{"id":297,"date":"2026-07-25T18:38:44","date_gmt":"2026-07-25T16:38:44","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=297"},"modified":"2026-07-25T18:38:44","modified_gmt":"2026-07-25T16:38:44","slug":"album-de-vers-anciens","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=album-de-vers-anciens","title":{"rendered":"Album de vers anciens"},"content":{"rendered":"<p>Album de vers anciens<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ALBUM DE VERS ANCIENS. Recueil po\u00e9tique de Paul Val\u00e9ry (1871-1945), publi\u00e9 \u00e0 Paris chez Monnier et Cie en 1920. Vers\u00a01912, Gide et Gallimard avaient demand\u00e9 \u00e0 Val\u00e9ry de r\u00e9unir et d\u2019imprimer des po\u00e8mes publi\u00e9s dans diverses revues entre\u00a01890 et\u00a01900.<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Le recueil rassemble vingt et un po\u00e8mes, dont douze sonnets. De nombreux emprunts au classicisme gr\u00e9co-romain (\u201cH\u00e9l\u00e8ne\u201d, \u201cOrph\u00e9e\u201d, \u201cV\u00e9nus\u201d, \u201cC\u00e9sar\u201d, \u201cNarcisse\u201d) se teintent d\u2019une atmosph\u00e8re fin de si\u00e8cle: peintures de l\u2019\u00e9rotisme et de la volupt\u00e9, r\u00eaveries ou baignades dans des \u00e9tangs \u00e0 la lumi\u00e8re de la lune. Si les influences de Heredia, et surtout de Mallarm\u00e9, restent sensibles sur la plupart des textes, quelques po\u00e8mes plus intimistes (\u201cla Fileuse\u201d, \u201cle Bois amical\u201d) rejoignent l\u2019inspiration de Verlaine. Le vers le plus g\u00e9n\u00e9ralement employ\u00e9 est l\u2019alexandrin, que les symbolistes ont assoupli par la vari\u00e9t\u00e9 des coupes. Mais on rel\u00e8ve un essai de vers impair (\u201cVue\u201d), ainsi qu\u2019un po\u00e8me en prose final (\u201cl\u2019Amateur de po\u00e8mes\u201d) qui pr\u00e9cise et justifie l\u2019art po\u00e9tique de Val\u00e9ry. La pr\u00e9f\u00e9rence donn\u00e9e aux pi\u00e8ces courtes et le choix d\u2019une esth\u00e9tique de l\u2019instant font de ce recueil un v\u00e9ritable album, o\u00f9 chaque po\u00e8me met en sc\u00e8ne un moment singulier et pr\u00e9cieux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>\u00abJe suis partisan d\u2019un po\u00e8me court et concentr\u00e9, une br\u00e8ve \u00e9vocation close par un vers sonore et plein\u00a0[&#8230;] je crois \u00e0 la toute-puissance du rythme et surtout de l\u2019\u00e9pith\u00e8te suggestive. Je pr\u00e9f\u00e8re Mallarm\u00e9 \u00e0 Verlaine&#8230;\u00bb Dans une lettre d\u2019\u00e9tudiant de\u00a01889 au directeur du Courrier libre, le jeune Val\u00e9ry met en \u00e9vidence les lignes de force qui seront celles de son futur Album de vers anciens. Sur le choix de ses sujets, que l\u2019on pourrait juger acad\u00e9miques ou convenus, Val\u00e9ry s\u2019expliquera dans M\u00e9moires du po\u00e8te: \u00abIl ne faut pas viser \u00e0 l\u2019originalit\u00e9\u00bb, \u00e9crit-il, arguant que l\u2019\u00e9poque moderne d\u00e9mode le soir m\u00eame ce qui le matin encore \u00e9tait en vogue. D\u2019ailleurs qu\u2019y a-t-il de plus f\u00e9cond que de respecter \u00ables conditions sine qua non impos\u00e9es\u00bb par la tradition: alternance des rimes f\u00e9minines et masculines \u00e0 laquelle il ne faut pas d\u00e9roger, sonnet qu\u2019il faut cultiver (\u00abOn ne sait pas tout ce qu\u2019on apprend \u00e0 faire des sonnets et des po\u00e8mes \u00e0 forme fixe\u00bb)? Retravaill\u00e9 par l\u2019auteur dans sa maturit\u00e9, le po\u00e8me devient un \u00abobjet int\u00e9rieur in\u00e9puisable de reprises et de repentirs\u00bb, comme l\u2019attestent les nombreuses variantes (et po\u00e8mes in\u00e9dits).