{"id":495,"date":"2026-08-02T15:06:41","date_gmt":"2026-08-02T13:06:41","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=495"},"modified":"2026-08-02T15:06:41","modified_gmt":"2026-08-02T13:06:41","slug":"genie-du-christianisme","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=genie-du-christianisme","title":{"rendered":"G\u00e9nie du christianisme"},"content":{"rendered":"<p>G\u00e9nie du christianisme<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>G\u00c9NIE DU CHRISTIANISME ou Beaut\u00e9s de la religion chr\u00e9tienne. Essai de Fran\u00e7ois-Ren\u00e9, vicomte de Chateaubriand (1768-1848), publi\u00e9 \u00e0 Paris chez Migneret en 1802. Divers fragments avaient \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s en pr\u00e9originales, notamment dans la \u00abLettre au citoyen Fontanes sur la seconde \u00e9dition de l\u2019ouvrage\u00a0[De la litt\u00e9rature] de Mme\u00a0de Sta\u00ebl\u00bb (Mercure de France,\u00a022\u00a0d\u00e9cembre\u00a01800); Atala (ins\u00e9r\u00e9 dans la troisi\u00e8me partie, livre cinqui\u00e8me) fut publi\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment \u00e0 Paris chez Migneret en avril 1801. Une \u00e9dition avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 Londres en\u00a01799-1800, une autre \u00e0 Paris en\u00a01800-1801: il reste des fragments de ce \u00abpremier G\u00e9nie du christianisme\u00bb et de son \u00e9dition avort\u00e9e, fragments publi\u00e9s chez Pourrat, en\u00a01838, dans une \u00e9dition des \u0152uvres compl\u00e8tes. Les quatri\u00e8me et cinqui\u00e8me \u00e9ditions, \u00e0 Lyon chez Ballanche (1804,\u00a01809), sont presque identiques \u00e0 celle des \u0152uvres compl\u00e8tes de Chateaubriand (1826-1827).<\/p>\n<p>Commenc\u00e9 \u00e0 Londres en\u00a01799, deux ans apr\u00e8s la publication de l\u2019Essai sur les r\u00e9volutions, le G\u00e9nie, projet\u00e9 comme brochure seulement, prend de l\u2019ampleur au cours de cette ann\u00e9e m\u00eame, peut-\u00eatre \u00e0 la suite de la mort de la m\u00e8re de Chateaubriand, mort qui aurait provoqu\u00e9, chez le fils, une esp\u00e8ce de conversion. Or s\u2019il reste, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du texte d\u00e9finitif, de longs passages et de longues descriptions autobiographiques, l\u2019\u0153uvre est essentiellement un trait\u00e9 apolog\u00e9tique du christianisme, c\u00e9l\u00e9br\u00e9e en tant que telle par l\u2019ami de l\u2019auteur, Fontanes, et par sa ma\u00eetresse du moment, Pauline de Beaumont, chez laquelle la r\u00e9daction se termine en\u00a01801. \u0152uvre personnelle et \u0153uvre de circonstance, le G\u00e9nie ne rel\u00e8ve d\u2019aucun genre particulier, si ce n\u2019est de l\u2019essai politique et moral \u00e0 la mani\u00e8re du De l\u2019esprit des lois de Montesquieu, souvent cit\u00e9 par Chateaubriand, et qui avait fait pour le gouvernement de la soci\u00e9t\u00e9 ce que ce dernier t\u00e2che de faire dans l\u2019ordre religieux (pour Chateaubriand, J\u00e9sus-Christ est le \u00abl\u00e9gislateur des chr\u00e9tiens\u00bb). En tant qu\u2019apologie, le G\u00e9nie a des pr\u00e9curseurs connus, de Pascal \u00e0 F\u00e9nelon. Cependant, paraissant quatre jours avant le Te Deum \u00e0 Notre-Dame de Paris c\u00e9l\u00e9brant\u00a0\u2014 d\u00e9tail symbolique\u00a0\u2014 la paix nouvellement conclue entre la France et l\u2019Angleterre (pays d\u2019exil de Chateaubriand) et le Concordat qui scelle la r\u00e9habilitation du catholicisme en France, le G\u00e9nie