{"id":336,"date":"2026-07-25T20:35:55","date_gmt":"2026-07-25T18:35:55","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=336"},"modified":"2026-07-25T20:36:19","modified_gmt":"2026-07-25T18:36:19","slug":"les-parents-pauvres","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=les-parents-pauvres","title":{"rendered":"Les Parents pauvres"},"content":{"rendered":"<p>Parents pauvres (les)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>PARENTS PAUVRES (les). Diptyque romanesque d\u2019Honor\u00e9 de Balzac (1799-1850), publi\u00e9 \u00e0 Paris en feuilleton dans le Constitutionnel d\u2019octobre \u00e0 d\u00e9cembre 1846 (la Cousine Bette), et de mars \u00e0 mai 1847 (le Cousin Pons), et en volume chez Chlendowski et P\u00e9tion en\u00a01847 et 1848.<\/p>\n<p>Balzac avait d\u00e9j\u00e0 abord\u00e9 le th\u00e8me du parent pauvre dans Pierrette. Fond\u00e9 sur une sym\u00e9trie inverse, le pr\u00e9sent diptyque oppose le triomphe de la m\u00e9chante Bette \u00e0 la chute progressive des excellents Pons et Schmucke. \u00c9crits dans une p\u00e9riode difficile pour l\u2019auteur, ces romans pessimistes, parmi les plus noirs de la Com\u00e9die humaine, et \u00abmis en pendant comme deux jumeaux de sexe diff\u00e9rent\u00bb, sont plac\u00e9s sous les signes d\u2019\u00c9ros et de Thanatos.<\/p>\n<p>La Cousine Bette connut un succ\u00e8s \u00e9tourdissant, alors que Balzac, \u00e9puis\u00e9, doutait de sa puissance cr\u00e9atrice. Difficilement commenc\u00e9, mais r\u00e9dig\u00e9 pour l\u2019essentiel en quelques jours, le texte accumule tous les \u00e9l\u00e9ments d\u2019une vision sombre, fortement dramatis\u00e9e.<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>La Cousine Bette. En\u00a01799, Adeline Fischer, fille de paysans lorrains, a conquis le baron Hulot d\u2019Ervy, qui l\u2019a \u00e9pous\u00e9e avant de devenir un haut fonctionnaire de l\u2019administration militaire. Par bont\u00e9, Adeline a fait venir \u00e0 Paris en\u00a01809 sa cousine Lisbeth, dite Bette. Cette parente pauvre est rong\u00e9e par l\u2019envie. Elle reporte sa tendresse de vieille fille refoul\u00e9e sur Wenceslas Steinbock, Livonien exil\u00e9 qu\u2019elle a sauv\u00e9 du suicide et qui vit en reclus chez elle. Or Wenceslas se fiance \u00e0 Hortense, la fille d\u2019Adeline. Nous sommes en\u00a01838. Pour se venger, Bette s\u00e8me la zizanie dans le m\u00e9nage de Wenceslas, et encourage les d\u00e9bauches de Hulot avec l\u2019exigeante Val\u00e9rie Marneffe, qu\u2019elle lui a jet\u00e9e dans les bras. Hulot pille les caisses de l\u2019\u00c9tat et pr\u00e9cipite en\u00a01841 la mort de son fr\u00e8re, mar\u00e9chal sans reproche, que Bette devait \u00e9pouser. Mieux encore, Bette a r\u00e9ussi \u00e0 donner pour amants \u00e0 Val\u00e9rie Wenceslas et Crevel, un commer\u00e7ant enrichi, qui repousse d\u2019une mani\u00e8re offensante Adeline, venue s\u2019offrir pour sauver son mari du d\u00e9shonneur. En\u00a01843, une intrigue parall\u00e8le, aboutissant \u00e0 leur mort affreuse, met en sc\u00e8ne Val\u00e9rie et Crevel. Ce dernier a \u00e9pous\u00e9 Val\u00e9rie et d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9 sa fille C\u00e9lestine. Victorien Hulot, le mari de C\u00e9lestine, fait appel \u00e0 Mme\u00a0de Saint-Est\u00e8ve, une parente de Vautrin. Val\u00e9rie et Crevel meurent dans d\u2019abominables souffrances, d\u2019une