{"id":373,"date":"2026-07-26T09:46:57","date_gmt":"2026-07-26T07:46:57","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=373"},"modified":"2026-07-26T09:46:57","modified_gmt":"2026-07-26T07:46:57","slug":"letranger","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=letranger","title":{"rendered":"l&#8217;Etranger"},"content":{"rendered":"<p>\u00c9tranger (l\u2019)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c9TRANGER (l\u2019). Roman d\u2019Albert Camus (1913-1960), publi\u00e9 \u00e0 Paris chez Gallimard en 1942.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9tranger est n\u00e9 en\u00a01938 de l\u2019abandon de la Mort heureuse, roman qui para\u00eetra sous sa forme inachev\u00e9e, \u00e0 titre posthume, en\u00a01971. Le h\u00e9ros de la Mort heureuse, Mersault (\u00abMer-Soleil\u00bb, pr\u00e9cisera Camus), devient Meursault (Meurt-Soleil?). L\u2019\u00c9tranger illustre une forme de bonheur et de tragique m\u00e9diterran\u00e9ens chant\u00e9s avec lyrisme dans Noces (1939), mais aussi l\u2019absurdit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire le silence du monde devant les interrogations fondamentales de l\u2019homme, r\u00e9flexion philosophique que Camus approfondit, en m\u00eame temps qu\u2019il compose l\u2019\u00c9tranger, dans le Mythe de Sisyphe (1952). Achev\u00e9 en mai 1940, pendant l\u2019exode, l\u2019\u00c9tranger para\u00eetra le\u00a015\u00a0juin\u00a01942, sous l\u2019occupation allemande.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Premi\u00e8re partie. Meursault, le narrateur, employ\u00e9 de bureau alg\u00e9rois, apprend la mort de sa m\u00e8re. Il prend l\u2019autobus pour se rendre \u00e0 l\u2019asile o\u00f9 elle a fini ses jours et assiste avec indiff\u00e9rence \u00e0 la veill\u00e9e et \u00e0 l\u2019enterrement (chap.\u00a01). Le lendemain, samedi, il rencontre Marie dans un \u00e9tablissement de bains, l\u2019emm\u00e8ne au cin\u00e9ma et passe la nuit avec elle. Le dimanche s\u2019\u00e9tire dans l\u2019ennui et le d\u00e9s\u0153uvrement (2). Meursault retrouve son bureau et ses voisins: C\u00e9leste le restaurateur, le vieux Salamano qui bat son chien, et Raymond Sint\u00e8s, dont on dit dans le quartier qu\u2019il \u00abvit des femmes\u00bb. Celui-ci demande \u00e0 Meursault de r\u00e9diger une lettre destin\u00e9e \u00e0 une femme qui l\u2019a tromp\u00e9 (3). Le samedi suivant, Meursault se rend \u00e0 la plage avec Marie. Au retour, ils assistent \u00e0 une sc\u00e8ne violente au cours de laquelle Raymond frappe sa ma\u00eetresse. La police \u00e9tant intervenue, Meursault accepte de t\u00e9moigner en faveur de Raymond. Salamano, lui, a perdu son chien (4). Une semaine s\u2019\u00e9coule. Meursault refuse une promotion que lui propose son patron parce qu\u2019elle l\u2019exilerait \u00e0 Paris. Le vieux Salamano pleure son chien (5). Meursault et Marie vont passer le dimanche \u00e0 la plage, avec Raymond, chez un ami nomm\u00e9 Masson. Deux Arabes les ont suivis. L\u2019un est le fr\u00e8re de la femme que Raymond a maltrait\u00e9e. Une dispute \u00e9clate: Raymond est bless\u00e9 d\u2019un coup de couteau. Un peu plus tard, par une chaleur accablante, il revient provoquer son agresseur. Meursault, qui lui, a pris son revolver par pr\u00e9caution, se retrouve seul face \u00e0 l\u2019Arabe. Aveugl\u00e9 par le soleil et l\u2019\u00e9clat du couteau que celui-ci a sorti de sa poche, il tire sur lui une premi\u00e8re fois, puis quatre fois alors qu\u2019il est d\u00e9j\u00e0 \u00e0 terre (6).