{"id":512,"date":"2026-08-03T08:22:45","date_gmt":"2026-08-03T06:22:45","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=512"},"modified":"2026-08-03T08:22:45","modified_gmt":"2026-08-03T06:22:45","slug":"poeme-sur-le-desastre-de-lisbonne","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=poeme-sur-le-desastre-de-lisbonne","title":{"rendered":"Po\u00e8me sur le d\u00e9sastre de Lisbonne"},"content":{"rendered":"<p>Po\u00e8me sur le d\u00e9sastre de Lisbonne<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>PO\u00c8ME SUR LE D\u00c9SASTRE DE LISBONNE ou Examen de cet axiome: \u00abTout est bien\u00bb. Po\u00e8me de Fran\u00e7ois Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778), publi\u00e9 en 1756.<\/p>\n<p>Le\u00a01er novembre 1755, la terre tremble \u00e0 Lisbonne. Le s\u00e9isme, suivi d\u2019un raz de mar\u00e9e et d\u2019un incendie, d\u00e9truit la ville:\u00a030\u00a0000 personnes trouvent la mort. La nouvelle parvient \u00e0 Gen\u00e8ve le\u00a023\u00a0novembre. Vers le\u00a02\u00a0d\u00e9cembre, Voltaire \u00e9crit: \u00abLe tout est bien et l\u2019optimisme en ont dans l\u2019aile.\u00bb Il commence un \u00absermon\u00bb dont il envoie l\u2019\u00e9bauche, sous le sceau du secret, \u00e0 quelques amis. Une lettre anonyme lui conseille de ne pas s\u2019en prendre \u00e0 la religion: il soup\u00e7onne \u00e0 tort Haller, la lettre est du pasteur Altman. Il adoucit son texte. Des copies circulent et Voltaire fait publier son po\u00e8me en le joignant au Po\u00e8me sur la loi naturelle. Plusieurs \u00e9ditions se succ\u00e8dent en\u00a01756.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Le Po\u00e8me sur le d\u00e9sastre de Lisbonne est un discours en vers qui \u00e9voque l\u2019horreur de la catastrophe, interpelle les philosophes qui osent soutenir que \u00abtout est bien\u00bb, s\u2019interroge sur l\u2019existence du mal que permet un Dieu de bont\u00e9, \u00e9tablit le triste constat de la condition humaine, se r\u00e9signe \u00e0 ne point comprendre les voies de la Providence et dote l\u2019homme, en guise de consolation ultime, de la facult\u00e9 d\u2019esp\u00e9rer.<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Ce po\u00e8me s\u2019achevait d\u2019abord sur une fin d\u00e9solante: \u00abMon c\u0153ur compatissant g\u00e9mit sans murmurer, \/ Sans accuser le Dieu que je dois implorer.\u00bb Puis Voltaire ajoute l\u2019anecdote d\u2019un calife mourant faisant l\u2019offrande \u00e0 son Dieu de tout ce qui caract\u00e9rise l\u2019homme: d\u00e9fauts, regrets, maux; et il reprend la parole en son nom pour le mot de la fin: \u00abMais il pouvait encore ajouter l\u2019esp\u00e9rance.\u00bb Quelle esp\u00e9rance? Celle qu\u2019un jour \u00abtout sera bien\u00bb, mais dire que \u00abtout est bien\u00bb rel\u00e8ve de l\u2019illusion. La r\u00e9volte de Voltaire contre le Mal, son interrogation angoiss\u00e9e sur l\u2019homme (\u00abQue suis-je, o\u00f9 suis-je, o\u00f9 vais-je et d\u2019o\u00f9 suis-je tir\u00e9?\u00bb), sa sensibilit\u00e9 aux images de carnage s\u2019imposent ici avec force, de m\u00eame que dans les notes qu\u2019il ajoute \u00e0 son po\u00e8me.<\/p>\n<p>\u00c0 peine publi\u00e9, l\u2019ouvrage, qui remporte un beau succ\u00e8s, suscite des r\u00e9pliques et d\u2019abord celle de Jean-Jacques Rousseau du\u00a018\u00a0ao\u00fbt\u00a01756. Cette lettre, v\u00e9ritable profession de foi, insiste sur un \u00e9trange contraste: \u00abrassasi\u00e9 de gloire\u00bb, Voltaire ne trouve que du mal sur la terre; \u00abpauvre et tourment\u00e9 d\u2019un mal sans rem\u00e8de\u00bb, Jean-Jacques trouve que tout est bien. Il d\u00e9fendra jusqu\u2019\u00e0 son \u00abdernier souffle\u00bb la Providence: \u00abJe la sens, je la crois, je la veux, je l\u2019esp\u00e8re.\u00bb Voltaire accuse bri\u00e8vement r\u00e9ception de cette \u00e9p\u00eetre. Candide sera-t-il sa v\u00e9ritable r\u00e9ponse, comme le croira Rousseau?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C.\u00a0MERVAUD<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-512","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/512","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=512"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}