{"id":501,"date":"2026-08-02T15:22:45","date_gmt":"2026-08-02T13:22:45","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=501"},"modified":"2026-08-02T15:23:12","modified_gmt":"2026-08-02T13:23:12","slug":"reveries-du-promeneur-solitaire-les","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=reveries-du-promeneur-solitaire-les","title":{"rendered":"R\u00eaveries du promeneur solitaire (les)"},"content":{"rendered":"<p>R\u00eaveries du promeneur solitaire (les)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>R\u00caVERIES DU PROMENEUR SOLITAIRE (les). Ouvrage autobiographique de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), publi\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 typographique en 1782.<\/p>\n<p>Cette suite de dix promenades compos\u00e9e par Rousseau dans les derniers mois de sa vie (octobre\u00a01776 &#8211; avril 1778) parut dans le m\u00eame volume que les six premiers livres des Confessions. \u00c0 l\u2019entendre, Rousseau n\u2019a d\u00e9sormais \u00abplus rien \u00e0 dire qui puisse le m\u00e9riter\u00bb: les R\u00eaveries, simple \u00abregistre\u00bb des m\u00e9ditations et des abandons quotidiens, seront une sorte de journal intime. Le plaidoyer des Dialogues (voir Rousseau juge de Jean-Jacques) est devenu monologue dans ce livre inachev\u00e9 et d\u00e9cousu, n\u00e9 de notes jet\u00e9es sur des cartes \u00e0 jouer. Justifications, id\u00e9es, anecdotes s\u2019entrecroisent, se lient avec une apparente fantaisie. Mais plusieurs th\u00e8mes organisent l\u2019ouvrage, donnent une unit\u00e9 de couleur et de sonorit\u00e9 \u00e0 chaque promenade et se r\u00e9pondent de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre. Le style de ces \u00abPromenades\u00bb, que l\u2019on peut consid\u00e9rer comme de v\u00e9ritables po\u00e8mes en prose, est souvent ce style coup\u00e9 cher \u00e0 Tacite ou \u00e0 S\u00e9n\u00e8que, qui met en valeur la discontinuit\u00e9, la volubilit\u00e9 d\u2019un discours qui, par sa bri\u00e8vet\u00e9 m\u00eame, veut faire comprendre plus qu\u2019il ne dit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>La \u00abpremi\u00e8re Promenade\u00bb expose l\u2019objet du livre. Seul, calme, \u00abtranquille au fond de l\u2019ab\u00eeme\u00bb, \u00abimpassible comme Dieu m\u00eame\u00bb, Rousseau entend d\u00e9sormais ne plus s\u2019occuper que de lui-m\u00eame. Il consacrera son temps \u00e0 s\u2019\u00e9tudier, pr\u00e9parant ainsi \u00able compte\u00bb qu\u2019il ne tardera pas \u00e0 rendre devant Dieu. Il reprend donc l\u2019examen \u00abs\u00e9v\u00e8re et sinc\u00e8re\u00bb des Confessions. Son bonheur ne pouvant plus gu\u00e8re trouver d\u2019autre refuge que celui de la conversation avec son \u00e2me et son \u00e2ge lui faisant chaque jour constater davantage la perte des charmantes contemplations qui animent ses promenades, il fait le projet de fixer par l\u2019\u00e9criture celles qui peuvent encore lui venir. Il notera ainsi toutes ses id\u00e9es, comme elles lui viennent et sans autre liaison.