{"id":506,"date":"2026-08-02T16:51:13","date_gmt":"2026-08-02T14:51:13","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=506"},"modified":"2026-08-02T16:51:13","modified_gmt":"2026-08-02T14:51:13","slug":"correspondance-de-voltaire","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=correspondance-de-voltaire","title":{"rendered":"Correspondance de Voltaire"},"content":{"rendered":"<p>Correspondance (1704-1778)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>CORRESPONDANCE (1704-1778). Ensemble de lettres de Fran\u00e7ois Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778).<\/p>\n<p>Quelques lettres de Voltaire furent publi\u00e9es de son vivant et sans son assentiment. Ces \u00e9diteurs peu scrupuleux flairaient une bonne affaire commerciale, mais pressentaient aussi que ces textes \u00e0 usage priv\u00e9 resteraient des documents fascinants sur l\u2019homme et sur son temps. Voltaire n\u2019est pas un auteur \u00e9pistolaire fignolant ses missives pour la post\u00e9rit\u00e9. C\u2019est un \u00e9pistolier dont les qualit\u00e9s sont telles que sa correspondance \u00e9crite au jour le jour, et souvent sans appr\u00eat, est une de ses \u0153uvres les plus attachantes.<\/p>\n<p>L\u2019histoire de sa publication est marqu\u00e9e par quelques grands ma\u00eetres d\u2019\u0153uvre. Le corpus s\u2019est accru prodigieusement, et sans doute s\u2019accro\u00eetra-t-il encore au gr\u00e9 des d\u00e9couvertes des \u00e9rudits. La derni\u00e8re \u00e9dition, celle de Th\u00e9odore Besterman pour les \u0152uvres compl\u00e8tes de Voltaire, publi\u00e9e \u00e0 Gen\u00e8ve, puis \u00e0 Oxford, comprend quatre fois plus de textes que la premi\u00e8re \u00e9dition posthume, celle de Kehl, dirig\u00e9e par Beaumarchais (1783-1789) et deux fois plus que celle de Moland (1877-1883). Progr\u00e8s quantitatif, mais aussi qualitatif. Les premiers \u00e9diteurs furent soumis \u00e0 un certain nombre de pressions, comme le d\u00e9montre par exemple l\u2019examen de la correspondance avec Fr\u00e9d\u00e9ric\u00a0II, roi de Prusse. De nos jours, des approches scientifiques sont possibles. Nos exigences en la mati\u00e8re sont plus contraignantes, d\u2019o\u00f9 le travail immense qui a \u00e9t\u00e9 accompli: recherche et \u00e9tude des manuscrits, d\u00e9pouillement de publications anciennes, relev\u00e9 de variantes, propositions de datation, annotation. Et il reste beaucoup \u00e0 faire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9dition Besterman comprend\u00a021\u00a0221 lettres, dont plus de\u00a015\u00a0000 de Voltaire. Depuis\u00a01977, date de son dernier volume, d\u2019autres textes ont \u00e9t\u00e9 exhum\u00e9s. Elle s\u2019ouvre sur un billet sign\u00e9 des deux fils Arouet, Armand et \u00abZozo\u00bb (Fran\u00e7ois Marie) du\u00a021\u00a0d\u00e9cembre\u00a01704. Les premi\u00e8res lettres de Voltaire datent de\u00a01711. Ce jeune homme sait d\u00e9j\u00e0 conter avec humour lorsqu\u2019il rapporte les \u00e9v\u00e9nements du coll\u00e8ge \u00e0 un ami. Voltaire dicte son dernier billet quatre jours avant sa mort le\u00a026\u00a0mai\u00a01778. Il a appris la r\u00e9habilitation de Lally-Tollendal et il trouve la force de dire au fils de celui-ci qu\u2019il \u00abmourra content\u00bb. Ces milliers de lettres adress\u00e9es \u00e0\u00a01\u00a0837 destinataires (rois, pr\u00e9lats, banquiers, acteurs, amis, hommes de lettres et imprimeurs) pendant plus de soixante-cinq ans r\u00e9sistent \u00e0 toute tentative de classification. Certains correspondants sont \u00e9pisodiques; avec d\u2019autres, le dialogue s\u2019\u00e9tend sur des ann\u00e9es.