appara\u00eet autant comme une d\u00e9fense de la religion chr\u00e9tienne que d\u2019un certain ordre nouveau. Ce qui ne manqua pas de susciter de vives critiques, notamment de la part des Id\u00e9ologues, Ginguen\u00e9 en t\u00eate, qui voyaient dans le texte la d\u00e9fection de l\u2019auteur de l\u2019Essai sur les r\u00e9volutions. La D\u00e9cade philosophique, feuille des Id\u00e9ologues, et le Mercure, p\u00e9riodique des nouveaux bien-pensants tels que Fontanes, se dress\u00e8rent l\u2019un contre l\u2019autre, et Chateaubriand finit par publier une D\u00e9fense du \u00abG\u00e9nie du christianisme\u00bb (1803, chez Migneret), dans laquelle il r\u00e9sume sa position par rapport aux philosophes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>L\u2019ouvrage est divis\u00e9 en quatre parties, chacune comportant six livres. Les deux extr\u00e9mit\u00e9s sont r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00c9glise, les deux sections interm\u00e9diaires aux effets de la religion sur la litt\u00e9rature et les beaux-arts. \u00c9tant parti pour d\u00e9fendre et convaincre, Chateaubriand doit s\u2019occuper \u00e0 la fois d\u2019exposer des faits et d\u2019expliquer des effets.<br \/>\nEn cons\u00e9quence, dans la premi\u00e8re partie, Chateaubriand parcourt les \u00abDogmes et Doctrines\u00bb de l\u2019\u00c9glise chr\u00e9tienne, tout en les comparant, s\u2019il y a lieu, aux croyances du polyth\u00e9isme, en particulier \u00e0 la religion grecque et romaine. De la Trinit\u00e9 jusqu\u2019au Jugement dernier, en passant par les sacrements, les lois morales, la cosmogonie (incluant la condition originelle et la Chute de l\u2019homme), il dresse un tableau de l\u2019univers chr\u00e9tien, tout en y ajoutant une description de la nature propre \u00e0 prouver l\u2019existence de Dieu (livre cinqui\u00e8me).<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me partie propose une \u00abPo\u00e9tique du christianisme\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire une explication des effets de la foi chr\u00e9tienne et de ses images sur la litt\u00e9rature. Comparant continuellement la litt\u00e9rature qui a subi l\u2019influence du christianisme \u00e0 la litt\u00e9rature antique, \u00e0 Hom\u00e8re et \u00e0 Virgile, Chateaubriand conclut \u00e0 la sup\u00e9riorit\u00e9 de la litt\u00e9rature chr\u00e9tienne, plus \u00e9lev\u00e9e, plus morale, plus dramatique: Andromaque et Ph\u00e8dre de Racine surpassent les mod\u00e8les classiques. \u00c0 la fin, Ren\u00e9 (livre\u00a0III, chap.\u00a0IX) est donn\u00e9 comme exemple d\u2019une vie emport\u00e9e par des passions sans but chr\u00e9tien, alors que Paul et Virginie exprime la sublimation chr\u00e9tienne de l\u2019existence. Dans le domaine du merveilleux, Chateaubriand s\u2019arr\u00eate \u00e0 la po\u00e9sie de Dante, de Milton et de Racine pour prouver la beaut\u00e9 des images chr\u00e9tiennes et leur caract\u00e8re plus attachant fond\u00e9 sur une int\u00e9gration de la morale. Finalement, les deux origines du merveilleux chr\u00e9tien et pa\u00efen, la Bible et Hom\u00e8re, sont compar\u00e9es.