{"id":209,"date":"2026-07-25T10:14:30","date_gmt":"2026-07-25T08:14:30","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=209"},"modified":"2026-07-25T10:14:30","modified_gmt":"2026-07-25T08:14:30","slug":"a-rebours","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=a-rebours","title":{"rendered":"A Rebours"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 rebours<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c0 REBOURS. Roman de Charles Marie Georges, dit Joris-Karl Huysmans (1848-1907), publi\u00e9 \u00e0 Paris chez Charpentier en 1884, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 avec une \u00abPr\u00e9face \u00e9crite vingt ans apr\u00e8s le roman\u00bb en\u00a01903.<\/p>\n<p>La production romanesque de Huysmans s\u2019inscrivait jusque-l\u00e0 dans la lign\u00e9e naturaliste, sous l\u2019\u00e9gide du ma\u00eetre, Zola. Avec \u00c0 rebours, Huysmans s\u2019engage dans une nouvelle voie, qui le conduira vers la litt\u00e9rature dite d\u00e9cadente.<br \/>\nS\u2019il est un livre embl\u00e9matique de cette litt\u00e9rature, c\u2019est bien \u00c0 rebours. En effet, le h\u00e9ros, Des Esseintes, dont la voix tend \u00e0 se confondre avec celle de Huysmans, synth\u00e9tise les attributs qui font le d\u00e9cadent, le \u00abp\u00e2m\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p>Synopsis<br \/>\nJean Floressas, duc des Esseintes, dernier repr\u00e9sentant d\u2019une race d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e, esprit ind\u00e9pendant d\u00e9go\u00fbt\u00e9 de l\u2019humanit\u00e9, se retire \u00e0 Fontenay-aux-Roses o\u00f9 il organise sa solitude avec un raffinement extr\u00eame (Notice): il d\u00e9core son int\u00e9rieur de couleurs pr\u00e9cieusement choisies (chap.\u00a01), transforme sa salle \u00e0 manger, lieu de repas aust\u00e8res, en cabine de bateau (2), compose une biblioth\u00e8que d\u2019auteurs de la d\u00e9cadence latine (3), s\u2019amuse d\u2019une tortue vivante \u00e0 la carapace incrust\u00e9e de gemmes, cr\u00e9e un \u00aborgue \u00e0 bouche\u00bb dont les touches effleur\u00e9es lib\u00e8rent chacune une liqueur (4), d\u00e9termine les peintures qui orneront ses murs (5). Un soir, il se rem\u00e9more ses m\u00e9faits pass\u00e9s, la fa\u00e7on dont il contribua \u00e0 briser un m\u00e9nage, comment il poussa un adolescent vers le vice et le crime (6).<\/p>\n<p>Cette solitude volontaire devient toutefois pesante et contribue \u00e0 le ramener imperceptiblement \u00e0 la religion. Des d\u00e9sordres nerveux apparaissent (7). Cherchant \u00e0 se distraire, il am\u00e9nage une serre de fleurs aux formes artificielles, aux aspects obsc\u00e8nes et morbides. Dans la nuit, Des Esseintes r\u00eavera d\u2019une femme, la Syphilis, offrant les pourritures florales de son corps (8). Les cauchemars se renouvellent et sa n\u00e9vrose se compla\u00eet dans le souvenir d\u2019aventures \u00e9rotiques, une acrobate androgyne, une ventriloque perverse, un troublant jeune homme (9). Victime d\u2019hallucinations olfactives, Des Esseintes tente de les repousser en cr\u00e9ant des parfums subtils qui \u00e9branlent d\u00e9finitivement ses nerfs (10).