l\u00e8pre myst\u00e9rieuse. Alors qu\u2019Adeline retrouve Hulot, d\u2019abord cach\u00e9 avec l\u2019ouvri\u00e8re Olympe Bijou, puis approvisionn\u00e9 par Bette en ma\u00eetresses, et le ram\u00e8ne au foyer, Bette meurt de tuberculose et de jalousie. Mais Hulot est de nouveau saisi par le vice et promet \u00e0 une fille de cuisine de l\u2019\u00e9pouser sit\u00f4t son veuvage. Ce dernier coup ach\u00e8ve Adeline qui dispara\u00eet en\u00a01846. Hulot \u00e9pouse sa souillon et fait ainsi d\u2019Agathe Piquetard une baronne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la complexit\u00e9 de l\u2019intrigue, le roman met avant tout en sc\u00e8ne une catastrophe: la destruction de l\u2019univers familial. Car si les m\u00e9chants meurent, les bons ou les victimes disparaissent \u00e9galement, et les passions du baron Hulot entra\u00eenent l\u2019ensemble dans leur maelstr\u00f6m. \u00c0 la fin de Bette, de Crevel et de Val\u00e9rie, courtisane bourgeoise aux talents dignes de ceux d\u2019Esther (voir Splendeurs et Mis\u00e8res des courtisanes), r\u00e9pond celle du mar\u00e9chal Hulot et d\u2019Adeline. Si la fiction privil\u00e9gie par son titre la monomanie vengeresse de Bette, elle lui ajoute celle, sexuelle, du baron Hulot.<\/p>\n<p>Outre les rapports \u00e9troits qu\u2019elle entretient avec des figures r\u00e9elles de la biographie balzacienne, Bette vaut d\u2019abord comme personnage investi d\u2019une \u00e9nergie et d\u2019une volont\u00e9 peu communes. V\u00e9ritable Vautrin femelle, puissance mal\u00e9fique, Bette, plus encore que le bandit, ne peut exister que par autrui. Elle jouit de la vie par Val\u00e9rie interpos\u00e9e, et reste pour l\u2019essentiel un parasite social. Elle se diff\u00e9rencie ainsi de Hulot qui, faute de pouvoir s\u2019employer au service d\u2019un \u00c9tat suffisamment ambitieux et engag\u00e9 dans le si\u00e8cle, applique son \u00e9nergie \u00e0 la qu\u00eate fr\u00e9n\u00e9tique des femmes. Plus encore que celle de la passion haineuse, la force du d\u00e9sir d\u00e9termine des actions aux cons\u00e9quences mortelles pour l\u2019ordre social, remettant en cause le mariage lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Domin\u00e9e par l\u2019argent, la soci\u00e9t\u00e9 du roman refl\u00e8te la mont\u00e9e en puissance d\u2019une nouvelle bourgeoisie commer\u00e7ante, repr\u00e9sent\u00e9e par Crevel, calculateur cynique. Malgr\u00e9 sa dimension abominable, Bette est aussi une victime de cet univers glac\u00e9. Parente pauvre, elle est marginalis\u00e9e par une famille ais\u00e9e. La mal\u00e9diction moderne \u00e9crase des \u00eatres politiques incapables d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la ma\u00eetrise de leur destin (m\u00eame l\u2019artiste Steinbock ne peut cr\u00e9er). Fatalit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans un Paris une nouvelle fois explor\u00e9\u00a0\u2014 en particulier gr\u00e2ce aux p\u00e9r\u00e9grinations du baron Hulot\u00a0\u2014, l\u2019exacerbation des passions et des int\u00e9r\u00eats ali\u00e8ne des personnages qui s\u2019entre-d\u00e9truisent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pr\u00e9sentation<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9rotisme de la Cousine Bette r\u00e9pondent les pulsions de mort du Cousin Pons. \u00c0 la folle spirale emportant les personnages dans le vertige de leurs