{"id":372,"date":"2026-07-26T09:43:45","date_gmt":"2026-07-26T07:43:45","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=372"},"modified":"2026-07-26T09:43:45","modified_gmt":"2026-07-26T07:43:45","slug":"le-mythe-de-sisyphe","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=le-mythe-de-sisyphe","title":{"rendered":"le Mythe de Sisyphe"},"content":{"rendered":"<p>Mythe de Sisyphe (le)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>MYTHE DE SISYPHE (le). Essai philosophique d\u2019Albert Camus (1913-1960), publi\u00e9 \u00e0 Paris chez Gallimard en 1942.<\/p>\n<p>En mai 1936 apparaissent dans les Carnets de Camus les premi\u00e8res mentions de l\u2019\u00ababsurde\u00bb. \u00c0 partir de\u00a01938, il va \u00e9laborer sa r\u00e9flexion \u00e0 travers trois genres diff\u00e9rents: le roman (l\u2019\u00c9tranger), le th\u00e9\u00e2tre (Caligula) et l\u2019essai (le Mythe de Sisyphe). Apr\u00e8s un s\u00e9jour en m\u00e9tropole (1940), il note \u00e0 Oran, le\u00a021\u00a0f\u00e9vrier\u00a01941: \u00abTermin\u00e9 Sisyphe. Les trois Absurdes sont achev\u00e9s. Commencements de la libert\u00e9.\u00bb Le Mythe de Sisyphe para\u00eet en octobre 1942. Il sera augment\u00e9 en\u00a01948 d\u2019une \u00e9tude sur Kafka, \u00e9crite d\u00e8s\u00a01938 et publi\u00e9e en\u00a01943 dans la revue l\u2019Arbal\u00e8te. Autant que l\u2019\u00c9tranger, paru en\u00a01942 \u00e9galement, le Mythe de Sisyphe a contribu\u00e9 \u00e0 assurer \u00e0 Camus une rapide c\u00e9l\u00e9brit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>\u00abUn raisonnement absurde\u00bb. Le suicide est le seul \u00abprobl\u00e8me philosophique vraiment s\u00e9rieux\u00bb; constitue-t-il une solution \u00e0 l\u2019absurde? Le sentiment de l\u2019absurde se pr\u00e9sente \u00e0 l\u2019homme n\u2019importe quand, dans n\u2019importe quelle circonstance; il na\u00eet de la confrontation de l\u2019\u00abirrationnel\u00bb et du \u00abd\u00e9sir \u00e9perdu de clart\u00e9\u00bb qui r\u00e9sonne au plus profond de chacun de nous; il d\u00e9finit ma libert\u00e9, ma r\u00e9volte et ma passion.<br \/>\n\u00abL\u2019Homme absurde\u00bb. Trois exemples d\u2019attitudes, qui ne sont pas forc\u00e9ment des \u00abexemples \u00e0 suivre\u00bb: le donjuanisme (multiplication de ce qu\u2019on ne peut unifier), la com\u00e9die (mani\u00e8re de voir clair en soi en dominant les personnages qu\u2019on joue dans la vie), la conqu\u00eate (le conqu\u00e9rant ne se fait pas d\u2019illusions sur son action, mais fait \u00abcomme si\u00bb).<\/p>\n<p>\u00abLa Cr\u00e9ation absurde\u00bb. On a parfois oppos\u00e9 art et philosophie: or penser, c\u2019est d\u2019abord vouloir cr\u00e9er un monde, comme l\u2019illustre l\u2019\u0153uvre de Dosto\u00efevski, \u00e0 l\u2019inverse du \u00abroman \u00e0 th\u00e8se\u00bb, qui \u00e9mane d\u2019une pens\u00e9e satisfaite et entend prouver ses v\u00e9rit\u00e9s.<br \/>\n\u00abLe Mythe de Sisyphe\u00bb. Sisyphe, figure mythologique qui roule \u00e9ternellement son rocher vers le sommet d\u2019une montagne, est le \u00abh\u00e9ros absurde\u00bb. Il est aussi un h\u00e9ros tragique, car il est conscient de sa destin\u00e9e, et ce sentiment que son destin lui appartient lui apporte la joie: \u00abIl faut imaginer Sisyphe heureux.\u00bb<\/p>\n<p>Appendice: \u00abL\u2019espoir et l\u2019absurde dans l\u2019\u0153uvre de Franz Kafka\u00bb. Cette \u0153uvre pose \u00able probl\u00e8me de l\u2019absurde dans son entier\u00bb. On l\u2019a souvent jug\u00e9e d\u00e9sesp\u00e9rante, alors qu\u2019en allant au bout du tragique de la condition humaine, elle d\u00e9couvre en l\u2019homme cette grandeur o\u00f9 il puise son bonheur.<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Cet essai est l\u2019\u0153uvre d\u2019un penseur plut\u00f4t que d\u2019un philosophe: l\u2019absurde, pour Camus, est moins un concept qu\u2019un sentiment. Aussi bien les illustrations litt\u00e9raires (Dosto\u00efevski, Kafka, mais aussi Melville ou Malraux) c\u00f4toient-elles les r\u00e9f\u00e9rences philosophiques (Jaspers, Heidegger, Kierkegaard). Mais c\u2019est \u00e0 la mani\u00e8re de Descartes, comme le verra Sartre, que Camus progresse m\u00e9thodiquement \u00e0 partir d\u2019une certitude initiale, qui est l\u2019absence de r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019inqui\u00e9tude m\u00e9taphysique de l\u2019homme. L\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019essai r\u00e9side d\u2019abord dans le cheminement d\u2019une pens\u00e9e qui se cherche. Si Camus refuse le pari de Pascal, qui trouve dans le silence des espaces infinis une raison de miser sur Dieu, il propose un autre pari en voulant imaginer Sisyphe heureux. Certaines pages de Noces, o\u00f9 le sentiment du tragique na\u00eet d\u2019un bonheur trop intense pour n\u2019\u00eatre pas v\u00e9cu comme pr\u00e9caire, donnent une explication plus existentielle que rationnelle au paradoxe du Mythe: la pens\u00e9e de Camus est celle d\u2019un M\u00e9diterran\u00e9en, impr\u00e9gn\u00e9 de philosophie hell\u00e9nique et nourrie par un climat o\u00f9 le monde resplendit avec une telle beaut\u00e9 que nous en \u00e9prouvons d\u00e9j\u00e0 la nostalgie dans le m\u00eame temps qu\u2019il nous \u00e9blouit. On devine \u00e0 quel point l\u2019\u00c9tranger, trag\u00e9die solaire, \u00e9claire le Mythe; mais la derni\u00e8re page du roman, r\u00e9v\u00e9lant un Meursault soudain ouvert aux significations du monde, semble proposer plut\u00f4t un d\u00e9passement du sentiment de l\u2019absurde. On se tromperait, du reste, \u00e0 chercher dans les \u0153uvres de Camus une unit\u00e9 th\u00e9orique que lui-m\u00eame n\u2019a jamais revendiqu\u00e9e. On se trompa plus gravement encore en accueillant le Mythe de Sisyphe comme un trait\u00e9 d\u2019existentialisme: l\u2019essence de l\u2019homme, f\u00fbt-il priv\u00e9 d\u2019une croyance en l\u2019absolu, est pour Camus li\u00e9e \u00e0 son existence, puisque c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment en prenant conscience de cette essence que nous acc\u00e9dons au tragique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>P.-L.\u00a0REY<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-372","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/372","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=372"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}