{"id":350,"date":"2026-07-25T22:08:41","date_gmt":"2026-07-25T20:08:41","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=350"},"modified":"2026-07-25T22:08:41","modified_gmt":"2026-07-25T20:08:41","slug":"le-depeupleur","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=le-depeupleur","title":{"rendered":"le D\u00e9peupleur"},"content":{"rendered":"<p>D\u00e9peupleur (le)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D\u00c9PEUPLEUR (le). R\u00e9cit de Samuel Beckett (Irlande, 1906-1989), publi\u00e9 \u00e0 Paris aux \u00c9ditions de Minuit en 1970.<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Dans un immense cylindre \u00abayant cinquante m\u00e8tres de pourtour et seize de haut\u00bb et soumis \u00e0 d\u2019incessantes variations de lumi\u00e8re et de temp\u00e9rature, vit un peuple de deux cents personnes. Sauf quelques-uns qui ont renonc\u00e9 (ce sont les \u00abvaincus\u00bb auxquels s\u2019ajoutent les s\u00e9dentaires plus ou moins provisoires), tous ces corps circulent, \u00abcherchant chacun son d\u00e9peupleur\u00bb. Ces d\u00e9placements s\u2019effectuent selon une ordonnance r\u00e9gl\u00e9e correspondant \u00e0 la division du fond du cylindre en trois zones: l\u2019ar\u00e8ne o\u00f9 les \u00abchercheurs\u00bb proprement dits se livrent \u00e0 leur qu\u00eate, la ceinture ext\u00e9rieure r\u00e9serv\u00e9e aux \u00abgrimpeurs\u00bb, o\u00f9 chacun s\u2019efforce de prendre place dans une file d\u2019attente pour gravir une \u00e9chelle qui donne acc\u00e8s \u00e0 l\u2019une des niches creus\u00e9es en hauteur dans la paroi, et enfin la ceinture int\u00e9rieure o\u00f9 d\u00e9filent ceux qui veulent passer de l\u2019ar\u00e8ne \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie. Le bruit court qu\u2019il existe une issue vers l\u2019ext\u00e9rieur du cylindre; mais la fraternit\u00e9 qui serait n\u00e9cessaire pour l\u2019atteindre fait totalement d\u00e9faut \u00e0 ce peuple.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>La rigueur quasi math\u00e9matique avec laquelle sont d\u00e9crits, dans ce texte assez atypique par sa facture et son propos dans l\u2019ensemble de l\u2019\u0153uvre de Beckett, ce lieu infernal (\u00abs\u00e9jour\u00bb, premier mot du r\u00e9cit) et le cheminement de damn\u00e9s des \u00eatres qui s\u2019y trouvent enferm\u00e9s, cr\u00e9ent chez le lecteur un r\u00e9el malaise et la tentation immanquable de consid\u00e9rer cette longue nouvelle comme une m\u00e9taphore. Difficile en effet de ne pas reconna\u00eetre dans cette sorte de qu\u00eate incessante une r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019ordre du d\u00e9sir. Ces errants sont r\u00e9duits \u00e0 la seule mat\u00e9rialit\u00e9 de leur corps, sans profondeur (\u00abNul ne regarde en soi o\u00f9 il ne peut y avoir personne\u00bb), et cependant toute satisfaction charnelle v\u00e9ritable (\u00abLa succulence naturelle de chair contre chair\u00bb) leur est refus\u00e9e tant la particularit\u00e9 du climat dess\u00e8che leur peau, rendant toute copulation tr\u00e8s difficile. Comment d\u2019autre part \u00e9viter une lecture un tant soit peu all\u00e9gorique de cette soci\u00e9t\u00e9 en r\u00e9duction qui s\u00e9cr\u00e8te des \u00abvaincus\u00bb, dont les membres avancent \u00e0 l\u2019aveuglette, de laquelle toute fraternit\u00e9 est exclue, o\u00f9 un semblant d\u2019ordre r\u00e8gne gr\u00e2ce \u00e0 des conventions d\u2019origine obscure, mais o\u00f9 le moindre manquement aux r\u00e8gles peut d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en violence g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e? Il reste \u00e0 souligner que cette observation quasi entomologique est \u00e9crite dans une langue admirable et anim\u00e9e d\u2019une grande force de suggestion, due \u00e0 la virtuosit\u00e9 qui consiste \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter \u00e0 plusieurs reprises les m\u00eames \u00e9l\u00e9ments descriptifs du texte, pour les dire autrement et leur apporter chaque fois une pr\u00e9cision et une vigueur nouvelles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>G.\u00a0COGEZ<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-350","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/350","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=350"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}