<\/p>\n<p>Au go\u00fbt de la perfection plastique que r\u00e9v\u00e8le le choix des sujets s\u2019allie une grande recherche de l\u2019expression et de la syntaxe. Le lexique employ\u00e9, les chevauchements savants de la structure de la phrase et du vers (enjambements isolant un verbe transitif \u00e0 la fin du vers, ou un substantif de son adjectif qualificatif) \u00e9voquent l\u2019influence parfois litt\u00e9rale de Mallarm\u00e9. Si le bras de la baigneuse \u00abcapture dans l\u2019or simple un vol ivre d\u2019insecte\u00bb (\u201cBaign\u00e9e\u201d), un hommage implicite est \u00e9galement rendu au ma\u00eetre dans \u201cValvins\u00bb (lieu o\u00f9 se trouvait la maison de campagne du po\u00e8te). Des figures solennelles \u00e9mergent, saisies dans l\u2019instant d\u00e9cisif de leur puret\u00e9 la plus grande: tel ce \u00abdiamant agir qui berce la splendeur\u00bb. Ainsi de C\u00e9sar sur le point de donner un ordre, ou de S\u00e9miramis au c\u0153ur de la solitude du pouvoir. D\u2019autres plus humbles\u00a0\u2014 la jeune fille au bain ou la fileuse s\u2019assoupissant\u00a0\u2014 sont les d\u00e9positaires d\u2019un secret non moins pr\u00e9cieux: \u00able fragment d\u2019une substance noble et vivante\u00bb qui pourra venir s\u2019ins\u00e9rer dans l\u2019harmonie du recueil. Des regrets du Narcisse au chant d\u2019Orph\u00e9e qui ordonne le monde autour de lui, le lecteur est invit\u00e9 \u00e0 suivre l\u2019itin\u00e9raire de toutes les m\u00e9tamorphoses: l\u2019endormissement (\u201cla Fileuse\u201d), le sommeil et la mort (\u201cAu bois dormant\u201d, \u201cAnne\u201d), le cr\u00e9puscule du matin ou du soir (\u201cF\u00e9erie\u201d, \u201cProfusion du soir\u201d). Le chemin conduit des arch\u00e9types mythologiques (\u201cla Naissance de V\u00e9nus\u201d) \u00e0 une extase bucolique et surhumaine (\u201cle Bois amical\u201d).<\/p>\n<p>Dans l\u2019Album s\u2019op\u00e8re donc la constitution de ce \u00abmonde \u00e9motif\u00bb qui s\u2019accomplira dans Charmes. La plupart des th\u00e8mes essentiels de la po\u00e9sie de Val\u00e9ry y sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents dans leur secr\u00e8te parent\u00e9: la femme \u00abmusicalis\u00e9e\u00bb en danseuse ou en dormeuse; la fleur, rose d\u2019amour et de perfection naturelle; l\u2019or ou les diamants, symboles de puret\u00e9; l\u2019eau, transparent miroir ou prison de Narcisse (\u00abIl est enferm\u00e9 en nous et nous sommes enferm\u00e9s en lui\u00bb). Mais ce monde d\u2019une rigueur extr\u00eame refuse pourtant la cl\u00f4ture et ne cesse d\u2019inviter \u00e0 la promenade\u00a0\u2014 \u00ablire, vivre o\u00f9 m\u00e8nent les mots\u00bb\u00a0\u2014 l\u2019amateur de po\u00e8mes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A.\u00a0SCHAFFNER<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-297","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/297","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=297"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}