{"id":225,"date":"2026-07-25T11:40:21","date_gmt":"2026-07-25T09:40:21","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=225"},"modified":"2026-07-25T11:40:21","modified_gmt":"2026-07-25T09:40:21","slug":"le-peintre-de-la-vie-moderne","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=le-peintre-de-la-vie-moderne","title":{"rendered":"le Peintre de la vie moderne"},"content":{"rendered":"<p>Peintre de la vie moderne (le)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>PEINTRE DE LA VIE MODERNE (le). Essai de Charles Baudelaire (1821-1867), publi\u00e9 \u00e0 Paris dans le Figaro du\u00a026 au\u00a029\u00a0novembre et le\u00a03\u00a0d\u00e9cembre\u00a01863, et en volume dans l\u2019Art romantique chez Michel L\u00e9vy en 1868-1869.<\/p>\n<p>La Correspondance de Baudelaire nous apprend que cet essai fut r\u00e9dig\u00e9 dans l\u2019hiver de\u00a01859 \u00e0\u00a01860. Il porte sur le dessinateur et aquarelliste fran\u00e7ais Constantin Guys (1802-1892), dont le po\u00e8te prisait beaucoup l\u2019\u0153uvre. Grand amateur d\u2019art, Baudelaire s\u2019est singuli\u00e8rement int\u00e9ress\u00e9 aux caricaturistes fran\u00e7ais et \u00e9trangers. L\u2019essai consacr\u00e9 \u00e0 Constantin Guys, ample, rigoureusement organis\u00e9, occupe une place privil\u00e9gi\u00e9e dans la production critique de l\u2019\u00e9crivain.<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>Le Peintre de la vie moderne comprend treize chapitres. Apr\u00e8s avoir expos\u00e9 sa conception de la beaut\u00e9 (\u00able Beau, la Mode et le Bonheur\u00bb, chap.\u00a01) et expliqu\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat que comporte la peinture des m\u0153urs (\u00able Croquis de m\u0153urs\u00bb,\u00a02), Baudelaire \u00e9voque la personnalit\u00e9 de M.\u00a0C.\u00a0G. (il ne nomme pas le peintre pour ne pas le froisser dans sa modestie), l\u2019originalit\u00e9 de son travail et de son g\u00e9nie (\u00abl\u2019Artiste, homme du monde, homme des foules et enfant\u00bb,\u00a03). Vou\u00e9 \u00e0 la recherche de la modernit\u00e9 (\u00abla Modernit\u00e9\u00bb,\u00a04), Constantin Guys dessine de m\u00e9moire et restitue \u00abl\u2019impression produite par les choses sur l\u2019esprit\u00bb (\u00abl\u2019Art mn\u00e9monique\u00bb,\u00a05). Les chapitres suivants portent pour titre les divers sujets abord\u00e9s par l\u2019\u0153uvre de Constantin Guys (\u00ables Annales de la guerre\u00bb,\u00a06; \u00abPompes et Solennit\u00e9s\u00bb,\u00a07; \u00able Militaire\u00bb,\u00a08; \u00able Dandy\u00bb,\u00a09; \u00abla Femme\u00bb,\u00a010; \u00ab\u00c9loge du maquillage\u00bb,\u00a011; \u00ables Femmes et les Filles\u00bb,\u00a012; \u00ables Voitures\u00bb,\u00a013). Baudelaire y d\u00e9crit les dessins du peintre tout en livrant ses propres r\u00e9flexions sur des th\u00e8mes qui lui sont chers.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>De m\u00eame que les conceptions esth\u00e9tiques de Diderot retentiront sur sa th\u00e9orie et sa pratique dramatiques, de m\u00eame les \u0153uvres critiques de Baudelaire\u00a0\u2014 en particulier ses Salons r\u00e9dig\u00e9s depuis\u00a01845\u00a0\u2014 apparaissent comme le v\u00e9ritable art po\u00e9tique dont les Fleurs du mal et le Spleen de Paris repr\u00e9sentent les deux r\u00e9alisations les plus achev\u00e9es. C\u2019est que pour Baudelaire po\u00e9sie et peinture s\u2019interp\u00e9n\u00e8trent\u00a0\u2014 ne parle-t-il pas de Delacroix comme d\u2019un \u00abpo\u00e8te en peinture\u00bb?