<\/p>\n<p>Dans la troisi\u00e8me partie consacr\u00e9e aux \u00abbeaux-arts et\u00a0[\u00e0 la] litt\u00e9rature\u00bb, Chateaubriand s\u2019arr\u00eate, en architecture, aux \u00e9glises gothiques, monuments r\u00e9sumant une histoire et une tradition chr\u00e9tiennes; en peinture, aux sujets chr\u00e9tiens tels que le sacrifice d\u2019Abraham; et, plus longuement, en philosophie, \u00e0 la science sans religion du Si\u00e8cle des lumi\u00e8res, \u00e0 quoi il oppose la pens\u00e9e et la morale du Grand Si\u00e8cle, en citant, comme exemples, Pascal, La Bruy\u00e8re, Bossuet et F\u00e9nelon. Un livre sur l\u2019\u00e9loquence et les orateurs poursuit le m\u00eame point de vue, et la troisi\u00e8me partie finit par des r\u00e9flexions capitales sur le rapport entre nature, religion et passions, r\u00e9flexions qui partent d\u2019images de ruines et de sentiments de mort\u00a0\u2014 le tout se terminant par l\u2019histoire d\u2019Atala.<\/p>\n<p>La quatri\u00e8me partie sur \u00able Culte\u00bb chr\u00e9tien est un aper\u00e7u historique de la position sociale de l\u2019\u00c9glise, de ses traditions, de ses monuments, de son action ext\u00e9rieure (missions, en particulier celle des j\u00e9suites au Paraguay), et int\u00e9rieure (surtout son influence sur le gouvernement de la soci\u00e9t\u00e9).<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>La fa\u00e7on de proc\u00e9der de Chateaubriand est tout \u00e0 fait originale et novatrice. Apolog\u00e9tique, il l\u2019est comme Pascal, qu\u2019il cite souvent, cherchant \u00e0 prouver l\u2019excellence de la religion chr\u00e9tienne par rapport aux autres syst\u00e8mes de pens\u00e9e. Or pour avancer vers ce but, il emprunte deux voies, celle qui passe par les sentiments de l\u2019homme face aux \u0153uvres de la nature et de la culture, et celle qui traverse toutes les r\u00e9ussites historiques du christianisme. Loin de vouloir prouver scientifiquement ce qui, pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00e9chappe, et doit \u00e9chapper \u00e0 la science, Chateaubriand passe, en Histoire, de l\u2019effet \u00e0 la cause, et, au niveau de la personne humaine, par les sentiments, ou le c\u0153ur, qui doivent \u00eatre mobilis\u00e9s lorsqu\u2019il s\u2019agit de la foi. L\u2019historien de l\u2019Essai sur les r\u00e9volutions cherche toujours l\u2019objectivit\u00e9, mais il est doubl\u00e9, d\u00e9sormais, par un sujet romantique qui cherche \u00e0 convaincre en parlant du c\u0153ur au c\u0153ur. R\u00e9cusant la philosophie du\u00a0XVIIIe si\u00e8cle, la \u00abscience\u00bb et l\u2019id\u00e9e de perfectibilit\u00e9, Chateaubriand tente de faire du christianisme une pens\u00e9e moderne. Avancer que \u00abla science entre les mains de l\u2019homme dess\u00e8che le c\u0153ur, d\u00e9senchante la nature, m\u00e8ne les esprits faibles \u00e0 l\u2019ath\u00e9isme, et de l\u2019ath\u00e9isme au crime\u00bb (III,\u00a0II,\u00a01), c\u2019est rejeter tout le si\u00e8cle des Philosophes et s\u2019\u00e9riger en ap\u00f4tre du sentiment, de la nature et de la foi.<\/p>\n<p>Le sentiment constitue bien le point de d\u00e9part de Chateaubriand, lorsqu\u2019il parle du myst\u00e8re: \u00abLes sentiments les plus merveilleux sont ceux qui nous agitent un peu confus\u00e9ment\u00bb (I,\u00a0I,\u00a02); l\u2019\u00e9crivain les oppose \u00e0 la raison, \u00abqui n\u2019a jamais s\u00e9ch\u00e9 une larme\u00bb (ibid.,\u00a04), et \u00e0 l\u2019ath\u00e9isme, qui \u00ab\u00e9tale un c\u0153ur que rien ne peut troubler\u00bb (I,\u00a0VI,\u00a05). De l\u00e0, il est facile de passer \u00e0 une attaque contre l\u2019histoire r\u00e9cente de la soci\u00e9t\u00e9. En effet, voyant dans la constitution primitive de l\u2019homme un \u00abparfait accord du sentiment et de la pens\u00e9e, de l\u2019imagination et de l\u2019entendement\u00bb (I,\u00a0III,\u00a03) et dans la Chute une perturbation de cet ordre par