00e0 se disculper; mais qu\u2019il parle ou qu\u2019il se taise, il est toujours sous le coup d\u2019une condamnation. Malgr\u00e9 la haine de \u00abl\u2019envieux\u00bb, il devient le favori du roi et de la reine. Les al\u00e9as de son sort d\u00e9pendent du hasard. Il remporte le prix de la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, est nomm\u00e9 Premier ministre, met en \u0153uvre une politique \u00e9clair\u00e9e. Son malheur vient de son bonheur m\u00eame. Il tombe amoureux de la reine Astart\u00e9 qui r\u00e9pond \u00e0 ses sentiments. Menac\u00e9 de mort, il doit s\u2019enfuir. Sur le chemin de l\u2019\u00c9gypte, il vole au secours d\u2019une femme battue par un \u00c9gyptien, tue celui-ci, est invectiv\u00e9 par la dame, arr\u00eat\u00e9 comme meurtrier et vendu comme esclave. Son ma\u00eetre, S\u00e9toc, admire sa science et sa sagesse. Il devient son ami. Zadig r\u00e9ussit \u00e0 faire abolir la coutume barbare du b\u00fbcher des veuves, et s\u2019attire ainsi la haine des pr\u00eatres. Au cours d\u2019un souper \u00e0 Bassora qui r\u00e9unit des n\u00e9gociants venus de diverses contr\u00e9es, Zadig prouve aux convives qui se querellaient pour d\u2019obscures questions de rites qu\u2019ils sont tous du m\u00eame avis et qu\u2019ils adorent un m\u00eame dieu. Condamn\u00e9 par les pr\u00eatres, il \u00e9chappe au supplice gr\u00e2ce \u00e0 Almona, une veuve qu\u2019il avait sauv\u00e9e du b\u00fbcher. S\u00e9toc \u00e9pouse Almona et Zadig prend le chemin de Babylone. En route, il est captur\u00e9 par le brigand Arbogad; il apprend que des troubles ont \u00e9clat\u00e9 \u00e0 Babylone et que le roi est devenu fou. Il obtient la permission de partir, rencontre un p\u00eacheur qui maudit sa destin\u00e9e, et lui fait rendre justice. Il trouve des femmes \u00e0 la recherche d\u2019un basilic destin\u00e9 \u00e0 gu\u00e9rir le seigneur Ogul, d\u00e9couvre la reine Astart\u00e9 parmi elles. Gr\u00e2ce \u00e0 Zadig, Ogul gu\u00e9rit et en r\u00e9compense, Astart\u00e9 est lib\u00e9r\u00e9e. Elle est re\u00e7ue triomphalement \u00e0 Babylone. Des combats doivent d\u00e9signer celui qui l\u2019\u00e9pousera. Zadig est d\u00e9clar\u00e9 vainqueur, mais l\u2019un des pr\u00e9tendants, le l\u00e2che Itobad, r\u00e9ussit \u00e0 s\u2019emparer de son armure et \u00e0 se faire d\u00e9signer \u00e0 sa place. Sur les bords de l\u2019Euphrate, Zadig rencontre l\u2019ange Jesrad d\u00e9guis\u00e9 en ermite qui lui explique, \u00e0 partir d\u2019aventures \u00e9tonnantes, le sens des choses. Zadig n\u2019est pas convaincu, l\u2019ange s\u2019envole vers le ciel. Zadig, de retour \u00e0 Babylone, r\u00e9sout des \u00e9nigmes. Il est r\u00e9tabli dans ses droits, \u00e9pouse Astart\u00e9, devient roi: \u00abOn b\u00e9nissait Zadig, et Zadig b\u00e9nissait le ciel.\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019une \u00abApprobation\u00bb d\u00e9clarant que ce manuscrit est \u00abdigne de plaire \u00e0 ceux m\u00eame qui ha\u00efssent les romans\u00bb et d\u2019une \u00ab\u00c9p\u00eetre d\u00e9dicatoire de Zadig \u00e0 la sultane Sheraa\u00bb, ennemie des \u00abcontes sans raison\u00bb, cette histoire orientale affiche un dessein philosophique inscrit dans son titre: Zadig ou la Destin\u00e9e. Voltaire avait \u00e9t\u00e9 s\u00e9duit tr\u00e8s t\u00f4t par le conte oriental. Le Crocheteur borgne, publi\u00e9 seulement en\u00a01774, date de\u00a01715. Apr\u00e8s Zadig, il exploitera cette veine dans le second Memnon (1749), le Blanc et le Noir, la Princesse de Babylone. S\u2019il go\u00fbte le charme des Mille et Une Nuits, s\u2019il leur emprunte un cadre et des anecdotes, s\u2019il garde une couleur orientale, il ne c\u00e8de pas aux illusions de la fable. Il transpose le merveilleux, injecte un sens rationnel aux histoires extraordinaires. \u00c0 titre d\u2019exemple, la gu\u00e9rison du seigneur Ogul illustre cette \u00abdialectique du rationnel et de l\u2019imaginaire\u00bb. Le m\u00e9decin Douban des Mille et Une Nuits gu\u00e9rissait un roi malade de la l\u00e8pre gr\u00e2ce \u00e0 un rem\u00e8de enferm\u00e9 dans le manche d\u2019un mail. Zadig, lui, fait croire au seigneur Ogul qu\u2019un basilic est enferm\u00e9 dans une outre qu\u2019il doit pousser de toutes ses forces. Mais il d\u00e9truit tout myst\u00e8re sur ce rem\u00e8de, r\u00e9v\u00e8le qu\u2019il n\u2019y a point de basilic, que son patient a jou\u00e9 au ballon et que l\u2019exercice l\u2019a gu\u00e9ri. M\u00eame confiscation du merveilleux \u00e0 propos du th\u00e8me des caprices de la destin\u00e9e. Les bizarreries du sort de Zadig trouvent un sens lorsque l\u2019ermite d\u00e9voile l\u2019ordre de la Providence. La r\u00e9v\u00e9lation finale a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e par les interrogations du h\u00e9ros: \u00abTout ce que j\u2019ai fait de bien a toujours \u00e9t\u00e9 pour moi une source de mal\u00e9dictions.\u00bb Elle est suivie par ses doutes, exprim\u00e9s dans ce \u00abmais\u00bb auquel l\u2019ange Jesrad ne r\u00e9pond point. Le d\u00e9nouement romanesque prouve le bien-fond\u00e9 des affirmations leibniziennes de l\u2019ange, mais l\u2019incertitude philosophique demeure, m\u00eame si Zadig tombe \u00e0 genoux et adore la Providence. Car l\u2019histoire de Zadig s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e sur un fond d\u2019erreurs et d\u2019horreurs: intrigues de cour, triomphe des m\u00e9chants, hasards heureux ou malheureux, coutumes barbares, folies humaines. Ap\u00f4tre de la tol\u00e9rance, ce h\u00e9ros exemplaire devient roi de Babylone, r\u00e9servant la part du r\u00eave dans les derni\u00e8res lignes du conte. Optimisme relatif qui sera de courte dur\u00e9e: deux ans plus tard, le second Memnon saccagera toutes ces illusions.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C.\u00a0MERVAUD<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-514","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/514","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=514"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}