passions, succ\u00e8de la trag\u00e9die d\u2019\u00eatres engloutis dans le tourbillon parisien, victimes de l\u2019imp\u00e9rieuse loi de l\u2019int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Le cousin Pons. Prix de Rome, Sylvain Pons a \u00e9t\u00e9 un musicien c\u00e9l\u00e8bre sous l\u2019Empire. Lors de son s\u00e9jour en Italie, il a acquis le go\u00fbt des belles choses et a rassembl\u00e9 une collection de grande valeur. Chef d\u2019orchestre dans un petit th\u00e9\u00e2tre, il v\u00e9g\u00e8te et subit mille humiliations de la part de ses cousins fortun\u00e9s, ne trouvant de plaisir que dans une gourmandise quelquefois satisfaite quand on l\u2019invite, et dans l\u2019amiti\u00e9 du musicien allemand Schmucke, avec qui il partage son appartement. Rendant le bien pour le mal, il veut favoriser le mariage d\u2019une jeune cousine dont la m\u00e8re, Mme\u00a0Camusot de Marville, qui le rend responsable de la d\u00e9robade du pr\u00e9tendant, le poursuit de sa haine. Min\u00e9 par le chagrin, Pons se meurt. Ses cousins d\u00e9couvrent l\u2019importance de sa collection, et toute une faune avide le gruge. Pons finit par comprendre ces intrigues et fait de Schmucke son l\u00e9gataire universel. Mais, apr\u00e8s la mort du pauvre Pons, le brave Allemand se laisse d\u00e9pouiller de ses droits, c\u00e8de les \u0153uvres d\u2019art pour une bouch\u00e9e de pain \u00e0 un usurier et finit ses jours comme accessoiriste dans le th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 il \u00e9tait musicien.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Impitoyable horde de profiteurs, la soci\u00e9t\u00e9 du roman broie deux vieillards. Pons compense son mal-\u00eatre par la gourmandise et par sa collection, comme Hulot s\u2019investit dans la d\u00e9bauche. \u00catre d\u00e9chu, ce parent faussement pauvre fait aussi partie des grands passionn\u00e9s de la Com\u00e9die humaine. Schmucke, d\u00e9j\u00e0 connu depuis Une fille d\u2019\u00c8ve, se sublime dans la passion de l\u2019amiti\u00e9, qui lui procure des \u00abjouissances presque \u00e9gales \u00e0 celles de l\u2019amour\u00bb. Union de deux solitudes, mutuel appui de deux faiblesses et de deux marginalit\u00e9s, cette amiti\u00e9 s\u2019oppose \u00e0 l\u2019envie et \u00e0 la m\u00e9chancet\u00e9 des cousins conduits par Mme\u00a0Camusot.<\/p>\n<p>Sans d\u00e9fense, les deux vieux gar\u00e7ons subissent la haine de personnages infernaux, anim\u00e9s par la cupidit\u00e9. \u00c0 la famille de Pons s\u2019ajoute l\u2019entourage de sa porti\u00e8re, Mme\u00a0Cibot. Tous convoitent le tr\u00e9sor, et les diff\u00e9rences sociales s\u2019estompent devant l\u2019identit\u00e9 des comportements. Le roman devient alors un sinistre ballet o\u00f9 l\u2019image de la mort se d\u00e9multiplie, marquant de son signe les deux h\u00e9ros. Le Cousin Pons se donne comme un \u00abroman de la cruaut\u00e9\u00bb (A.\u00a0Lorant), dont les victimes sont irr\u00e9m\u00e9diablement condamn\u00e9es par l\u2019implacable d\u00e9terminisme social et l\u2019absolue d\u00e9termination des pr\u00e9dateurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>G.\u00a0GENGEMBRE<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-336","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/336","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=336"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}