la division de l\u2019homme en raison et passions, Chateaubriand peut soutenir que \u00abc\u2019est \u00e0 la vanit\u00e9 du savoir que nous devons presque tous nos malheurs\u00bb. Ceux qui ont \u00abport\u00e9 une seconde fois la main sur le fruit de la science\u00bb (I,\u00a0IV,\u00a03) ont quasiment provoqu\u00e9 la R\u00e9volution. Le syst\u00e8me de perfectibilit\u00e9 est donc faux, et la v\u00e9rit\u00e9 du dogme de la Chute est prouv\u00e9e, point sur lequel Chateaubriand invoque l\u2019autorit\u00e9 de Pascal (I,\u00a0III,\u00a03). Aux d\u00e9pens du savoir, la voie est grande ouverte aux sentiments.<\/p>\n<p>Pour prouver l\u2019\u00abexistence de Dieu\u00a0[&#8230;] par les merveilles de la nature\u00bb (titre de\u00a0I,\u00a0V), Chateaubriand voit dans le rapport entre l\u2019homme et la nature un accord parfait. Conception anthropocentriste, bien dans l\u2019esprit de son temps. Les fins de la nature sont admirables et ne rel\u00e8vent pas seulement de la mati\u00e8re: elles traduisent pour l\u2019homme sa propre destin\u00e9e. Il en est ainsi, par exemple, de la migration des oiseaux, image d\u2019un bannissement heureux et bref, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 des bannissements\u00a0\u2014 et voici que Chateaubriand rejoint encore une fois l\u2019Histoire proche\u00a0\u2014 subis par les hommes. La soci\u00e9t\u00e9 humaine d\u00e9truit un certain ordre naturel: \u00abLe mortel chass\u00e9 de ses foyers y rentre-t-il jamais?\u00bb (I,\u00a0V,\u00a07). En terminant sur deux images de la nature emprunt\u00e9es \u00e0 ses propres voyages, Chateaubriand d\u00e9montre l\u2019influence de cette nature mystique sur ses propres convictions (ces \u00abDeux perspectives de la nature\u00bb seront reprises dans les M\u00e9moires d\u2019outre-tombe): en pleine mer, l\u2019espace se transforme pour lui en un \u00abd\u00f4me\u00bb, et la \u00abgrandeur\u00bb du Cr\u00e9ateur se manifeste dans l\u2019infini du ciel et l\u2019immensit\u00e9 de l\u2019oc\u00e9an; puis, perdu dans les for\u00eats d\u2019Am\u00e9rique du Nord, Chateaubriand se trouve seul devant Dieu, \u00e9loign\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment de la civilisation.<\/p>\n<p>D\u00e8s la premi\u00e8re partie du G\u00e9nie, deux mythes romantiques sont donc fond\u00e9s: le mythe de la Chute expliquant aussi la R\u00e9volution, et le mythe de l\u2019homme solitaire, trouvant hors du monde social sa v\u00e9rit\u00e9. La t\u00e2che sera donc de rechercher les \u00e9l\u00e9ments de la culture occidentale o\u00f9 cet homme puisse se reconna\u00eetre. Tout en r\u00e9v\u00e9lant notre double nature et les contradictions de notre \u00eatre (voir\u00a0II,\u00a0III,\u00a01), le christianisme est aussi fond\u00e9 sur certaines valeurs, sur certains sentiments. Adam et \u00c8ve, chez Milton, t\u00e9moignent, par exemple, d\u2019une tendresse qu\u2019on ne trouve pas dans la litt\u00e9rature antique, ni chez Hom\u00e8re ni chez Virgile. Et le caract\u00e8re d\u2019Andromaque, m\u00e8re chez Racine, l\u2019emporte sur celui de l\u2019\u00e9pouse chez Hom\u00e8re. On voit comment Chateaubriand s\u2019attache \u00e0 la d\u00e9tection de questions morales, et pr\u00e9pare bien le chapitre o\u00f9 Ren\u00e9 est donn\u00e9 comme exemple d\u2019une passion vague, non d\u00e9termin\u00e9e, c\u2019est-\u00e0-dire non dirig\u00e9e par cette morale chr\u00e9tienne que prescrit le p\u00e8re Sou\u00ebl \u00e0 la fin du petit roman. Ce qui, \u00e0 l\u2019origine, \u00e9tait con\u00e7u