<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me partie. L\u2019instruction du meurtre a commenc\u00e9. Le juge en appelle au Christ, l\u2019avocat aux sentiments ordinaires, sans parvenir \u00e0 \u00e9mouvoir Meursault (1). Celui-ci re\u00e7oit en prison les visites de Marie et comprend que son ch\u00e2timent implique des privations. Il doit s\u2019habituer \u00e0 \u00abtuer le temps\u00bb (2). Un an apr\u00e8s le meurtre commence le proc\u00e8s, auquel Meursault assiste avec d\u00e9tachement. Il ressort des t\u00e9moignages que Meursault s\u2019est montr\u00e9 insensible \u00e0 la mort de sa m\u00e8re. Marie, devenue sa ma\u00eetresse au lendemain du proc\u00e8s, et Raymond, dont les activit\u00e9s de souteneur donnent une apparence de logique au meurtre, aggravent malgr\u00e9 eux le cas de Meursault (3). Invoquant la pr\u00e9m\u00e9ditation, le procureur requiert la peine capitale contre un homme qui m\u00e9conna\u00eet les r\u00e8gles essentielles de la soci\u00e9t\u00e9. Meursault est condamn\u00e9 \u00e0 mort (4). Il se r\u00e9volte dans sa cellule contre la compassion de l\u2019aum\u00f4nier et, s\u2019ouvrant \u00abpour la premi\u00e8re fois \u00e0 la tendre indiff\u00e9rence du monde\u00bb, souhaite que son ex\u00e9cution soit salu\u00e9e par des cris de haine (5).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>L\u2019histoire est celle d\u2019un \u00abbarbare\u00bb tel que Camus le d\u00e9finit dans Noces: sensible \u00e0 la nature, profitant de chaque instant sans penser au lendemain, mais ressentant obscur\u00e9ment que son bonheur est trop intense pour n\u2019\u00eatre pas pr\u00e9caire. C\u2019est le meurtre de l\u2019Arabe qui figure, suivant cette lecture, l\u2019irruption de la trag\u00e9die dans le quotidien. Meursault en a l\u2019intuition au moment o\u00f9 il fait feu machinalement: \u00abEt c\u2019\u00e9tait comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur\u00bb (I,\u00a06), quatre coups qui font songer aux quatre coups du \u00abdestin qui frappe \u00e0 la porte\u00bb, au d\u00e9but de la Cinqui\u00e8me Symphonie de Beethoven.<\/p>\n<p>Mais cet \u00e9pisode central d\u00e9termine chez le h\u00e9ros une \u00e9volution. Il est, au d\u00e9but, d\u00e9tach\u00e9 de ce qui d\u2019ordinaire importe aux hommes: insensible \u00e0 la mort de sa m\u00e8re, aux d\u00e9clarations d\u2019amour de Marie, \u00e0 son avenir professionnel. \u00c0 l\u2019enterrement, il a surtout souffert du manque de sommeil et de la chaleur (I,\u00a01); celle-ci devient bienfaisante au moment o\u00f9 il rencontre Marie \u00e0 la plage, mais \u00e9terniser par le mariage des instants de sensualit\u00e9 n\u2019a pour lui aucun sens. Le soleil encore le pousse \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer le pr\u00e9sent quand son patron lui offre d\u2019aller vivre \u00e0 Paris. Si Meursault tue, c\u2019est pourtant, comme il le dira au proc\u00e8s, \u00ab\u00e0 cause du soleil\u00bb. Peut-\u00eatre, en effet, n\u2019\u00e9tait-il pas lui-m\u00eame par cette chaleur accablante et sous cette lumi\u00e8re aveuglante quand il a tir\u00e9. L\u2019instruction et le proc\u00e8s sont pour Meursault incompr\u00e9hensibles: le juge pr\u00e9tend lui faire demander pardon \u00e0 un Dieu qu\u2019il ne conna\u00eet pas; avocat, procureur, pr\u00e9sident et aum\u00f4nier sont complices pour cr\u00e9er de lui une image qu\u2019il rejette; on veut enfin punir sa t\u00eate pour un crime o\u00f9 sa main et le soleil semblaient seuls impliqu\u00e9s. Quant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019il ignorait au d\u00e9but du r\u00e9cit, il finira par invoquer sa haine pour mieux s\u2019affirmer contre elle.<\/p>\n<p>\u00c9tait-il \u00ab\u00e9tranger\u00bb au monde et \u00e0 lui-m\u00eame avant le meurtre? Il ne se l\u2019est jamais demand\u00e9. On peut le juger au contraire singuli\u00e8rement pr\u00e9sent aux \u00e9l\u00e9ments (mer, soleil) et \u00e0 son existence du moment. Mais la soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9clame que nous soyons pr\u00e9sents \u00e0 elle, \u00e0 ses lois, \u00e0 ses habitudes, au nom d\u2019une identit\u00e9 de notre personne; en sollicitant le mariage, Marie pr\u00e9tendait d\u00e9j\u00e0 que Meursault se projette dans l\u2019avenir; en \u00e9tablissant que l\u2019homme qui a tu\u00e9 l\u2019Arabe n\u2019a pas pleur\u00e9 \u00e0 la mort de sa m\u00e8re, le procureur impose une continuit\u00e9 \u00e0 son moi dans le pass\u00e9. Se forgeant enfin une conscience afin de repousser celle qu\u2019on pr\u00e9tend fabriquer \u00e0 sa place, Meursault ne se d\u00e9couvre, \u00e0 la derni\u00e8re page, \u00ab\u00e9tranger\u00bb aux hommes que pour mieux s\u2019ouvrir au monde. Cette ouverture, qui semblait instinctive chez lui, Meursault peut d\u00e9sormais la formuler.