<\/p>\n<p>La \u00abdeuxi\u00e8me Promenade\u00bb a pour cadre un paysage d\u2019automne, entre Charonne et M\u00e9nilmontant. Rousseau y raconte son accident du\u00a024\u00a0octobre\u00a01776. Un chien le renverse. Il perd connaissance. Un moment, il n\u2019a plus souvenir, plus aucune notion de son identit\u00e9. Cette amn\u00e9sie ne lui laisse que le pur sentiment de son existence. Mais le bruit de sa mort se r\u00e9pand et lui revient bient\u00f4t.<br \/>\nDans la \u00abtroisi\u00e8me Promenade\u00bb, Rousseau examine les dispositions de son \u00e2me en ce qui touche ses sentiments religieux. Il remonte ainsi le chemin qui l\u2019a conduit \u00e0 \u00e9crire \u00abla Profession de foi du vicaire savoyard\u00bb (voir l\u2019\u00c9mile).<\/p>\n<p>La \u00abquatri\u00e8me Promenade\u00bb est une dissertation sur le mensonge. Rousseau r\u00e9affirme son remords d\u2019avoir fait injustement accuser une domestique, \u00e0 Turin, pour se d\u00e9fendre d\u2019un vol qu\u2019il avait commis (voir Confessions,\u00a0II).<br \/>\nLa \u00abcinqui\u00e8me Promenade\u00bb est une rem\u00e9moration du bonheur v\u00e9cu \u00e0 l\u2019\u00eele Saint-Pierre. Le ton se fait d\u00e9pouill\u00e9, presque mystique; le regard est perdu dans une confuse et apaisante phosphorescence. Le flux et reflux de l\u2019eau, dont le murmure r\u00e9gulier d\u00e9double le rythme, plonge Rousseau dans une extase ravissante.<\/p>\n<p>La \u00absixi\u00e8me Promenade\u00bb part du constat que nos actions machinales ont souvent des causes cach\u00e9es. Rousseau donne l\u2019exemple de ce d\u00e9tour qu\u2019il fait sans y penser en allant herboriser le long de la Bi\u00e8vre, du c\u00f4t\u00e9 de Gentilly, pour \u00e9viter de rencontrer un gamin qu\u2019il a pris l\u2019habitude de cajoler. Cette habitude a fini par lui peser et, surtout, l\u2019enfant l\u2019ayant appel\u00e9 par son nom, Rousseau en est venu \u00e0 soup\u00e7onner qu\u2019il ait part au \u00abcomplot\u00bb. Dans la suite de la \u00abpromenade\u00bb, Rousseau se livre \u00e0 un examen de conscience. Il doit le reconna\u00eetre, il est incapable de vaincre, par devoir, ses penchants. Et peut-\u00eatre faut-il soup\u00e7onner quelque orgueil dans son comportement de fuite \u00e0 l\u2019\u00e9gard des hommes. Au fond, il se sent trop au-dessus d\u2019eux pour les ha\u00efr.<\/p>\n<p>La \u00absepti\u00e8me Promenade\u00bb prolonge la pr\u00e9c\u00e9dente. Le recueil de ses longs r\u00eaves \u00e0 peine commenc\u00e9, Rousseau sent d\u00e9j\u00e0 qu\u2019il touche \u00e0 sa fin. Un autre \u00abamusement\u00bb lui succ\u00e8de, l\u2019herborisation. Avec la connaissance de lui-m\u00eame, elle est son dernier loisir. Mais quel attrait trouve-t-il donc dans cette vaine \u00e9tude de la botanique faite sans profit et sans progr\u00e8s? Il se souvient de quelques herborisations. Les plantes de son herbier renouvellent l\u2019impression des lieux qu\u2019il ne reverra plus. C\u2019est donc finalement la \u00abcha\u00eene des id\u00e9es accessoires\u00bb qui l\u2019attache \u00e0 la botanique.<\/p>\n<p>La \u00abhuiti\u00e8me Promenade\u00bb est un nouvel examen de conscience, dans le style de Marc-Aur\u00e8le. Les r\u00e9solutions de paix int\u00e9rieure ont une inspiration nettement sto\u00efcienne. Rousseau se convainc, en effet, que la sagesse est de ne plus voir dans le mal et derri\u00e8re les actes qui le blessent qu\u2019une simple atteinte mat\u00e9rielle et non une intention. Puis, comme \u00e0 la fin de la \u00absixi\u00e8me Promenade\u00bb, Rousseau pourchasse les derni\u00e8res s\u00e9quelles d\u2019amour-propre dont il devine encore le murmure en son c\u0153ur. L\u2019innocent pers\u00e9cut\u00e9 ne tend-il pas en fait \u00e0 d\u00e9guiser en amour de la justice l\u2019orgueil de son petit individu?