<\/p>\n<p>Voulant distraire sa solitude, il projette un voyage \u00e0 Londres mais se contentera d\u2019un bar anglais \u00e0 Paris (11). De retour \u00e0 Fontenay, il reprend go\u00fbt \u00e0 la lecture de Baudelaire, de Barbey d\u2019Aurevilly et des litt\u00e9ratures religieuses (12). Mais son estomac se d\u00e9r\u00e8gle (13). Gr\u00e2ce \u00e0 un r\u00e9gime s\u00e9v\u00e8re, il peut \u00e0 nouveau se consacrer \u00e0 la lecture des auteurs modernes (14). D\u2019autres hallucinations apparaissent, auditives cette fois, qui r\u00e9veillent en lui le souvenir de ses musiques de pr\u00e9dilection. Il se d\u00e9cide \u00e0 appeler un m\u00e9decin qui le gu\u00e9rira mais lui enjoindra de retourner \u00e0 Paris (15). \u00c9voquant avec effroi les perversions de la soci\u00e9t\u00e9 humaine, Des Esseintes se r\u00e9signe \u00e0 en affronter les m\u00e9diocrit\u00e9s (16).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Avec \u00c0 rebours, Huysmans consacre donc sa rupture avec le naturalisme, mais de fa\u00e7on inconsciente, comme il l\u2019avoue dans sa Pr\u00e9face de\u00a01903: \u00abJe cherchais vaguement \u00e0 m\u2019\u00e9vader d\u2019un cul-de-sac o\u00f9 je suffoquais, mais je n\u2019avais aucun plan d\u00e9termin\u00e9 et \u00c0 rebours qui me lib\u00e9ra d\u2019une litt\u00e9rature sans issue, en m\u2019a\u00e9rant, est un ouvrage parfaitement inconscient.\u00bb Rupture insensible donc, mais radicale. Zola en eut d\u2019ailleurs parfaitement conscience puisque, \u00e0 la parution d\u2019\u00c0 rebours, il parla de trahison du naturalisme. En effet, la g\u00e9n\u00e9alogie et l\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 fantaisistes de Des Esseintes, ses maladies et leurs rem\u00e8des sont autant d\u2019attaques voil\u00e9es contre les th\u00e9ories naturalistes sur l\u2019individu et contre l\u2019utilisation, par les romanciers, d\u2019un savoir m\u00e9dical trop primaire. Huysmans s\u2019attache \u00e0 d\u00e9crire une tout autre maladie que celles qu\u2019appr\u00e9hendaient les naturalistes: une maladie moderne, la n\u00e9vrose, l\u2019ennui. Maladie insaisissable par laquelle le corps se soumet aux pulsions d\u2019une \u00e2me compliqu\u00e9e, souffrant de sa sup\u00e9riorit\u00e9, dont la volont\u00e9 est r\u00e9duite \u00e0 n\u00e9ant. Telle est l\u2019\u00e2me moderne et tel sera \u00c0 rebours.<\/p>\n<p>La modernit\u00e9 s\u2019exprime dans le parti pris de composition romanesque: \u00abSupprimer l\u2019intrigue traditionnelle, voire la passion, la femme, concentrer le pinceau de lumi\u00e8re sur un seul personnage, faire \u00e0 tout prix du neuf\u00bb (Pr\u00e9face). Nous nous trouvons donc face \u00e0 une succession de chapitres sans lien, qui ne sont jamais que pr\u00e9textes \u00e0 des articles critiques sur l\u2019esth\u00e9tique, que notre unique personnage prend \u00e0 son compte et derri\u00e8re lequel nous reconnaissons Huysmans. Pareil floril\u00e8ge d\u2019essais incarne bien cette tendance de l\u2019esth\u00e8te de la fin du\u00a0XIXe si\u00e8cle \u00e0 n\u2019\u00eatre qu\u2019un dilettante comme Des Esseintes, et comme plus tard Swann (voir \u00c0 la recherche du temps perdu), un individu raffin\u00e9 qui organise chez lui un v\u00e9ritable mus\u00e9e de pi\u00e8ces rares et choisies, de bibelots. L\u2019esth\u00e9tique du bibelot, objet d\u00e9racin\u00e9 de sa culture et qui flatte le regard de son propri\u00e9taire, telle est la