{"id":274,"date":"2026-07-25T15:07:54","date_gmt":"2026-07-25T13:07:54","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=274"},"modified":"2026-07-25T15:07:54","modified_gmt":"2026-07-25T13:07:54","slug":"le-grand-jeu","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=le-grand-jeu","title":{"rendered":"le Grand Jeu"},"content":{"rendered":"<p>Grand Jeu (le)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>GRAND JEU (le). Recueil po\u00e9tique de Benjamin P\u00e9ret (1899-1959), publi\u00e9 \u00e0 Paris chez Gallimard en 1928. Il rassemble des po\u00e8mes \u00e9crits de\u00a01922 \u00e0\u00a01927 et parus pour la plupart dans Litt\u00e9rature et la Revue europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Sommet de l\u2019\u0153uvre de P\u00e9ret avec Feu central, le Grand Jeu n\u2019en partage pas le souci architectural, recueillant la cr\u00e9ation po\u00e9tique des ann\u00e9es de formation surr\u00e9aliste. Jaillissement des images, d\u00e9sinvolture \u00e0 l\u2019\u00e9gard des codes po\u00e9tiques, cocasserie f\u00e9roce caract\u00e9risent particuli\u00e8rement ce livre, lui donnant une unit\u00e9 de ton sinon de composition. \u201cLes oreilles fum\u00e9es ne pousseront plus\u201d, \u201cJ\u00e9sus disait \u00e0 sa belle-s\u0153ur\u201d, \u201cUn oiseau a fient\u00e9 sur mon veston salaud\u201d: autant de titres qui manifestent une libert\u00e9 souvent proche de l\u2019Umour (de Vach\u00e9), le d\u00e9risoire des situations s\u2019y croisant \u00e0 la d\u00e9rision d\u2019une langue faussement parl\u00e9e, calcul\u00e9e avec insolence pour produire une d\u00e9charge maximale d\u2019insolite, ou de pol\u00e9mique (Marcel Duhamel volant \u00abavec les papillons \/ la queue en l\u2019air\u00bb). Les syst\u00e8mes de la comptine (avanc\u00e9es par paronomases ou mots-valises) ou du proverbe d\u00e9glingu\u00e9 (\u00abMieux vaut se coudre les mains \/ que de rire aux anges \/ Mieux vaut changer de montre \/ que de hurler \u00e0 la lune\u00bb) sont convoqu\u00e9s dans un coq-\u00e0-l\u2019\u00e2ne mouvement\u00e9, produisant un univers po\u00e9tique o\u00f9 le d\u00e9sir a la crudit\u00e9 g\u00e9n\u00e9reuse de l\u2019enfance. La f\u00e9rocit\u00e9 y interdit qu\u2019on assimile, comme on le fait trop souvent, l\u2019art de P\u00e9ret \u00e0 la fatrasie m\u00e9di\u00e9vale, voire \u00e0 la po\u00e9sie \u00ablibertaire\u00bb et plus facile d\u2019un Pr\u00e9vert, dont la parole demeure anodine \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des incendies et renouvellements propres \u00e0 ce Grand Jeu de massacre, o\u00f9 une \u00e9criture rugueuse a moins pour fonction d\u2019am\u00e9liorer le r\u00e9el que de le d\u00e9caper. Surtout, cette fantaisie personnelle et violente, qui fait une originalit\u00e9 trop longtemps m\u00e9connue de la participation de P\u00e9ret au surr\u00e9alisme, ne se contente pas toujours d\u2019une ironie joyeusement destructrice (\u00abJe ne pense \u00e0 Dieu \/ qu\u2019en mangeant du chiendent \/ parce que Dieu \/ a fait le chiendent \u00e0 son image\u00bb), et laisse sa place \u00e0 un lyrisme d\u2019autant plus efficace qu\u2019inattendu: \u00abPrends garde \/ souple corvette de mon c\u0153ur \/ voici l\u2019\u00e9poque des moissons.\u00bb La libert\u00e9 des images ici ne produit pas la lourde tapisserie lyrique d\u2019un Breton, mais une expression toujours contredite par elle-m\u00eame, qui se lib\u00e8re, en s\u2019en d\u00e9fiant, des s\u00e9ductions de l\u2019imaginaire et du pathos: si une femme est associ\u00e9e \u00e0 la neige, elle est \u00abassise sur les grandes neiges et je ne sais pas quoi\u00bb. Inutile d\u2019achever la m\u00e9taphore, plus accomplie de rester en suspens, dans l\u2019\u00ab\u00e0 vau-l\u2019eau\u00bb d\u2019un fleuve tumultueux qui invente son cours bien plut\u00f4t qu\u2019il ne le suit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>O.\u00a0BARBARANT<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-274","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/274","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=274"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}