<\/p>\n<p>Dans la \u00abneuvi\u00e8me Promenade\u00bb, Rousseau se justifie encore une fois de l\u2019abandon de ses enfants (voir Confessions,\u00a0VII). Il dit le plaisir que lui donnent les enfants, notamment \u00e0 travers les souvenirs d\u2019un jeu avec des petites filles et d\u2019une f\u00eate \u00e0 la Chevrette, chez Mme\u00a0d\u2019\u00c9pinay. Cette promenade consacre l\u2019empire des signes. Signes de joie et d\u2019affection sur les visages d\u2019enfants que bient\u00f4t Rousseau, vieillissant et craignant d\u2019importuner et de repousser les bambins, est r\u00e9duit \u00e0 chercher chez les animaux. Signes d\u2019abord cordiaux, puis mena\u00e7ants, des paysans, des invalides de l\u2019\u00c9cole militaire. Le soup\u00e7on revient, plus fort que jamais. Rousseau n\u2019ose plus traverser les villages, certain d\u2019y \u00eatre reconnu.<\/p>\n<p>La courte et inachev\u00e9e \u00abdixi\u00e8me Promenade\u00bb c\u00e9l\u00e8bre la m\u00e9moire de Mme\u00a0de Warens, rencontr\u00e9e tout juste cinquante ans auparavant. Cette premi\u00e8re rencontre d\u00e9cida de sa vie et produisit, par un encha\u00eenement in\u00e9vitable, le destin du reste de ses jours.<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>En un si\u00e8cle sensualiste, la r\u00eaverie ne peut qu\u2019\u00eatre directement inspir\u00e9e par son environnement, suscit\u00e9e par ses entours. Elle n\u2019a lieu qu\u2019avec le concours d\u2019une impression ext\u00e9rieure. Elle devient le reflet dans l\u2019\u00e2me du \u00abpaysage\u00bb, au sens le plus large. Elle est un retentissement: Mme\u00a0de S\u00e9vign\u00e9, d\u00e9j\u00e0, avait parl\u00e9 en ce sens de la noirceur de ses r\u00eaveries dans les bois. En m\u00eame temps, la r\u00eaverie est vagabondage de l\u2019\u00e2me, abandon au fil de la conscience: c\u2019est ainsi que dans les Entretiens sur la pluralit\u00e9 des mondes de Fontenelle, le ciel \u00e9toil\u00e9 favorise la r\u00eaverie et un certain d\u00e9sordre de la pens\u00e9e dans lequel on ne tombe pas sans plaisir. L\u2019originalit\u00e9 de Rousseau est de faire du songe tout \u00e9veill\u00e9 une exp\u00e9rience existentielle.<\/p>\n<p>Il y a deux types de r\u00eaveries chez Rousseau. Certaines, les \u00abchim\u00e8res\u00bb, suivent un v\u00e9ritable sc\u00e9nario. \u00c0 la fin de la quatri\u00e8me des Lettres \u00e0 M.\u00a0le pr\u00e9sident de Malesherbes, Rousseau donne un exemple de ces soci\u00e9t\u00e9s charmantes que son imagination compose: le mar\u00e9chal de Luxembourg y devient un bon gentilhomme de campagne, etc. C\u2019est ainsi \u00e9galement que la Nouvelle H\u00e9lo\u00efse est n\u00e9e de r\u00eaveries. D\u2019autres, comme celles qui le prennent \u00e0 l\u2019\u00eele Saint-Pierre, sont sans objet et inspirent une pure empathie avec la Nature et la Cr\u00e9ation: alors les limites de l\u2019existence personnelle s\u2019effacent, et le moi conna\u00eet \u00e0 la fois une extension et un oubli de lui-m\u00eame dans l\u2019espace limpide.