\u00a0\u2014 et que l\u2019analyse de celle-ci lui permet de mettre \u00e0 nu, non les m\u00e9canismes de l\u2019\u00e9criture, mais les principes qui guident toute sa cr\u00e9ation et qu\u2019il r\u00e9sume dans le concept de \u00abmodernit\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p>M\u00eame s\u2019il n\u2019a pas invent\u00e9 le mot (Balzac et Gautier l\u2019ont utilis\u00e9 avant lui), Baudelaire est \u00e0 l\u2019origine de sa fortune; et le terme revient sous sa plume comme une obsession \u00e0 partir du Salon de\u00a01859 o\u00f9, parlant de la peinture anglaise dont \u00able caract\u00e8re est la modernit\u00e9\u00bb, il en vient \u00e0 s\u2019interroger: \u00abLe substantif existe-t-il? Le sentiment qu\u2019il exprime est si r\u00e9cent que le mot pourrait bien ne pas se trouver dans les dictionnaires.\u00bb Cette \u00abmodernit\u00e9\u00bb que Baudelaire traque, o\u00f9 la trouve-t-il prioritairement? Moins chez les peintres qu\u2019il admire\u00a0\u2014 Delacroix surtout, Corot dans une moindre mesure\u00a0\u2014 que chez un Daumier ou un Gavarni, et plus encore un Constantin Guys, tous praticiens du trait plut\u00f4t que du pinceau. C\u2019est qu\u2019\u00e0 l\u2019id\u00e9e de modernit\u00e9 Baudelaire associe celle d\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, ou pour employer son vocabulaire, celle de \u00abtransitoire\u00bb: or le tableau figure alors que le croquis ou l\u2019esquisse, \u00e0 l\u2019image de celui qui l\u2019ex\u00e9cute, \u00abva, court, cherche\u00bb. Et l\u2019on saisit ainsi un premier caract\u00e8re de la modernit\u00e9: \u00abC\u2019est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moiti\u00e9 de l\u2019art dont l\u2019autre moiti\u00e9 est l\u2019\u00e9ternel et l\u2019immuable.\u00bb D\u00e9finition qui pourrait servir de commentaire au po\u00e8me \u201c\u00c0 une passante\u201d, silhouette crois\u00e9e, profil trac\u00e9 dans la fugacit\u00e9 d\u2019un \u00e9change. Fugacit\u00e9 qui d\u00e9finit un second trait, d\u00e9cor essentiel de l\u2019esth\u00e9tique baudelairienne: la ville, lieu de l\u2019\u00e9change, du mouvement, de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de la nature romantique, stable et consolatrice. Cette ville, omnipr\u00e9sente dans les po\u00e8mes (voir la deuxi\u00e8me partie des Fleurs du mal pr\u00e9cis\u00e9ment intitul\u00e9e \u00abTableaux parisiens\u00bb), et qui offre sa laideur mais aussi suscite de quoi se perdre dans un r\u00eave que r\u00e9aliseront les po\u00e8mes de la troisi\u00e8me partie, \u00able Vin\u00bb. Rien d\u2019\u00e9tonnant, alors, que dans un monde articiciel d\u2019o\u00f9 la nature est rejet\u00e9e dans l\u2019ailleurs (voir \u201cl\u2019Invitation au voyage\u201d), la femme soit elle-m\u00eame d\u2019abord recherch\u00e9e pour son artifice: d\u2019o\u00f9 le capital chapitre\u00a0XI, \u00ab\u00c9loge du maquillage\u00bb qui, inversant les pr\u00e9suppos\u00e9s traditionnels de l\u2019union de la beaut\u00e9 naturelle et de la morale, en vient \u00e0 affirmer que \u00able bien est toujours le produit d\u2019un art\u00bb. Le maquillage devient ainsi pour la femme ce que la ville est au monde: le lieu d\u2019un mirage assum\u00e9, o\u00f9 chacun peut puiser mati\u00e8re \u00e0 r\u00eaver. Ainsi fard\u00e9e, la femme se fait l\u2019\u00e9gale de ce \u00abh\u00e9ros de la vie moderne\u00bb dont Baudelaire s\u2019est voulu le chantre: le dandy, celui qui \u00abcombat et d\u00e9truit la trivialit\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p>Lus \u00e0 la lumi\u00e8re des pages de l\u2019essai consacr\u00e9 \u00e0 Constantin Guys, les po\u00e8mes de Baudelaire apparaissent alors comme la parfaite ad\u00e9quation d\u2019une \u00e9poque et d\u2019un regard critique, attitude qu\u2019il d\u00e9celait chez Balzac et qui porte chez lui le nom d\u2019\u00abimagination\u00bb.<\/p>\n<p>D.\u00a0COUTY<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-225","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/225","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=225"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}