{"id":290,"date":"2026-07-25T18:03:34","date_gmt":"2026-07-25T16:03:34","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=290"},"modified":"2026-07-25T18:03:34","modified_gmt":"2026-07-25T16:03:34","slug":"lamour-absolu","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=lamour-absolu","title":{"rendered":"L&#8217;Amour absolu"},"content":{"rendered":"<p>Amour absolu (l\u2019)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>AMOUR ABSOLU (l\u2019). Roman d\u2019Alfred Jarry (1873-1907), publi\u00e9 \u00e0 compte d\u2019auteur en \u00ab\u00e9dition autographique\u00bb (fac-simil\u00e9 du manuscrit) \u00e0 cinquante exemplaires et diffus\u00e9 par le Mercure de France en 1899.<\/p>\n<p>Jarry \u00e9crit ce bref roman un an apr\u00e8s Gestes et Opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, et parvient aussi difficilement \u00e0 le faire \u00e9diter de fa\u00e7on normale\u00a0\u2014 d\u2019o\u00f9 cette reproduction du manuscrit qu\u2019il choisit de proposer aux amateurs, \u00e0 l\u2019\u00e9poque bien peu nombreux (en\u00a01905, une trentaine d\u2019exemplaires restaient disponibles). Rarement, Jarry a \u00e9t\u00e9 aussi loin dans l\u2019herm\u00e9tisme et, paradoxalement, dans la confidence.<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Un condamn\u00e9 \u00e0 mort, Emmanuel Dieu, r\u00eave. Les quinze chapitres du livre sont des visions, des souvenirs, portant sur son enfance bretonne. Ces images d\u2019enfance sont marqu\u00e9es par une interrogation constante sur les origines: figures impossibles du p\u00e8re et de la m\u00e8re, car le p\u00e8re est ni\u00e9 (cet \u00eatre m\u00e9diocre ne saurait avoir engendr\u00e9 pareil enfant) et la m\u00e8re semble toujours devoir rena\u00eetre en son double, s\u2019incarner en amante. C\u2019est \u00e0 la fois l\u2019\u00e9vocation d\u2019une enfance \u00e0 Laval ou dans la campagne bretonne, et d\u2019une autre enfance qui pourrait \u00eatre celle du Christ, jusqu\u2019\u00e0 la mort qui conclut abruptement ce r\u00e9cit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas de r\u00e9sum\u00e9 ordonn\u00e9 possible de cette s\u00e9rie de visions d\u00e9crites avec une concision cassante, une rupture permanente quand le lecteur pourrait attendre le d\u00e9veloppement d\u2019une narration ou d\u2019une intrigue. Tout comme Faustroll ou d\u2019autres textes contemporains, tel le Monsieur Teste de Paul Val\u00e9ry, l\u2019Amour absolu traduit une crise du r\u00e9cit romanesque; il y avait quantit\u00e9 de d\u00e9signations possibles pour nommer ce livre, mais Jarry choisit de le d\u00e9finir comme \u00abroman\u00bb, et s\u2019il insiste sur ce terme, c\u2019est peut-\u00eatre aussi par volont\u00e9 de masquer l\u2019extraordinaire impudeur des confidences faites dans l\u2019Amour absolu, moins dans ce qu\u2019il raconte de son enfance, d\u2019un d\u00e9sir \u0153dipien, que dans le ton, l\u2019\u00e9vidence avec laquelle il en parle. Paradoxe unique d\u2019une \u00e9criture tr\u00e8s prot\u00e9g\u00e9e par un herm\u00e9tisme mallarm\u00e9en, qui \u00e9carte le lecteur, et par l\u00e0 autorise les plus secr\u00e8tes confessions. Alors que les Jours et les Nuits (1897) faisaient alterner souvenirs personnels et constructions herm\u00e9tiques, l\u2019Amour absolu parvient \u00e0 les int\u00e9grer totalement en un seul ensemble.<\/p>\n<p>La splendeur formelle du texte est incontestable, la richesse des allusions (\u00e0 des traditions culturelles tr\u00e8s diverses, des \u00c9vangiles aux Mille et Une Nuits), les jeux polys\u00e9miques \u00e9veillant d\u2019innombrables \u00e9chos. Mais ce texte parfait tend \u00e0 exclure le lecteur, m\u00eame si l\u2019\u00e9merveillent tant d\u2019art et de brio. Certaines pages, comme le chapitre\u00a07, \u00e9voquant de tr\u00e8s anciens souvenirs scolaires, sont pourtant d\u2019un acc\u00e8s plus imm\u00e9diat et laissent place \u00e0 une \u00e9motion. Apr\u00e8s ce roman extr\u00eame, Jarry, avec Messaline et le Surm\u00e2le retrouvera un souci de lisibilit\u00e9. Se d\u00e9sirer, se savoir Dieu, comme il le fait au long de l\u2019Amour absolu, ne facilite pas la communication avec le commun des mortels, saisi d\u2019une stupeur admirative.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>P.\u00a0BESNIER<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-290","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/290","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=290"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}