<\/p>\n<p>Mais toutes les r\u00eaveries sont source de jouissance. Qu\u2019elles s\u2019\u00e9laborent en retrait de la vie r\u00e9elle, pour la r\u00e9cup\u00e9rer en quelque sorte, ou qu\u2019elles s\u2019\u00e9vanouissent dans une pure saisie de l\u2019\u00eatre, elles procurent un sentiment exalt\u00e9 d\u2019existence, de pl\u00e9nitude et de certitude de soi. En elles, Rousseau retrouve sa nature profonde, soit parce qu\u2019elles lui offrent la possibilit\u00e9 de se reprendre dans une vie mieux faite (plus r\u00e9elle n\u2019h\u00e9sitera pas \u00e0 dire Rousseau) et de \u00absonger au prix qu\u2019aurait m\u00e9rit\u00e9\u00a0[son] c\u0153ur\u00bb, soit encore parce qu\u2019elles lui assurent la jouissance d\u2019une pure et imm\u00e9diate proximit\u00e9 \u00e0 soi. \u00c0 la limite, comme l\u2019indique la troisi\u00e8me Lettre \u00e0 Malesherbes, la r\u00eaverie est un pur \u00e9lan, un \u00e9lancement du c\u0153ur vers une jouissance dont il n\u2019a m\u00eame pas l\u2019id\u00e9e. C\u2019est alors \u00abun sentiment tr\u00e8s vif et une tristesse attirante\u00bb qui, prenant appui sur l\u2019inexplicable vide int\u00e9rieur, nous tourne vers \u00abl\u2019\u00eatre incompr\u00e9hensible qui embrasse tout\u00bb. Le moi est \u00abaccabl\u00e9 avec volupt\u00e9 du poids de l\u2019univers entier\u00bb.<\/p>\n<p>Mais pourquoi \u00e9crire encore? Un tel plaisir ne se suffirait-il pas \u00e0 lui-m\u00eame? Rousseau prend soin de pr\u00e9ciser qu\u2019il n\u2019\u00e9crit ces R\u00eaveries qu\u2019\u00e0 son seul usage. L\u2019ext\u00e9riorisation \u00e9crite de ses songes se justifie par la crainte d\u2019un moi \u00e0 venir diminu\u00e9, r\u00e9duit \u00e0 se souvenir, incapable de renouveler l\u2019acte m\u00eame qui procure ces r\u00eaveries, qu\u2019il s\u2019attend, en cons\u00e9quence, \u00e0 voir devenir plus froides de jour en jour, jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019ennui de les \u00e9crire lui en \u00f4te le courage. L\u2019objet du livre est donc de programmer la m\u00e9moire future, de s\u2019assurer d\u2019un bonheur \u00e0 venir: Rousseau r\u00eave pour vivre et \u00e9crit pour revivre. Les R\u00eaveries tendent \u00e0 rien de moins qu\u2019\u00e0 supprimer la diff\u00e9rence entre la parole et ce qu\u2019elle exprime. Les mots doivent fixer le pr\u00e9sent sauvegard\u00e9, entretenir l\u2019immanence; l\u2019imm\u00e9diat restaur\u00e9 assurera le r\u00e8gne d\u2019une valeur personnelle soustraite \u00e0 la prise de la dur\u00e9e: voil\u00e0 le seul bonheur vraiment plein qui puisse ne laisser aucun vide dans l\u2019\u00e2me (\u00abcinqui\u00e8me Promenade\u00bb). La r\u00eaverie, ainsi capitalis\u00e9e, suscitera une r\u00eaverie seconde, autorisera d\u2019infinis redoublements. \u00c0 d\u00e9faut d\u2019une r\u00eaverie imm\u00e9diate, devenue plus difficile, la lecture r\u00e9p\u00e9tera ind\u00e9finiment la jouissance. L\u2019\u0153uvre, sans destinataire, se m\u00e9tamorphosera en bonheur v\u00e9cu; l\u2019art redeviendra nature, vie.