comme une sorte de confession de Chateaubriand, r\u00e9v\u00e9lant la d\u00e9solation entra\u00een\u00e9e par son exclusion de la soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9volutionn\u00e9e, est ici r\u00e9utilis\u00e9 comme document: Ren\u00e9 sert m\u00eame \u00e0 propager l\u2019id\u00e9e d\u2019un r\u00e9tablissement des clo\u00eetres d\u00e9molis par la R\u00e9volution (II,\u00a0III,\u00a09). De son voyage en Am\u00e9rique, de son passage d\u2019exil\u00e9 en Angleterre, Chateaubriand a tir\u00e9 ainsi, non seulement des mat\u00e9riaux pour quelques descriptions magnifiques de la nature, mais aussi, et surtout, des le\u00e7ons pour une soci\u00e9t\u00e9 en plein d\u00e9veloppement vers un ordre nouveau, et un ordre chr\u00e9tien.<\/p>\n<p>Cet ordre sera d\u00e9termin\u00e9 par un attachement \u00abpassionn\u00e9\u00bb des hommes, non seulement \u00e0 l\u2019\u00c9glise, mais aussi \u00e0 l\u2019\u00e9vidente pr\u00e9\u00e9minence historique de cette grande institution. Parlant de la philosophie moderne, Chateaubriand va au-del\u00e0 du\u00a0XVIIIe si\u00e8cle pour renouer avec les moralistes chr\u00e9tiens du\u00a0XVIIe si\u00e8cle. Au passage, il rejette tout, jusqu\u2019\u00e0 cette id\u00e9e de Libert\u00e9 qui a fait \u00abverser des torrents de sang\u00bb (III,\u00a0II,\u00a01). Il invoque les \u00abd\u00e9votions populaires\u00bb, et le peuple qui est \u00abbien plus sage que les philosophes\u00bb (III,\u00a0V,\u00a06). Il cherche ainsi des \u00e9l\u00e9ments constants, s\u00fbrs, dans l\u2019Histoire, et s\u2019arr\u00eate aux \u0153uvres des chr\u00e9tiens et de l\u2019\u00c9glise chr\u00e9tienne. D\u2019o\u00f9 l\u2019importance, voire la n\u00e9cessit\u00e9, d\u2019une quatri\u00e8me partie r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 l\u2019Histoire, \u00e0 ce qui transgresse la terrible rupture moderne qu\u2019a \u00e9t\u00e9 la R\u00e9volution. Homme de l\u2019int\u00e9gration, l\u2019ancien exclu, d\u00e9sormais int\u00e9gr\u00e9 par l\u2019interm\u00e9diaire de Fontanes\u00a0\u2014 po\u00e8te reconnu\u00a0\u2014, de Pauline de Beaumont\u00a0\u2014 troubl\u00e9e par le d\u00e9sordre de la vie de son amant\u00a0\u2014 et d\u2019\u00c9lisa Bacciocchi, s\u0153ur de Napol\u00e9on, Chateaubriand se doit, et doit aux autres, de s\u2019\u00e9tendre en louanges sur cette \u00c9glise concordataire que le Premier consul va ratifier. L\u2019auteur de l\u2019Essai sur les r\u00e9volutions, qui allait presque jusqu\u2019\u00e0 d\u00e9clarer la religion morte, se reprend ici: la religion chr\u00e9tienne peut jouer un r\u00f4le mod\u00e9rateur (IV,\u00a0VI,\u00a011) dans le gouvernement de la soci\u00e9t\u00e9, ce qui est d\u00e9montr\u00e9 par des \u00abpreuves de fait\u00bb (D\u00e9fense du \u00abG\u00e9nie du christianisme\u00bb). Si, sur ce point, Chateaubriand se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 De l\u2019esprit des lois, c\u2019est s\u00fbrement pour l\u00e9gitimer l\u2019aspect politique de son propre ouvrage&#8230; et faire admettre la d\u00e9dicace \u00abAu Premier consul, le g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte\u00bb, qui orne la deuxi\u00e8me \u00e9dition de l\u2019ouvrage (1803).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>H.\u00a0P.\u00a0LUND<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-495","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/495","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=495"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}