{"id":156,"date":"2026-07-24T23:15:12","date_gmt":"2026-07-24T21:15:12","guid":{"rendered":"https:\/\/paulatim.net\/?post_type=oeuvre&#038;p=156"},"modified":"2026-07-24T23:15:12","modified_gmt":"2026-07-24T21:15:12","slug":"la-bonne-chanson","status":"publish","type":"oeuvre","link":"https:\/\/paulatim.net\/?oeuvre=la-bonne-chanson","title":{"rendered":"la Bonne Chanson"},"content":{"rendered":"<p>Bonne Chanson (la)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>BONNE CHANSON (la). Recueil po\u00e9tique de Paul Verlaine (1844-1896), publi\u00e9 \u00e0 Paris chez Lemerre en 1870, mais mis en vente en\u00a01872 seulement.<\/p>\n<p>Peu apr\u00e8s la publication des F\u00eates galantes, Verlaine se fiance, en\u00a01869, \u00e0 Mathilde Maut\u00e9 qu\u2019il \u00e9pouse en ao\u00fbt 1870. Celle-ci est \u00e0 la fois l\u2019inspiratrice et la d\u00e9dicataire de la Bonne Chanson. La vie nouvelle promise au po\u00e8te par l\u2019amour et le mariage lui appara\u00eet comme un refuge salvateur dress\u00e9 contre les d\u00e9mons de son existence instable, singuli\u00e8rement contre la tentation de l\u2019alcool et de l\u2019homosexualit\u00e9. La Bonne Chanson t\u00e9moigne, chez Verlaine, d\u2019un souci d\u2019ancrer aussi bien sa vie que son esth\u00e9tique dans la norme, les cadres fixes et la tradition. Ainsi ce recueil, qui c\u00e9l\u00e8bre les vertus et les joies de l\u2019amour conjugal, pur, serein et durable, rompt, sur le plan des formes et des images, avec la recherche et les audaces po\u00e9tiques des ouvrages pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Synopsis<\/p>\n<p>La Bonne Chanson comprend vingt et un po\u00e8mes tous d\u00e9pourvus de titre. Ils sont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s d\u2019un po\u00e8me d\u00e9dicace\u00a0\u2014 \u201c\u00c0 ma Bien-Aim\u00e9e, Mathilde Maut\u00e9 de Fleurville\u201d\u00a0\u2014 et suivis d\u2019un appendice form\u00e9 de trois textes et intitul\u00e9 \u00abVieilles Bonnes Chansons\u00bb. La composition du recueil correspond essentiellement \u00e0 un principe de succession. En effet, les po\u00e8mes de la Bonne Chanson n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 initialement con\u00e7us comme destin\u00e9s \u00e0 former v\u00e9ritablement une \u0153uvre. Sortes de missives po\u00e9tiques, les po\u00e8mes\u00a0I \u00e0\u00a0XII accompagnent les lettres \u00e9crites par Verlaine \u00e0 Mathilde qui s\u00e9journe en Normandie avec les siens de juillet \u00e0 octobre 1869. Les po\u00e8mes suivants jalonnent l\u2019hiver\u00a01869 et le printemps\u00a01870. Lorsqu\u2019il porte le recueil \u00e0 l\u2019\u00e9diteur Lemerre, au d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9, Verlaine s\u2019est content\u00e9 d\u2019\u00e9carter quelques pi\u00e8ces. Les m\u00e8tres utilis\u00e9s dans la Bonne Chanson sont vari\u00e9s mais les formes po\u00e9tiques sont dans l\u2019ensemble r\u00e9guli\u00e8res et quelque peu conventionnelles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Critique<\/p>\n<p>Le titre du recueil utilise, pour d\u00e9signer la parole po\u00e9tique, le terme de \u00abchanson\u00bb, m\u00e9taphore r\u00e9currente dans l\u2019\u0153uvre verlainienne. L\u2019adjectif \u00abbonne\u00bb, qui le pr\u00e9c\u00e8de, signale toutefois un souci de marquer une diff\u00e9rence par rapport aux autres recueils.<br \/>\nCertes, cette chanson est bonne parce qu\u2019elle est b\u00e9n\u00e9fique, vou\u00e9e \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration de l\u2019espoir et de l\u2019amour, ainsi que l\u2019affirme d\u2019embl\u00e9e la d\u00e9dicace, sur un ton r\u00e9solu et euphorique: \u00ab[&#8230;] Ce petit livre \/ O\u00f9 plein d\u2019espoir chante l\u2019amour\u00bb, \u00abEsp\u00e9rons, ma vie, esp\u00e9rons!