<\/p>\n<p>On remarquera que la correspondance s\u2019accro\u00eet au fil des ans: un volume pour les ann\u00e9es de jeunesse jusqu\u2019en\u00a01729, un volume pour deux ans \u00e0 partir de\u00a01730, puis un volume ou un volume et demi par an \u00e0 partir de\u00a01738. Cette activit\u00e9 \u00e9pistolaire ne se ralentit pas avec l\u2019\u00e2ge. En\u00a01777, Voltaire \u00e9crit\u00a0655 lettres, il a\u00a083 ans. Et pourtant, que de lacunes! Un billet de Mme\u00a0du Ch\u00e2telet et quelques lignes de Voltaire subsistent seulement de sa correspondance avec la \u00abdivine \u00c9milie\u00bb, sans doute d\u00e9truite par M.\u00a0du Ch\u00e2telet. Le comte d\u2019Argental a conserv\u00e9 plus de\u00a01\u00a0200 lettres de Voltaire, mais ce dernier seulement\u00a041 lettres de son ami. Des\u00a0200 lettres que Voltaire \u00e9crivit de Prusse \u00e0 sa ni\u00e8ce, Mme\u00a0Denis, il ne nous est parvenu que quelques-unes. La quarantaine de textes qu\u2019avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9s l\u2019\u00e9dition de Kehl sont dus \u00e0 une supercherie: on a d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9crits en\u00a01754, et qu\u2019ils constituaient une sorte de roman par lettres o\u00f9 Voltaire r\u00e9glait ses comptes avec Fr\u00e9d\u00e9ric\u00a0II.\u00a0Plus simplement, il suffit de lire la correspondance de Voltaire sur quelques mois pour mettre en \u00e9vidence de nombreuses pertes. Il fait allusion \u00e0 des textes qu\u2019il a \u00e9crits et qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s; il r\u00e9pond \u00e0 des lettres que nous ne connaissons pas. Ce corpus \u00e9norme n\u2019est donc encore qu\u2019une partie de la correspondance de Voltaire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Par-del\u00e0 la diversit\u00e9 exceptionnelle des textes s\u2019impose la qualit\u00e9 d\u2019une pr\u00e9sence. Chaque lettre s\u2019inscrit dans un r\u00e9seau de circonstances pr\u00e9cises (destinataire, question trait\u00e9e, date). Mais du plus court billet griffonn\u00e9 \u00e0 la h\u00e2te \u00e0 la missive la plus \u00e9labor\u00e9e, m\u00ealant parfois vers et prose, du texte \u00e0 usage strictement priv\u00e9 \u00e0 celui qui sera divulgu\u00e9, Voltaire s\u2019implique, \u00e0 la fois spontan\u00e9 et calculateur. L\u2019\u00e9criture vibre de toute son ardeur de vivre, de son besoin de communication, de ses curiosit\u00e9s. Par son ampleur, par la long\u00e9vit\u00e9 de son auteur, par le r\u00f4le que celui-ci tient dans la r\u00e9publique des Lettres, cette Correspondance est une voie d\u2019acc\u00e8s privil\u00e9gi\u00e9e \u00e0 la connaissance du\u00a0XVIIIe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>On p\u00e9n\u00e8tre dans les coulisses des th\u00e9\u00e2tres (rivalit\u00e9s d\u2019acteurs et d\u2019auteurs, r\u00e9actions du public), dans les salons \u00e0 la mode, dans les cercles litt\u00e9raires. On suit Voltaire \u00e0 la cour de France, lorsqu\u2019il est devenu \u00abbaladin des rois\u00bb, assez mal vu du ma\u00eetre de c\u00e9ans, surtout \u00e0 celle de Prusse o\u00f9 le chambellan adul\u00e9 fait place \u00e0 un trublion pers\u00e9cut\u00e9 par son \u00abSalomon du Nord\u00bb. On le voit s\u2019agiter dans l\u2019ombre, offrir ses services en mati\u00e8re de diplomatie secr\u00e8te. On suit pas \u00e0 pas la chronique du temps o\u00f9 s\u2019inscrivent les faits marquants de la politique int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure des \u00c9tats europ\u00e9ens, mais aussi des modes de vie et de penser, des faits divers, mille et un d\u00e9tails du quotidien. Voici mis au jour les circuits des id\u00e9es, le jeu des institutions; voici prises sur le vif la vie parisienne dont cet exil\u00e9 de la capitale se languit, la vie \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (Angleterre, Prusse, Suisse), la vie provinciale en Alsace ou \u00e0 Ferney. Rien de synth\u00e9tique, mais une suite d\u2019instantan\u00e9s et de multiples variations.