<\/p>\n<p>On aura compris que l\u2019\u00c9tranger peut aussi se lire comme une satire de la com\u00e9die sociale, pouss\u00e9e \u00e0 la caricature par le c\u00e9r\u00e9monial de la justice, et que Meursault d\u00e9couvre \u00e0 la mani\u00e8re du Candide ou de l\u2019Ing\u00e9nu de Voltaire. S\u2019il \u00e9tait seulement victime d\u2019une erreur judiciaire, la satire serait plut\u00f4t anecdotique. La reconstitution du procureur, faisant d\u2019une suite de malchances une machination crapuleuse, est certes abusive; il reste que Meursault s\u2019est bien acharn\u00e9 sur l\u2019Arabe apr\u00e8s avoir tir\u00e9 une premi\u00e8re fois sur lui. Mais la question pos\u00e9e par l\u2019\u00c9tranger, au-del\u00e0 du cas de Meursault, est plus fondamentalement: \u00abQuand on juge, qui juge-t-on, et au nom de quoi?\u00bb Comment peut-on oser r\u00e9pondre par \u00aboui\u00bb ou par \u00abnon\u00bb \u00e0 la question psychologiquement si complexe de la pr\u00e9m\u00e9ditation? Peut-on se permettre de d\u00e9clarer un homme insensible pour la seule raison qu\u2019on ne l\u2019a pas vu pleurer? A-t-on le droit, enfin, d\u2019additionner un caf\u00e9 au lait bu devant le cercueil d\u2019une m\u00e8re, une liaison sentimentale h\u00e2tivement conclue et le d\u00e9clenchement d\u2019une d\u00e9tente de revolver pour r\u00e9clamer la t\u00eate d\u2019un pr\u00e9venu? La soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9couvre dans le comportement des gens d\u2019infaillibles liens de causalit\u00e9. S\u2019adressant, en l\u2019occurrence, \u00e0 un \u00eatre qui ne s\u2019est jamais interrog\u00e9 sur le \u00abcomment\u00bb ni le \u00abpourquoi\u00bb des choses, elle d\u00e9masque son incapacit\u00e9 \u00e0 adapter son syst\u00e8me \u00e0 l\u2019individualit\u00e9 de chacun.<\/p>\n<p>Que le meurtre soit commis par un Europ\u00e9en aux d\u00e9pens d\u2019un Arabe lui donne une r\u00e9sonance particuli\u00e8re. \u00c0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 il compose l\u2019\u00c9tranger, Camus enqu\u00eate pour Alger r\u00e9publicain sur la mis\u00e8re des populations indig\u00e8nes d\u2019Alg\u00e9rie. Les conciliabules que les Arabes \u00e9changent dans le parloir de la prison, inaudibles pour les autres d\u00e9tenus (II,\u00a02), illustrent la barri\u00e8re qui s\u00e9pare les deux communaut\u00e9s; de m\u00eame cette fa\u00e7on qu\u2019ont les Arabes de regarder Meursault et ses amis, \u00ab\u00e0 leur mani\u00e8re, ni plus ni moins que si nous \u00e9tions des pierres ou des arbres morts\u00bb (I,\u00a06). Jamais, dans le roman, une parole d\u2019Arabe ne sera transcrite entre guillemets. Le comportement de Meursault, qui regarde lui-m\u00eame tous les autres \u00eatres avec une \u00e9gale indiff\u00e9rence, plut\u00f4t teint\u00e9e de bienveillance, appr\u00e9ciant sans pr\u00e9jug\u00e9 le plaisir sensuel ou l\u2019int\u00e9r\u00eat de conversation qu\u2019ils lui procurent, semble \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 du racisme. On doute que Camus lui-m\u00eame ait ob\u00e9i \u00e0 une intention politique en choisissant un Arabe comme victime du meurtre (les indig\u00e8nes formaient les neuf dixi\u00e8mes de la population de l\u2019Alg\u00e9rie). Il reste que son roman, t\u00e9moin d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9ographique et ethnique, a acquis, du moment surtout o\u00f9 les Arabes ont lutt\u00e9 pour leur ind\u00e9pendance, une valeur symbolique.