{"id":283,"date":"2026-07-25T15:54:44","date_gmt":"2026-07-25T13:54:44","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=283"},"modified":"2026-07-25T15:54:44","modified_gmt":"2026-07-25T13:54:44","slug":"un-beau-tenebreux","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=un-beau-tenebreux","title":{"rendered":"Un beau t\u00e9n\u00e9breux"},"content":{"rendered":"<p>Un beau t\u00e9n\u00e9breux<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>UN BEAU T\u00c9N\u00c9BREUX. R\u00e9cit de Julien Gracq, pseudonyme de Louis Poirier (n\u00e9 en 1910), publi\u00e9 \u00e0 Paris chez Jos\u00e9 Corti en 1945.<\/p>\n<p>Synopsis<br \/>\nG\u00e9rard, jeune homme qui passe ses vacances sur une plage bretonne, note dans son journal les infimes p\u00e9rip\u00e9ties de ce s\u00e9jour. Il y \u00e9voque les paysages et surtout les gens qu\u2019il fr\u00e9quente \u00e0 l\u2019h\u00f4tel des Vagues: Christel est une jeune femme \u00abint\u00e9ressante\u00bb et un peu hautaine, Jacques un po\u00e8te \u00abqui n\u2019a rien lu\u00bb, Ir\u00e8ne et Henri Maurevert deux jeunes mari\u00e9s d\u00e9j\u00e0 quelque peu lass\u00e9s l\u2019un par l\u2019autre. Mais tr\u00e8s vite, Allan, un \u00abbeau t\u00e9n\u00e9breux\u00bb, va occuper le devant de la sc\u00e8ne gr\u00e2ce au charme engendr\u00e9 par la remarquable aisance de son allure en toutes circonstances. Tous les personnages de ce cercle de camaraderie subissent l\u2019envo\u00fbtement de ce puissant catalyseur qui peut \u00e0 la fois attirer (Christel lui voue un amour intense) et rebuter dans la mesure o\u00f9 chacun le sent plus ou moins anim\u00e9 d\u2019un funeste dessein. Il ne laisse en tout cas personne indiff\u00e9rent, et la tension cr\u00e9\u00e9e par sa pr\u00e9sence ne cessera de cro\u00eetre jusqu\u2019au d\u00e9nouement. Vers la fin du r\u00e9cit, le journal de G\u00e9rard s\u2019interrompt et c\u2019est alors un second narrateur qui se charge de r\u00e9v\u00e9ler au lecteur les ultimes \u00e9pisodes de cette trame fun\u00e8bre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Chacun des personnages de ce r\u00e9cit trouve en lui, \u00e0 sa mani\u00e8re, des raisons d\u2019\u00eatre sensible au magn\u00e9tisme d\u00e9l\u00e9t\u00e8re \u00e9mis par Allan. La d\u00e9rision morbide qui habite ce dandy fait de lui un miroir o\u00f9 chacun peut voir l\u2019image de son propre ennui et de son propre d\u00e9senchantement de la vie. Celui-ci a d\u2019ailleurs pris progressivement conscience de l\u2019existence de cette contagion, et finit par la consid\u00e9rer comme un \u00absecret terrible\u00bb qu\u2019il r\u00e9v\u00e8le \u00e0 Christel peu de temps avant d\u2019accomplir l\u2019\u00abengagement\u00bb qu\u2019il a contract\u00e9: \u00abCe que je ne savais pas, c\u2019est qu\u2019il n\u2019est pas bon de laisser la mort se promener trop longtemps \u00e0 visage d\u00e9couvert sur la terre. Je ne savais pas&#8230; Elle \u00e9meut, elle \u00e9veille la mort encore endormie au fond des autres.\u00bb<\/p>\n<p>G\u00e9rard lui-m\u00eame, malgr\u00e9 la capacit\u00e9 de recul que lui conf\u00e8re le fait d\u2019\u00e9crire, subit cette fascination et ne parvient plus \u00e0 se d\u00e9faire d\u2019une \u00abimage d\u00e9liquescente de la vie\u00bb. Toute la teneur d\u00e9monstrative de ce r\u00e9cit tient en ce d\u00e9sir de mettre au jour, en chacun, la pr\u00e9sence d\u2019une face nocturne qui le pousse \u00e0 d\u00e9pr\u00e9cier l\u2019existence, \u00e0 n\u2019en plus consid\u00e9rer que les forces de d\u00e9liaison, pour peu que les circonstances s\u2019y pr\u00eatent, comme en ces lieux de vill\u00e9giature livr\u00e9s \u00abpour deux mois \u00e0 la veulerie et au d\u00e9s\u0153uvrement\u00bb. Une pente sur laquelle le narrateur n\u2019est que trop enclin \u00e0 se laisser glisser: \u00abJ\u2019adore saisir \u00e0 leur naissance m\u00eame ces lignes de clivage entre les \u00eatres.\u00bb Un certain contraste na\u00eet par ailleurs entre la solennit\u00e9 (parfois un peu artificielle, il faut en convenir) du style de ce roman et le manque de densit\u00e9, d\u2019\u00e9toffe des protagonistes. Mais, m\u00eame s\u2019il c\u00e8de parfois \u00e0 certaines facilit\u00e9s, l\u2019ouvrage rec\u00e8le de tr\u00e8s nombreuses notations o\u00f9 la qualit\u00e9 esth\u00e9tique se joint \u00e0 la justesse psychologique: \u00abLe premier coup d\u2019\u0153il qu\u2019\u00e9changent deux \u00eatres, certaine inflexion de voix qui s\u2019impose \u00e0 eux, aussi insidieuse, aussi fatale qu\u2019une inspiration de po\u00e8te, les engage pour jamais, pour le meilleur ou pour le pire\u00a0\u2014 ou pour l\u2019indiff\u00e9rence compl\u00e8te.\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>G.\u00a0COGEZ<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-283","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/283","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=283"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}