{"id":242,"date":"2026-07-25T13:23:03","date_gmt":"2026-07-25T11:23:03","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=242"},"modified":"2026-07-25T13:23:03","modified_gmt":"2026-07-25T11:23:03","slug":"pour-un-malherbe","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=pour-un-malherbe","title":{"rendered":"Pour un Malherbe"},"content":{"rendered":"<p>Pour un Malherbe<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>POUR UN MALHERBE. Essai de Francis Ponge (1899-1988), publi\u00e9 \u00e0 Paris chez Gallimard en 1965.<\/p>\n<p>D\u2019abord con\u00e7u comme article pour la revue Cahiers du Sud puis comme \u00e9tude pour la collection \u00ab\u00c9crivains de toujours\u00bb aux \u00c9ditions du Seuil, ce travail, r\u00e9dig\u00e9 par intermittence entre\u00a01951 et\u00a01957, d\u00e9passa chaque fois les limites requises pour devenir le volumineux ouvrage que nous connaissons.<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Ce texte, qui se pr\u00e9sente sous la forme de tr\u00e8s nombreux fragments, doit tout d\u2019abord se lire comme une monographie, puisque Ponge y explique longuement, et de mani\u00e8re souvent r\u00e9currente, pourquoi il tient Malherbe pour l\u2019un des tr\u00e8s grands \u00e9crivains fran\u00e7ais. Celui-ci est replac\u00e9 dans les lieux et \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 il v\u00e9cut; maints faits et anecdotes de sa vie et de la p\u00e9riode historique \u00e0 laquelle elle correspond sont \u00e9voqu\u00e9s. Mais c\u2019est surtout sa pratique m\u00eame du langage qui est caract\u00e9ris\u00e9e et lou\u00e9e (avec de nombreuses citations \u00e0 l\u2019appui) pour son grand souci du mot juste, des allit\u00e9rations (ce \u00abgo\u00fbt qu\u2019elle r\u00e9v\u00e8le quant au choix et \u00e0 la mise en place des valeurs verbales\u00a0[mots ou syllabes] qui la constituent\u00bb), pour ce m\u00e9lange aussi de rigueur et de d\u00e9mesure, de raison et de \u00abfureur\u00bb po\u00e9tique. Ponge insiste aussi vigoureusement sur l\u2019importance du po\u00e8te dans l\u2019histoire de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise. Enfin cette \u00e9tude fournit \u00e0 l\u2019\u00e9crivain l\u2019occasion de d\u00e9finir, sous la forme \u00e0 la fois de l\u2019autobiographie et du journal (les fragments sont dat\u00e9s), sa conception de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire et son \u00abart po\u00e9tique\u00bb personnel en justifiant ses propres pr\u00e9occupations et ses propres choix.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Ponge go\u00fbte au plus haut point les r\u00e9ussites formelles de ce \u00abforgeron du Verbe\u00bb qu\u2019est Malherbe, surtout parce qu\u2019elles reposent sur des \u00abimp\u00e9ratifs techniques\u00bb: \u00abRimes rares et st\u00e9riles, c\u00e9sures, pas de hiatus, strophes \u00e0 sens complets, sonnets r\u00e9guliers, etc.\u00bb Sa po\u00e9sie, quel que soit le sujet qu\u2019elle aborde, est toujours en m\u00eame temps r\u00e9flexion sur elle-m\u00eame et sur les moyens auxquels elle a recours pour rendre l\u2019\u00e9motion, pour cr\u00e9er un espace de \u00abtension\u00bb: \u00abComment une expression est-elle belle? Quand elle contient sa preuve rh\u00e9torique en elle-m\u00eame. Quand elle peut \u00eatre comprise comme une loi \u00e9thique et esth\u00e9tique.\u00bb Cette pr\u00e9occupation constante du langage ne pouvait qu\u2019attirer Francis Ponge, pour qui ce livre fut un long exercice d\u2019impr\u00e9gnation et d\u2019identification. Il se reconna\u00eet dans ce po\u00e8te dont il souligne \u00e0 maintes reprises la modernit\u00e9, il appr\u00e9cie son orgueil de cr\u00e9ateur et sa verdeur, sa \u00abpuissance\u00bb face \u00e0 la \u00abf\u00e9minit\u00e9 du monde\u00bb. Il fait subir \u00e0 cet objet un peu particulier qu\u2019est un \u00e9crivain et son \u0153uvre, les deux consid\u00e9r\u00e9s comme un m\u00eame corps, le traitement qu\u2019il a appliqu\u00e9 \u00e0 toutes les autres \u00abchoses\u00bb des textes ant\u00e9rieurs (voir le Parti pris des choses). Ponge y trouve ainsi mati\u00e8re \u00e0 se d\u00e9couvrir lui-m\u00eame: toujours plus retouch\u00e9, affin\u00e9, le portrait devient autoportrait et autocommentaire; il devient aussi \u00e9laboration d\u2019un objectif, d\u2019une responsabilit\u00e9 devant l\u2019avenir, qui n\u2019est pas sans pr\u00e9senter un certain caract\u00e8re patriotique (fiert\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la langue fran\u00e7aise), o\u00f9 l\u2019\u00e9crivain se sent partie prenante d\u2019importantes transformations qui s\u2019annoncent: \u00abNous pensons que c\u2019est dans l\u2019\u00e9paisseur du langage et de nos intuitions les plus arbitraires en pr\u00e9sence de l\u2019\u00e9paisseur du monde sensible que se trouvent les nouveaux principes de la morale, les nouvelles formes de l\u2019esprit humain.\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>G.\u00a0COGEZ<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-242","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/242","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=242"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}