\u00bb. Mais la chanson est bonne aussi parce qu\u2019elle est juste, \u00e0 la fois musicalement et moralement, c\u2019est-\u00e0-dire \u00absans fausse note et sans fadaise\u00bb (II). En ce sens, cette nouvelle veine po\u00e9tique est bien, pour Verlaine, \u00abla bonne\u00bb: elle se d\u00e9marque des recueils pr\u00e9c\u00e9dents, par exemple de cette caract\u00e9risation de son art que proposait le po\u00e8te dans \u201cS\u00e9r\u00e9nade\u201d (voir Po\u00e8mes saturniens) lorsqu\u2019il parlait de sa \u00abvoix aigre et fausse\u00bb.<\/p>\n<p>Plac\u00e9e sous les auspices de Mathilde\u00a0\u2014 \u00abla petite f\u00e9e\u00bb (III), la \u00absainte\u00bb ou la \u00abfemme-enfant\u00bb (VIII)\u00a0\u2014, la Bonne Chanson a une dimension explicitement personnelle et biographique. Entre conjurations du pass\u00e9\u00a0\u2014 \u00abC\u2019en est fait \u00e0 pr\u00e9sent des funestes pens\u00e9es, \/\u00a0[&#8230;] \/ Et des mots o\u00f9 l\u2019esprit sans l\u2019\u00e2me triomphait. \/\u00a0[&#8230;] Arri\u00e8re \/ L\u2019oubli qu\u2019on cherche en des breuvages ex\u00e9cr\u00e9s\u00bb (IV)\u00a0\u2014 et visions radieuses de l\u2019avenir\u00a0\u2014 \u00abN\u2019est-ce pas? nous irons, gais et lents, dans la voie \/ Modeste que nous montre en souriant l\u2019espoir\u00bb (XVII)\u00a0\u2014, la po\u00e9sie verlainienne prend date et s\u2019enracine dans le r\u00e9el, tournant ainsi le dos aux r\u00eaveries fantasques et m\u00e9lancoliques des \u0153uvres ant\u00e9rieures. Le r\u00eave porte d\u00e9sormais sur un univers ordonn\u00e9, stable et protecteur, sur \u00able foyer, la lueur \u00e9troite de la lampe\u00bb (XIV).<\/p>\n<p>Les formes po\u00e9tiques elles aussi s\u2019ordonnent, se pliant volontiers aux normes traditionnelles. L\u2019alexandrin est fr\u00e9quemment utilis\u00e9, la syntaxe rarement boulevers\u00e9e par la versification et l\u2019image souvent banale. Le po\u00e8me \u201cPuisque l\u2019aube grandit\u00a0[&#8230;]\u201d (IV), par exemple, avec sa succession de strophes compos\u00e9es d\u2019alexandrins aux rimes altern\u00e9es, avec ses amorces de vers r\u00e9p\u00e9t\u00e9es et sa chute synth\u00e9tique, appara\u00eet comme une construction rh\u00e9torique bien convenue. Un seul po\u00e8me, \u201cla Lune blanche\u00a0[&#8230;]\u201d (VI), rappelle l\u2019esth\u00e9tique novatrice propre \u00e0 Verlaine avec laquelle le po\u00e8te renouera dans le recueil suivant, les Romances sans paroles. Ces derni\u00e8res seront toutefois suivies de Sagesse, recueil qui, avec la conversion religieuse, op\u00e8re un repli vers le discursif et le conformisme comparable \u00e0 celui de la Bonne Chanson. La \u00abchanson bien sage\u00bb (Sagesse,\u00a0I,\u00a016) fera alors \u00e9cho \u00e0 la \u00abbonne chanson\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A.\u00a0SCHWEIGER<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. &#8220;Dictionnaire des oeuvres litt\u00e9raires de langue fran\u00e7aise.&#8221; \u00a9 Bordas, Paris 1994<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_kad_post_transparent":"default","_kad_post_title":"default","_kad_post_layout":"default","_kad_post_sidebar_id":"","_kad_post_content_style":"default","_kad_post_vertical_padding":"default","_kad_post_feature":"","_kad_post_feature_position":"","_kad_post_header":false,"_kad_post_footer":false,"_kad_post_classname":""},"class_list":["post-156","oeuvre","type-oeuvre","status-publish","hentry"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre\/156","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/oeuvre"}],"about":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/oeuvre"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/paulatim.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=156"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}