Œuvres

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Isidore Ducasse

1846-1870

Lautréamont comte de, pseudonyme d’Isidore Ducasse
(1846-1870)

Biographie de l’auteur à la fin de la liste des œuvres.

Chants de Maldoror (les)
Poésies

 

Biographie

 

1809
12 mars: naissance de François Ducasse, père d’Isidore, à Bazet, au nord de Tarbes (Hautes-Pyrénées). Famille de propriétaires agriculteurs.

1821
19 mai: naissance de Jacquette Davezac, mère d’Isidore, à Sarniguet, village voisin.

1839
François Ducasse part pour Montevideo (Uruguay), comme plusieurs milliers de compatriotes de sa région. Jacquette Davezac semble être venue s’établir dans la même ville en 1841.

1846
21 févr.: mariage religieux de François Ducasse, commis au consulat de France, et de Jacquette Davezac. Celle-ci est enceinte de sept mois.

4 avril: naissance d’Isidore Ducasse à Montevideo. Il sera baptisé dix-neuf mois plus tard (16 nov. 1847).

1851
2 déc.: en France, coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, qui l’année suivante devient empereur sous le nom de Napoléon III.

1859
Juill.: Isidore Ducasse s’embarque pour la France (deux mois de traversée). En oct., à treize ans, il devient interne au lycée impérial de Tarbes: classes de sixième, cinquième, puis quatrième. Il y a pour condisciples Georges Dazet et Henri Mue. Ses résultats sont bons, mais sans éclat.

En août 1862, il quitte le lycée de Tarbes. Il a dû recevoir, en 1862-1863, une formation privée, destinée à lui faire rattraper son retard.

1863
Oct.: entrée au lycée impérial de Pau, où il effectue ses classes de rhétorique (première) et de philosophie. Il a pour professeur de rhétorique Gustave Hinstin, et pour condisciples Paul Lespès et Georges Minvielle.

1865
Août: Isidore Ducasse a-t-il obtenu son baccalauréat? On n’a trouvé aucune trace de son nom dans les archives universitaires. Il a dû séjourner à Tarbes au cours des deux années suivantes.

1867
21 mai: la préfecture des Hautes-Pyrénées lui délivre un passeport pour Montevideo. Le 25, le jeune homme s’embarque à Bordeaux.
Fin de l’année: d’après les souvenirs de Lacroix, premier éditeur de Ducasse, celui-ci était revenu en France et vivait à Paris, dans un hôtel situé 23, rue Notre-Dame-des-Victoires.

&1868
Août: publication des Chants de Maldoror (chant I), par ***, à l’imprimerie Balitout, Questroy et Cie. La brochure a été inscrite au dépôt légal entre le 14 et le 21 août (32 pages, 30 centimes).

9 nov.: courte lettre de Ducasse à un critique (inconnu). Il y annonce la mise en vente du chant I et la publication imminente par l’éditeur Lacroix du chant II (ce projet ne se réalisera pas).

1868
15 sept.: publication d’un compte rendu du chant I dans le n° 5 de la feuille bi-mensuelle la Jeunesse: il est signé ÉPISTÉMON.

&1869
Janv.: le chant I est réédité, toujours sans nom d’auteur, dans une anthologie poétique, les Parfums de l’âme, publiée à Bordeaux par Évariste Carrance. Le nom de Dazet y est remplacé par D ***.

22 mai: lettre au banquier Darasse. Les fragments que nous en connaissons ont été publiés par Genonceaux, dans la préface de son édition des Chants (1890).
Été: les Chants de Maldoror paraissent à Bruxelles, chez Lacroix, Verboeckhoven et Cie.
23 oct.: dans son n° 7, le Bulletin trimestriel des publications défendues en France imprimées à l’étranger de Poulet-Malassis, en exil à Bruxelles, annonce la publication des Chants de Maldoror, par le comte de Lautréamont: un volume de 332 p. in-8° (chants I à VI). Mais une note ajoute que l’imprimeur s’est refusé, au moment de la mise en vente, à livrer les exemplaires. Ducasse en précisera les raisons dans une lettre du 12 mars 1870: «[…] parce que la vie y était peinte sous des couleurs trop amères, et qu’il [Lacroix] craignait le procureur général».

Lettre de Ducasse à l’éditeur Verboeckhoven à propos de ces difficultés.
27 oct.: seconde lettre à Verboeckhoven. Il y est question de la vente des Chants à l’étranger, où «les esprits seront mieux préparés qu’en France pour savourer cette poésie de révolte». Ducasse réclame vingt exemplaires de son ouvrage. Les exemplaires de cette édition de 1869 sont devenus rarissimes. Au chant I, le nom de Dazet a disparu et a été remplacé par celui de divers animaux. Dans les strophes XI et XII, les indications de dialogue et de mise en scène ont été supprimées.

1870
Févr.: Ducasse s’installe au 15, rue Vivienne.
Printemps: Ducasse s’installe dans un hôtel au 7, rue du Faubourg-Montmartre.
Sept.: en guerre avec la Prusse depuis juillet, la France est vaincue. L’Empire s’écroule, la République est proclamée. Paris est assiégé à partir du 19 septembre.
24 nov.: Isidore Ducasse meurt à 8 heures du matin, au 7 de la rue du Faubourg-Montmartre, «sans autres renseignements», dit l’acte de décès. Il est inhumé le lendemain au cimetière du Nord, dans une concession temporaire, en attendant la fosse commune. Ne restent de lui que les Chants de Maldoror, les Poésies et six lettres.

&1870
Janv.: Évariste Carrance publie un second recueil collectif, Fleurs et fruits. Au dos de la couverture se trouvent annoncés, parmi les nouveautés, les Chants de Maldoror par le comte de Latréaumont (véritable orthographe du titre d’un roman d’Eugène Sue, 1838).
21 févr.: troisième et dernière lettre à Verboeckhoven: «Vous savez, j’ai renié mon passé, je ne chante plus que l’espoir.» Annonce d’«un ouvrage que je porterai à Lacroix dans les premiers jours de mars».

12 mars: lettre au banquier Darasse: «J’ai complètement changé de méthode, pour ne chanter exclusivement que l’espoir.»
Avr.: le premier fascicule des Poésies est inscrit au dépôt légal entre le 8 et le 22.
Juin: le second fascicule des Poésies est déposé entre le 10 et le 17. Comme pour le précédent, l’éditeur est Balitout, Questroy et Cie, à Paris.

&1874
Les Chants de Maldoror sont mis en vente à Bruxelles, avec un simple changement de couverture, sans nom d’éditeur.

&1919
Breton, qui est allé en copier le texte intégral à la Bibliothèque nationale, publie les Poésies I et II dans la revue Littérature, numéros 2 (avril) et 3 (mai).

&1920
Les Poésies sont éditées en volume à Paris, Au Sans-Pareil, avec une préface de Philippe Soupault.

 

Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty. “Dictionnaire des oeuvres littéraires de langue française.” © Bordas, Paris 1994