grande attitude esth\u00e9tique de cette fin de si\u00e8cle que d\u00e9voile \u00c0 rebours. Chacun des seize chapitres d\u00e9veloppera ainsi un th\u00e8me diff\u00e9rent: \u00abLe coulis d\u2019une sp\u00e9cialit\u00e9, le sublim\u00e9 d\u2019un art diff\u00e9rent\u00bb (Pr\u00e9face). L\u2019ensemble s\u2019organise selon deux grands axes: d\u00e9finition des choix artistiques du d\u00e9cadent, et description de ses go\u00fbts en g\u00e9n\u00e9ral. Ces deux optiques \u00e9clairent son essentielle manie: toujours il se tourne vers ce qui est \u00ab\u00e0 rebours\u00bb de la pens\u00e9e commune.<\/p>\n<p>Ainsi, ce que Des Esseintes recherche dans l\u2019art, c\u2019est une expressivit\u00e9 extr\u00eame, un langage \u00e9cartel\u00e9 entre la violence et un raffinement cisel\u00e9, distendu jusqu\u2019au malaise. En mati\u00e8re de litt\u00e9rature, Des Esseintes agr\u00e9e d\u2019abord les auteurs latins: rejetant Virgile, Horace et Cic\u00e9ron, il isole P\u00e9trone, Apul\u00e9e, et quelques d\u00e9cadents mineurs pour leur style en force, composite et audacieux (chap.\u00a03). En litt\u00e9rature moderne (chap.\u00a012), \u00abil s\u2019int\u00e9ress[e] aux \u0153uvres mal portantes, min\u00e9es, irrit\u00e9es par la fi\u00e8vre\u00bb, appr\u00e9ciant leurs \u00abfaisandages, ces taches morbides, ces \u00e9pidermes tal\u00e9s et ce go\u00fbt blet\u00bb. Trois auteurs sont particuli\u00e8rement choy\u00e9s: Baudelaire, bien entendu, pour avoir \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler \u00abla psychologie morbide de l\u2019esprit qui a atteint l\u2019octobre de ses sensations\u00bb; Barbey, au sadisme mystique; Mallarm\u00e9, enfin, qui sut porter \u00e0 son apoth\u00e9ose le style d\u00e9cadent: \u00e9criture \u00abaffaiblie par l\u2019\u00e2ge des id\u00e9es, \u00e9puis\u00e9e par les exc\u00e8s de la synth\u00e8se, sensible seulement aux curiosit\u00e9s qui enfi\u00e8vrent les malades et cependant press\u00e9e de tout exprimer \u00e0 son d\u00e9clin\u00bb. Par l\u2019analyse de ces trois auteurs, Huysmans met en abyme ce qu\u2019est \u00c0 rebours: la triple \u00e9vocation de la n\u00e9vrose moderne, de la tentation du mysticisme et de la langue \u00e0 son d\u00e9clin. Des Esseintes n\u2019oublie pas la litt\u00e9rature religieuse, mais l\u2019attaque pour son inconsistance\u00a0\u2014 \u00e0 l\u2019exception de Lacordaire, dont il appr\u00e9cie le d\u00e9bordement de style. Dans le domaine de la peinture (chap.\u00a05), Des Esseintes glorifie une esth\u00e9tique morbide et perverse qui, par une technique hallucinatoire, pousse l\u2019\u00e2me dans ses derniers retranchements et en exhume les obsessions et les terreurs (Moreau, Jan Luycken, Bresdin, Redon). En musique, Des Esseintes go\u00fbte l\u2019\u0153uvre de Wagner, Schumann, Schubert, faite de gravit\u00e9 et d\u2019hyst\u00e9rie retenue, mais surtout le plain-chant aux r\u00e9sonances douloureuses.<\/p>\n<p>Le second axe th\u00e9matique, sur les sens et le luxe, est une th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale d\u2019esth\u00e9tique, plac\u00e9e sous le double signe de la synesth\u00e9sie et de l\u2019artifice qui lui para\u00eet \u00able signe distinctif du g\u00e9nie\u00bb (chap.