<\/p>\n<p>Ce projet est-il atteint? Rousseau r\u00eave finalement bien peu au cours de ces dix \u00abpromenades\u00bb. Le climat est souvent sombre. Rousseau se prom\u00e8ne dans les chemins de banlieue car il craint les rencontres dans les rues de Paris. Le sentiment de pers\u00e9cution est \u00e0 son paroxysme: la certitude d\u2019\u00eatre victime devance maintenant toute preuve, toute argumentation; la \u00abhuiti\u00e8me Promenade\u00bb, surtout, consacre l\u2019empire des signes: un geste, un coup d\u2019\u0153il d\u2019un inconnu, suffisent \u00e0 troubler le plaisir de Rousseau, ou \u00e0 calmer sa peine; la r\u00e9alit\u00e9 m\u00eame est devenue un songe. Comme, dans ses r\u00eaveries, l\u2019\u00e2me se laisse illuminer, elle se laisse terrifier dans ses rencontres et ne se reconna\u00eet plus pour rien dans l\u2019\u00e9laboration des sens. Parce qu\u2019ils oublient ou n\u00e9gligent de le saluer, les invalides de l\u2019\u00c9cole militaire ont s\u00fbrement \u00e9t\u00e9 \u00abpr\u00e9venus\u00bb et mont\u00e9s contre lui: Rousseau a soudain la certitude qu\u2019ils participent au \u00abcomplot\u00bb, tout comme cet enfant qui se met \u00e0 l\u2019appeler par son nom. Le d\u00e9bat des Dialogues a pris fin: l\u2019\u00e9vidence est d\u00e9sormais si grande qu\u2019elle rend inutile toute interpr\u00e9tation. De sorte que les R\u00eaveries offrent le d\u00e9sagr\u00e9able tableau de l\u2019enfermement: Rousseau ne peut plus \u00eatre \u00e0 lui que lorsqu\u2019il est seul. \u00c0 d\u00e9faut, il est \u00able jouet de tous ceux qui l\u2019entourent\u00bb. Il ne peut \u00e9chapper \u00e0 ses impressions, il est emmur\u00e9 dans l\u2019\u00e9vidence. Alors, \u00abseul sur la terre\u00bb, il fait le projet de se suffire \u00e0 lui-m\u00eame, \u00abcomme Dieu\u00bb, de ne jouir que de soi, de sa seule existence. Ce sentiment, affirme-t-il, d\u00e9pouill\u00e9 de tout autre affection, est par lui m\u00eame un sentiment pr\u00e9cieux et suffisant de contentement et de paix. Mais \u00e0 mesure que l\u2019\u00e2me gagne cette s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 cosmique, cette jouissance de soi \u00e9th\u00e9r\u00e9e, le monde quotidien alentour s\u2019ass\u00e8che et s\u2019appauvrit: la morale de communication et d\u2019\u00abexplication\u00bb des Dialogues est bien loin. Les autres n\u2019apparaissent plus que comme des \u00eatres m\u00e9caniques n\u2019agissant que par impulsion (\u00abhuiti\u00e8me Promenade\u00bb): ce sont des \u00abmasses diff\u00e9remment mues, d\u00e9pourvues \u00e0\u00a0[son] \u00e9gard de toute moralit\u00e9\u00bb, de sorte qu\u2019il faut calculer leurs actions selon les strictes lois du mouvement et non en leur supposant des intentions ou des passions. Pour Rousseau, les dispositions int\u00e9rieures d\u2019autrui cessent d\u2019\u00eatre quelque chose qu\u2019il faut consid\u00e9rer: ce jugement assurera d\u00e9sormais la tranquillit\u00e9 de sa vie. Voil\u00e0 le dernier mot de celui qui mieux que personne \u00e9tait \u00abfait pour aimer et \u00eatre aim\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>G.\u00a0ALM\u00c9RAS<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-501","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/501","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=501"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}