<\/p>\n<p>La critique officielle, soumise au r\u00e9gime de Vichy et aux autorit\u00e9s d\u2019occupation allemandes, avait jug\u00e9 l\u2019\u00c9tranger d\u00e9moralisant et avilissant. Toute une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019intellectuels, au contraire, y reconna\u00eetra ses pr\u00e9occupations. Simone de Beauvoir, Sartre (auteur d\u00e8s f\u00e9vrier 1943 d\u2019une lumineuse analyse) le liront comme une illustration de l\u2019absurdit\u00e9 de la condition humaine. On l\u2019associera d\u2019ailleurs volontiers \u00e0 la Naus\u00e9e, roman de Sartre paru en\u00a01938, pour voir dans les deux \u00e9crivains des repr\u00e9sentants de la pens\u00e9e existentialiste. Mais s\u2019il est vrai que la passivit\u00e9 un peu h\u00e9b\u00e9t\u00e9e de Meursault s\u2019apparente \u00e0 celle de Roquentin, le h\u00e9ros de Camus ne ressent aucune \u00abnaus\u00e9e\u00bb au spectacle du monde et des \u00eatres; il communie au contraire avec eux, et lorsque cet accord est mis en question, sa r\u00e9volte lui procure, comme au Sisyphe que Camus se pla\u00eet \u00e0 \u00abimaginer heureux\u00bb (le Mythe de Sisyphe), une forme d\u2019\u00e9panouissement.<\/p>\n<p>Meursault para\u00eet tant\u00f4t \u00e9grener les \u00e9v\u00e9nements au jour le jour, tant\u00f4t les r\u00e9capituler \u00e0 la veille de son ex\u00e9cution. On ne jurera pas que cette ind\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 voulue par Camus. Mais le r\u00e9cit \u00e9tant mieux domin\u00e9 \u00e0 mesure qu\u2019approche le d\u00e9nouement, le lecteur a le sentiment que Meursault se forge un style en m\u00eame temps qu\u2019une conscience. Pour l\u2019essentiel, l\u2019\u00c9tranger est un magistral exemple de ce que Barthes appelle l\u2019\u00ab\u00e9criture innocente\u00bb. Le h\u00e9ros n\u2019\u00e9tablissant pas de liens de causalit\u00e9 entre les faits, le r\u00e9cit se d\u00e9roule avec monotonie, au rythme souvent de propositions ind\u00e9pendantes juxtapos\u00e9es. Le temps employ\u00e9 d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre est, non le pass\u00e9 simple (temps du r\u00e9cit habituel en litt\u00e9rature), mais le pass\u00e9 compos\u00e9, ordinaire \u00e0 l\u2019oral.<\/p>\n<p>Issu du milieu et du quartier populaire o\u00f9 il a plac\u00e9 son personnage, Camus retrouve ici une langue qui lui est famili\u00e8re. Encore faut-il, pour donner une forme \u00e9crite \u00e0 un langage parl\u00e9, un profond travail du style. Les idiomes locaux ou les expressions grammaticalement rel\u00e2ch\u00e9es ne sont pas utilis\u00e9s indistinctement. On les retrouve transcrits jusqu\u2019au comique ou \u00e0 l\u2019incompr\u00e9hensible quand ils sont plac\u00e9s entre guillemets; att\u00e9nu\u00e9s pour \u00eatre fondus dans le discours narratif de Meursault (par exemple: \u00abCe n\u2019est pas de ma faute\u00bb, mais: \u00abJe lui ai dit que ce n\u2019\u00e9tait pas ma faute\u00bb); effac\u00e9s dans les rares moments o\u00f9 le romancier se superpose au narrateur pour formuler une po\u00e9sie que Meursault \u00e9prouve d\u2019instinct, mais dont l\u2019expression d\u00e9passerait vraisemblablement les capacit\u00e9s de sa syntaxe et de son vocabulaire (dans la sc\u00e8ne de la plage,\u00a0I,\u00a06).<\/p>\n<p>Les passages lyriques constituent l\u2019exception. Dans la majeure partie du roman, ce monde, o\u00f9 les objets les plus insignifiants sont pr\u00e9textes \u00e0 description sous un regard qui les nivelle, pr\u00e9figure celui des auteurs du Nouveau Roman. Mais cette fois encore, le rapprochement admet des limites. En effet, ce monde \u00abchosifi\u00e9\u00bb o\u00f9 les \u00abnouveaux romanciers\u00bb englueront la conscience humaine est celui dont Meursault se lib\u00e8re en prison pour d\u00e9couvrir sa personnalit\u00e9. \u00c0 sa communion aveugle avec le soleil et \u00e0 sa contemplation inerte d\u2019objets qui ne sont porteurs d\u2019aucun sens, succ\u00e8de enfin, \u00e0 la derni\u00e8re page, \u00abcette nuit charg\u00e9e de signes et d\u2019\u00e9toiles\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>P.-L.\u00a0REY<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-373","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/373","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=373"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}