<\/p>\n<p>Chaque \u00e9poque est domin\u00e9e par les pr\u00e9occupations du moment, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une \u00e9dition, d\u2019une trag\u00e9die, de d\u00e9marches personnelles, d\u2019\u00e9v\u00e9nements comme l\u2019\u00e9tablissement aux D\u00e9lices, puis \u00e0 Ferney, de pr\u00e9occupations scientifiques, historiques ou philosophiques suivant les travaux en cours. Dans cette existence tumultueuse, les affaires s\u2019encha\u00eenent sans r\u00e9pit: luttes contre Maupertuis, La Beaumelle ou Lefranc de Pompignan, campagnes d\u2019opinion en faveur des Calas, des Sirven, de Gaillard d\u2019\u00c9tallonde rescap\u00e9 du drame d\u2019Abbeville (voir le Cri du sang innocent). Le m\u00eame th\u00e8me est trait\u00e9 suivant des optiques diff\u00e9rentes; le ton varie, s\u2019adapte \u00e0 chacun, prend en compte ses int\u00e9r\u00eats, refl\u00e8te la place que chaque correspondant occupe dans la pens\u00e9e de Voltaire. Au fil des mois, voici des lettres de direction adress\u00e9es aux \u00abfr\u00e8res\u00bb engag\u00e9s dans la lutte contre l\u2019Inf\u00e2me, des discussions sans fin sur tel d\u00e9tail de mise en sc\u00e8ne avec d\u2019Argental charg\u00e9 du \u00abtripot\u00bb, des r\u00e9flexions \u00e0 l\u2019usage de Mme\u00a0du Deffand, aveugle et d\u00e9sabus\u00e9e, des demandes d\u2019information aupr\u00e8s d\u2019un historien comme le pr\u00e9sident H\u00e9nault, des commandes urgentes, Mme\u00a0Denis ayant besoin de mille et une bagatelles, des remontrances aux imprimeurs, des billets aux banquiers, des tours d\u2019horizon politiques et philosophiques avec le disciple admir\u00e9, ha\u00ef et secr\u00e8tement ch\u00e9ri, Fr\u00e9d\u00e9ric\u00a0II, des conseils \u00e0 La Harpe ou Marmontel, des remarques sur la Providence d\u00e9p\u00each\u00e9es aux pasteurs suisses. Aucune de ces lettres n\u2019est sans objet. Voltaire s\u2019est astreint \u00e0 ne jamais \u00e9crire pour \u00e9crire, ce serait \u00abm\u00e2cher \u00e0 vide\u00bb. De l\u00e0 une correspondance d\u2019homme d\u2019action, ce qui n\u2019implique nullement que la sensibilit\u00e9 en soit absente. Mais elle s\u2019exprime de mani\u00e8re d\u00e9tourn\u00e9e, se masque d\u2019humour, cultive surtout les joies de l\u2019amiti\u00e9, se compla\u00eet dans des jeux ou des coquetteries ou se d\u00e9cha\u00eene en violences verbales contre les b\u00eates noires de l\u2019auteur. L\u2019essentiel reste la t\u00e2che \u00e0 accomplir, le message \u00e0 diffuser. Ces lettres mettent en contact avec une personnalit\u00e9 hors de pair, r\u00e9v\u00e9l\u00e9e dans ses multiples facettes, qui r\u00e9agit de mani\u00e8re vigoureuse et qui sait plaire. Elles procurent aussi tous les plaisirs d\u2019une \u0153uvre qui jaillit de la vie. Une pratique de l\u2019\u00e9criture o\u00f9 l\u2019art est devenu pour Voltaire une seconde nature fait que l\u2019on se trouve devant une r\u00e9alit\u00e9 litt\u00e9raire tr\u00e8s diff\u00e9rente du simple document. Chaque texte m\u00e9rite d\u2019\u00eatre d\u00e9crypt\u00e9: Voltaire vaut d\u2019\u00eatre connu dans ses v\u00e9rit\u00e9s successives, appr\u00e9ci\u00e9 pour son usage souverain de la langue, et peut-\u00eatre est-ce \u00e0 travers la \u00ablentille d\u00e9formante\u00bb de la lettre qu\u2019on peut le mieux le saisir. Il reste sans doute l\u2019un des ma\u00eetres du dialogue des absents.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C.\u00a0MERVAUD<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-506","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/506","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=506"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}