\u00a02). Il s\u2019agit en effet d\u2019embrasser toutes les sensations mais avec un degr\u00e9 d\u2019\u00e9laboration qui ne peut se satisfaire que de l\u2019artificiel. Au chapitre\u00a01, Des Esseintes choisit les couleurs afin qu\u2019elles puissent s\u2019exhaler \u00e0 la lumi\u00e8re artificielle et s\u2019harmoniser avec ses \u00e9tats d\u2019\u00e2me. Les gemmes de la tortue (chap.\u00a04) seront plus \u00e9tranges que pr\u00e9cieuses, refusant une conception vulgaire du luxe. L\u2019\u00e9pisode des fleurs (chap.\u00a08) est l\u2019un des plus int\u00e9ressants: choisies parce qu\u2019elles paraissent artificielles, leurs formes obsc\u00e8nes \u00e9voquent des sexes aux couleurs hideuses, des chairs corrompues par la maladie, comme ces \u00abAmorphophallus\u00a0[&#8230;] aux longues tiges noires coutur\u00e9es de balafres, pareilles \u00e0 des membres endommag\u00e9s de n\u00e8gre\u00bb ou toutes celles qui \u00abcomme rong\u00e9es par des syphilis et des l\u00e8pres, tendaient des chairs livides, marbr\u00e9es de ros\u00e9oles, damass\u00e9es de dartres\u00bb. Ici, se trouvent r\u00e9sum\u00e9es deux tendances de la d\u00e9cadence: le go\u00fbt de l\u2019inversion, lorsque la nature se fait artifice, et la fascination pour un \u00e9rotisme morbide et d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9. Le m\u00eame go\u00fbt du paradoxe se manifeste dans l\u2019ameublement, \u00e0 la fois extravagant comme cette cabine de bateau peupl\u00e9e de poissons m\u00e9caniques (chap.\u00a02), et faussement aust\u00e8re comme la chambre \u00e0 coucher rappelant une cellule monacale mais de fa\u00e7on que les plus riches \u00e9toffes imitent les textures les plus pauvres (chap.\u00a05). Les sc\u00e8nes de l\u2019orgue \u00e0 bouche (chap.\u00a04) et de la cr\u00e9ation des parfums (chap.\u00a010) \u00e9voquent des exp\u00e9riences de synesth\u00e9sie: dans l\u2019orgue, chaque note correspond \u00e0 une liqueur, chaque m\u00e9lodie cr\u00e9ant un cocktail unique, et chaque parfum se doit de provoquer des visions de villes et de paysages hallucin\u00e9s. Des Esseintes passe ainsi en revue quatre sens: la vue, l\u2019ou\u00efe, l\u2019odorat, le go\u00fbt. Seul le toucher n\u2019est pas explicitement \u00e9voqu\u00e9. Pourquoi? Parce que le d\u00e9cadent n\u2019a pas de chair, il n\u2019a qu\u2019un corps, dont les perceptions s\u2019appliquent \u00e0 des objets distanci\u00e9s et exceptionnels, un corps min\u00e9 par la n\u00e9vrose et dont les fonctions se d\u00e9t\u00e9riorent: il n\u2019a plus ni sexe ni estomac.<\/p>\n<p>\u00c0 rebours est donc le tableau de la n\u00e9vrose moderne et de ses causes. Parce qu\u2019il est d\u00e9go\u00fbt\u00e9 par la perversion m\u00e9diocre d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 combl\u00e9e de luxe et de confort (chap.\u00a016), le d\u00e9cadent cherche \u00e0 pousser plus loin le raffinement. Il lui faut ranimer ses d\u00e9sirs par une constante excitation intellectuelle: Des Esseintes se fait initiateur du vice et du cynisme (chap.\u00a06), tente d\u2019aiguillonner son app\u00e9tit sexuel par des proc\u00e9d\u00e9s artificiels ou malsains (chap.\u00a09). En vain. Le d\u00e9cadent retombe toujours dans l\u2019ennui, sa complication interne entra\u00eenant une insatisfaction perp\u00e9tuelle et un pessimisme in\u00e9puisable.<\/p>\n<p>Cette \u00e2me de d\u00e9cadent se doit de trouver place dans une \u00e9criture que Paul Bourget d\u00e9finit ainsi: \u00abUn style de d\u00e9cadence est celui o\u00f9 l\u2019unit\u00e9 du livre se d\u00e9compose pour laisser la place \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance de la page, o\u00f9 la page se d\u00e9compose pour laisser la place \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance de la phrase et o\u00f9 la phrase se d\u00e9compose pour laisser la place \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance du mot.\u00bb D\u00e9finition parfaite de ce qui pr\u00e9side \u00e0 la composition d\u2019\u00c0 rebours: un \u00e9clatement du r\u00e9cit et de l\u2019\u00e9criture en mille d\u00e9tails. Dispersion, mais aussi surcomplication. Le style tente de restituer le dernier r\u00e2le du Verbe qui meurt de l\u2019outrance et de l\u2019indicible, tout comme l\u2019\u00e2me du d\u00e9cadent. Le style de Huysmans devient ainsi contourn\u00e9, se d\u00e9bat dans des floraisons denses et multiples, recherchant d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment le n\u00e9ologisme et l\u2019adjectif rare. Les mots se muent en bibelots pr\u00e9cieux, exil\u00e9s de leur propre sens, \u00e0 r\u00e9inventer: \u00abSur la chemin\u00e9e dont la robe fut, elle aussi, d\u00e9coup\u00e9e dans la somptueuse \u00e9toffe d\u2019une dalmatique florentine, entre deux ostensoirs, en cuivre dor\u00e9, de style byzantin, provenant de l\u2019ancienne Abbaye-aux-Bois-de-Bi\u00e8vre, un merveilleux canon d\u2019\u00e9glise, aux trois compartiments s\u00e9par\u00e9s, ouvrag\u00e9s comme une dentelle, contient, sous le verre de son cadre, copi\u00e9es sur un authentique v\u00e9lin avec d\u2019admirables lettres de missel et de splendides enluminures, trois pi\u00e8ces de Baudelaire.\u00bb<\/p>\n<p>Le renversement et le d\u00e9s\u00e9quilibre sont donc g\u00e9n\u00e9raux. Une seule issue \u00e0 cette d\u00e9route semble possible: la foi, la foi qui s\u2019insinue dans l\u2019esprit de Des Esseintes d\u00e8s le chapitre\u00a06 et resurgit \u00e0 la fin du roman: \u00abL\u2019impossible croyance en une vie future serait seule apaisante.\u00bb Sans le savoir, en s\u2019attachant \u00e0 l\u2019art religieux, Des Esseintes s\u2019attache peu \u00e0 peu \u00e0 la religion, comme la Madame Gervaisais des Goncourt (voir Madame Gervaisais): \u00abL\u2019\u00c9glise\u00a0[&#8230;] tenait tout, l\u2019art n\u2019existait qu\u2019en Elle et que par Elle\u00bb (Pr\u00e9face).<\/p>\n<p>En effet, \u00c0 rebours, au dire m\u00eame de Huysmans dans sa Pr\u00e9face, pr\u00e9pare sa r\u00e9conciliation avec le catholicisme et constitue \u00abune amorce de\u00a0[s]on \u0153uvre catholique\u00bb. Barbey avait pr\u00e9dit cette \u00e9volution d\u00e8s la parution de l\u2019ouvrage: \u00abApr\u00e8s un tel livre, il ne reste plus \u00e0 l\u2019auteur qu\u2019\u00e0 choisir entre la bouche d\u2019un pistolet et les pieds de la croix.\u00bb Huysmans, comme peut-\u00eatre Des Esseintes, a d\u00e9j\u00e0 choisi.<\/p>\n<p>H.\u00a0V\u00c9DRINE<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-209","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/209","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=209"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}